”Rigoletto”, de Verdi sur France 3

Archive 23 août 2010

Mise en scène : Marco Bellocchio

Rentrée 2010 en beauté pour France 3, la chaine nous invite à Mantoue pour une représentation exceptionnelle de 'Rigoletto'. Le chef-d'œ,uvre de Verdi est mis en scène par Marco Bellocchio et interprété dans les lieux historiques du drame lyrique, par les plus belles voix du monde (Placido Domingo, Ruggero Raimondi, Julia Novikova). Alain Duault, auteur et présentateur du documentaire « Les coulisses de Mantoue » qui suit la programmation des trois actes (4 et 5 septembre), nous parle des coulisses de l'événement.





Le chef-d'œ,uvre de Verdi en dimension planétaire



Vivre en direct au cœ,ur d'un drame lyrique chanté et dirigé par d'immenses artistes, filmé par l'un des plus grands cinéastes italiens et retransmis dans le monde entier : tel est le pari de cette diffusion exceptionnelle de Rigoletto, depuis Mantoue. Le chef-d'œ,uvre de Verdi est mis en scène par Marco Bellocchio et interprété dans les lieux historiques du drame lyrique, par les plus belles voix du monde (Placido Domingo, Ruggero Raimondi, Julia Novikova).

À l'issue de la programmation des trois actes (respectivement le samedi 4 septembre à 20h35, le dimanche 5 septembre à 14h15 puis à 23h30), France 3 propose le documentaire « Les coulisses de Mantoue ». Alain Duault, qui en est l'auteur et le présentateur, nous parle des coulisses de l'événement.

* Propos recueillis par Béatrice Dupas



Troisième soirée exceptionnelle du genre : est-ce que Rigoletto — à l'instar de Tosca et de La Traviata — répond à des critères précis pour coller à une diffusion, en temps réel, sur les lieux mêmes du drame lyrique et en trois « épisodes » à trois horaires différents ?

Globalement, oui : le premier acte se déroule en effet durant une soirée, à ses différents moments — à la cour où l'on donne une fête, puis après la fête, quand Rigoletto, le bouffon, rentre chez lui et rencontre le tueur Sparafucile , ensuite, il retrouve sa fille Gilda chez lui, lui témoigne son affection et la confie à la garde de Giovanna, avant de s'éloigner pour on ne sait quelle besogne , c'est là que le duc, déguisé en étudiant, s'introduit dans la maison, chante son amour à Gilda, qui le partage, puis la quitte, le cœ,ur palpitant de promesses , enfin, nuitamment, les courtisans arrivent pour enlever celle qu'ils croient être la fille de Rigoletto. On peut donc considérer qu'on est bien dans les lieux (le palais ducal de Mantoue) et aux heures (la soirée) de Rigoletto.



Le deuxième acte se situe bien le lendemain : Rigoletto a découvert que sa fille a été enlevée et il vient au palais où il imagine qu'elle a été conduite , il y retrouvera en effet sa fille, déshonorée, et il décide de se venger. En fait, dans le livret, rien n'indique l'heure où l'action de ce deuxième acte se situe : ce pourrait être la fin de matinée, mais, comme les nuits de fête sont très longues, le début d'après-midi est plausible.


Enfin, le troisième acte trouve sa logique dans la nuit qui clôt cette journée (même si une indication du monologue de Rigoletto nous apprend qu'il s'est passé « trente jours » entre le deuxième et le troisième acte...) — mais la dramaturgie est plus efficace dans ce resserrement de l'action qui fait culminer le drame dans cette nuit fatale. Les critères narratifs (l'efficacité de la dramaturgie), géographiques (tout se passe à Mantoue, dans le palais ducal et dans quelques autres lieux mantovans) et musicaux (l'organisation dramatique de chaque acte) convergent tous pour donner sa logique à cette retransmission en direct.





Quelles sont, malgré tout, les adaptations nécessaires pour rendre ce projet attractif sur le petit écran ?

Le projet sera attractif d'abord par la force de sa musique, truffée de plusieurs « tubes » (les airs du duc, de Gilda, de Rigoletto, le duo Rigoletto/Sparafucile, le fameux quatuor du dernier acte qui sidéra Hugo...), par la puissance dramatique de son récit, par la caractérisation très tranchée des psychologies, par la rapidité aussi de son déroulement, avec un découpage très moderne, très cinématographique. La seule adaptation nécessaire est d'escamoter dans le monologue de Rigoletto, au dernier acte, la référence à ces trente jours passés : c'est minime !


La présence de stars comme Placido Domingo ou Ruggero Raimondi et la mise en scène signée par le grand cinéaste Marco Bellochio sont-elles, encore aujourd'hui, des vecteurs indispensables pour attirer le plus grand nombre vers l'opéra ?

Bien sûr, la présence de stars est un élément d'attractivité, en tout cas d'affichage. Mais, pour ma part, je crois que l'élément majeur d'attractivité d'une telle opération, c'est ce formidable pari du direct in situ, qui donne à la retransmission quelque chose d'un reportage en direct auquel nous sommes conviés à participer.

C'est d'abord cela, le direct à Mantoue, qui va attirer le public. Et le titre, bien sûr, qui est fort !...


- Rigoletto, de Verdi sur France 3
- Le samedi 4 septembre à 20h35, le dimanche 5 septembre à 14h15 puis à 23h30



Par Nicole Salez

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