Acteurs Nouvelles Vagues : Hommage

Archive 07 octobre 2009

Jusqu'au 18 octobre 2009

La Cinémathèque française rend hommage aux acteurs de la Nouvelle Vague à l'occasion de son cinquantième anniversaire.



La Cinémathèque française rend hommage à la Nouvelle Vague dont c'est le cinquantième anniversaire. Les Quatre cents Coups de Truffaut date de 1959, tout comme Hiroshima mon amour d'Alain Resnais. Mais Chabrol fut le premier de la bande à sauter le pas en réalisant coup sur coup deux longs métrages dès 1957, Le Beau Serge et Les Cousins. Cette même année, Louis Malle réalisa Ascenseur pour l'échafaud. Les dates et les frontières sont floues, ambiguës.


Le mythe Belmondo


Belmondo passe d'un film de Chabrol (À double tour) à un film de Godard, et travaillera ensuite sous la direction de Malle (Le Voleur), de Truffaut (La Sirène du Mississippi).

Godard, qui le dirige dans trois films, est à l'origine du mythe Belmondo grâce à À bout de souffle. Leur rencontre appartient à la légende, et elle est presque anodine. À cette époque (milieu des années 50), les Jeunes Turcs désireux de réaliser un court métrage, en attendant d'en faire un plus long, rôdent autour d'une jeunesse dont ils pressentent le talent. Les choses ont-elles tellement changé de nos jours ? À voir.


Belmondo raconte : « J'étais souvent à Saint- Germain-des-Prés à cette époque, il y avait un type triste à lunettes noires qui me regardait au point que je m'étais fait des idées un peu spéciales sur ses intentions... À l'époque j'avais joué un petit rôle avec Anne Colette qui m'a dit : j'ai un copain qui voudrait te connaître. » Godard confie à Belmondo un rôle dans Charlotte et son jules.

Lors de la postsynchronisation, Belmondo effectue son service militaire, si bien que Godard le double de sa propre voix. Il promet à Belmondo de lui confier le rôle principal de son premier long métrage. « Dans À bout de souffle, dira Godard, j'ai cherché le sujet pendant tout le tournage, finalement je me suis intéressé à Belmondo. Je l'ai vu comme une espèce de bloc qu'il fallait filmer pour savoir ce qu'il y avait derrière. »



Voyage en Arles


Dans la famille des acteurs Nouvelle vague, Brialy a circulé d'un film à l'autre et souvent joué les intermédiaires ou les passeurs. Il a maintes fois raconté son entrée par effraction dans la « bande des Cahiers ». Il s'y installe et en devient l'indispensable boute-en-train.

Il a aussi raconté le fameux voyage jusqu'en Arles, où Renoir mettait en scène dans les arènes le Jules César de Shakespeare (le 10 juillet 1954 : unique représentation). Qui était dans la voiture prêtée par les parents de Charles Bitsch ? Alain Cavalier et Denise de Casabianca, Rivette, Bitsch, Brialy, Pierre Lhomme... Cette équipée allait rejoindre Truffaut et Bazin, déjà sur place. Brialy tourna avec Chabrol, Godard, Truffaut, Rohmer et bien d'autres cinéastes hors Nouvelle vague.



Léaud comme trait d'union


Avec Léaud, ce sera autre chose. On sait que la rencontre se fit par le biais d'une annonce dans France-Soir. Truffaut cherche son double pour incarner l'adolescent Antoine Doinel. Il trouvera mieux : un jeune acteur qui apporte au film une gouaille et un ton inimitables. Truffaut raconte : « J'ai eu une chance formidable de tomber sur ce gosse-là. Il était le personnage. Mieux encore : il a amélioré le film. Je voyais Antoine plus fragile, plus farouche, moins agressif, Jean-Pierre lui a donné sa santé, son agressivité, son courage. Il a été un précieux collaborateur. Spontanément il trouvait les gestes vrais, il rectifiait le texte, toujours avec justesse, et il employait les mots qu'il avait envie d'employer. » Léaud avec Truffaut. Léaud avec Godard : l'acteur comme trait d'union entre deux cinémas qui ne regardent pas dans la même direction, mais qui parlent une même langue.


Moreau la star


Davantage que quiconque, Jeanne Moreau a voyagé d'un cinéaste à l'autre, d'un univers à l'autre. Son aura a grandement aidé les jeunes cinéastes à affirmer leur désir de mise en scène. Au moment où il réalise Ascenseur pour l'échafaud, Malle sait qu'elle est déjà une vedette après son passage à la Comédie-Française et du fait qu'elle a donné la réplique à Gérard Philipe. Ensuite, Les Amants, Jules et Jim, La Baie des anges...


Audran la muse, Le Mythe Bardot


Stéphane Audran a été la muse de Chabrol pendant plus de dix ans. Depuis Les Bonnes Femmes, jusqu'au Boucher, en passant par Les Biches, Juste avant la nuit ou La Femme infidèle. Elle est partie prenante de l'oeuvre romanesque du cinéaste, apportant à chaque film son mystère d'actrice élégante, sensuelle, secrète.


Brigitte Bardot fait-elle ou non partie des acteurs Nouvelle Vague ? La question fait débat. Le mythe Bardot précède de quelques années la naissance de la Nouvelle Vague, et il est lié aux films de Roger Vadim (Et Dieu créa la femme, 1956). Frondeuse, libre, insolente, sexy, Bardot bouleversa le cinéma français dans les profondeurs, et elle influença le style et le jeu des actrices qui apparaissent avec la Nouvelle Vague. Bardot fut défendue par les critiques — et futurs cinéastes, Truffaut en tête.


La Cinémathèque française
-51 rue de Bercy, 75012 Paris
-Informations 01 71 19 33 33
-Tarif : 6,50€, Plusieurs formules Pass



Par Laure Menanteau

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