Samouraïs Moines Ninjas - Musée Guimet

Archive 19 juillet 2010

Le manga fait son entrée au Musée national des arts asiatiques Guimet. Du 1er juillet au 9 août, l'exposition 'Samouraïs, moines et ninjas : quand le manga revisite l'histoire japonaise', propose une brève et efficace plongée dans la culture manga. Histoire de se libérer un peu des clichés !


Droits réservés

Le parti-pris est original, presque radical : une seule salle d'exposition pour le manga. A l'étage supérieur, un espace de lecture permet de s'assoir pour découvrir les mangas d'une petite bibliothèque provisoire, approvisionnée par le Manga café (qui possède à peu près toutes les collections de mangas éditées en version française), ainsi que des ouvrages sur l'art japonais. De quoi plaire aux plus jeunes comme à leurs aînés.


Une culture en grand écart


L'exposition est sélective et minimaliste. Elle présente quelques longues séries de planches extraites de certains des mangas les plus célèbres, avec notes explicatives. Quelques figurines de résine et des panneaux d'explications complètent l'ensemble. Des photos mettant en scène la mégalopole japonaise moderne insistent sur l'ancrage du phénomène manga dans une société bien précise : celle du Japon de l'après guerre, à l'économie et à la démographie galopantes. Une société qui réussit un grand écart surréaliste entre des traditions parfois millénaires et une modernité lancée à une vitesse défiant la raison.
Peut-être est-ce pour illustrer cet aspect du paradoxe nippon que l'exposition montre essentiellement des mangas « historiques » réalisés par certains des plus grands « mangakas » (créateurs de mangas). Les auteurs japonais possèdent en effet cette particularité de puiser très librement dans l'histoire de leur pays pour nourrir leur imaginaire. Représentative de cette liberté, l'uchronie, genre littéraire évoquant une époque fictive, resté très marginal en occident, est banale dans l'univers manga.


Tous les genres, tous les traits


Chaque série possède son style narratif. Comme en BD, tous les genres existent : le trait peut être très réaliste, plus rond et proche du dessin animé, précis et sobre, aigu... Le manga « intello » est ici représenté par un extrait du monumental « Au temps de Botchan » de Jira Tanigushi et Sekikawa. Considéré comme le premier manga littéraire, il dresse un large panorama de la vie littéraire et artistique au dans le Japon du début du XXe siècle. Dans un genre plus populaire, le visiteur peut aussi découvrir « L'arbre au soleil » d'Osamu Tezuka. Surnomme « le Dieu du manga », ses innovations ont contribué à l'émergence du manga moderne, à la diversité du genre et à son succès. Le manga en couleurs, rareté, est ici représenté par « Kenshin le vagabond » de Nobuhiro Watsuki. Toutes ces planches sont extraites de monumentales séries, publiées en plusieurs tomes couvrant parfois des milliers de pages...
Une seconde partie de l'exposition montre des exemples de création graphique japonaise ancienne. Sous la pression de la censure, l'art de l'estampe évolua au XIXe siècle vers des sujets liés à l'histoire et au théâtre kabuki, et vers un style favorisant les processus narratifs : sans doute les prémisses des mangas contemporains.
Après Walt Disney au Grand Palais, les plus grands créateurs de mangas devaient avoir une place au Musée national des arts asiatiques.

« Samouraïs, moines et ninjas : quand le manga revisite l'histoire japonaise »
Du 1er juillet au 9 août, au Musée national des Arts asiatiques Guimet
6, place d'Iéna 75016 Paris
Métro Trocadéro
Tél. : 01 56 52 53 00
Gratuit pour les moins de 18 ans
http://www.guimet.fr/Samourais-moines-et-ninjas-Quand

Par Chloe Braillon

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