Pan de Irina Brook

Archive 20 juin 2011

Irina Brook, metteuse en scène imaginative et créative, offre, au théâtre de Paris, un Peter Pan poétique sous le nom de Pan tout simplement.


Peter Pan

Peter Pan ou l'histoire du garçon qui ne voulait pas grandir, cela donne au choix une pièce de Sir James Matthew Barrie ou sa libre adaptation « Pan », issue de l'imaginaire d'Irina Brook. La metteuse en scène, en 1 h 40, entraîne, tambour battant, le spectateur au « Pays de Jamais », celui des « Enfants perdus ». Sur scène, quatorze comédiens aux talents multiples. Ils chantent, dansent, se transforment en acrobate ou encore en mime et jouent bien tout simplement. Certains jouant plusieurs rôles.
Peter Pan, alias Louison Lelarge, est lunaire à souhait, buté, amoureux, tellement sympathique. Chef incontesté des « enfants perdus », il réveille la maman qui sommeille dans le cœ,ur des femmes, à commencer par Wendy.

Wendy, ou Babet, dans la vraie vie, est une charmante amie qui rêve éveillée. Elle est la seule pleine de bon sens dans cette histoire, ce qui ne l'empêche nullement d'aller au bout de ses illusions. On ne peut en dire autant de son frère John, interprété par Nuno Roque.
Gentil couard, il est un merveilleux mime, contorsionniste, tirant son personnage vers la pantomime et la comedia del'arte.
Côté méchant, n'oublions pas le Capitaine Crochet, interprété par John Corraface, et sa clique, réjouissante bande de vilains, bande de rockers, bande de musiciens. Des méchants pas si antipathiques que ça d'ailleurs.
Ce tour d'horizon des comédiens de « Pan » serait incomplet si nous ne parlions pas de la Fée Clochette et de Tiger Lily. Johanna Hilaire est une charmante fée Clochette, peste juste ce qu'il faut. Une mention particulière pour le tableau qui symbolise l'eau où Johanna Hilaire joue une ravissante sirène. Cette scène est à sa manière la quintessence poétique du spectacle. Quant à l'Indienne Tiger Lily, à qui Lorie Bagadassarian prête ses traits, elle régale le spectateur d'une danse aux inspirations multiples, plaisir des yeux, selon la formule consacrée.

La sirène


Les trouvailles de mise en scène, envolées vers les cintres, entrées par la salle, vaisseau de pirate, échoué côté jardin, crocodile tictacant traversant la scène à plusieurs reprises, musique enlevée, rock ou nursery rimes, comme une ponctuation, donnent à l'arrivée un spectacle plein de rythme, et d'allant.

Les enfants ne bronchent pas et les parents se laissent retomber en enfance sans résistance. A l'arrivée, une standing ovation méritée.


- Au théâtre de Paris,15, rue Blanche
75009 Paris, jusqu'au 19 juillet
- Renseignements et réservations au Théâtre de Paris: +33 (1) 48 74 25 37
- et au Petit Théâtre de Paris: +33 (1) 42 80 01 81
- Site Le théâtre de Paris



Par Marie Catherine Chevrier

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