Stanley Kubrick - Exposition

Archive 22 mars 2011

Le cinéaste américain Stanley Kubrick est à l'honneur à la Cinémathèque française à Paris avec une vaste exposition qui lui est consacrée et une rétrospective complète de ses films du 23 mars au 31 juillet 2011.




Né le 26 juillet 1928 à New-York, Stanley Kubrick est mort
le 7 mars 1999 à Londres. Il s'est marié successivement à Toba Metz, Ruth Sobotka et au peintre Susanne Christiane Harlan.


Carrière au cinéma


Au cinéma, Stanley Kubrick a été réalisateur, scénariste, producteur, directeur de la photographie, ingénieur du son et monteur. Il débute au cinéma par des oeuvres appartenant au registre du film noir comme ceux de Samuel Fuller ou Otto Preminger : Fear and desire (1953), le Baiser du tueur (1955) et l'Ultime razzia (1956). Les deux premiers sont des catastrophes financières pour Kubrick qui cumule les fonctions de réalisateur, producteur, scénariste, chef-opérateur et monteur. La rencontre du producteur James Harris lui permet de tourner l'Ultime razzia dans de meilleures conditions. Le film est un succès auprès du public comme de la critique. Kubrick est remarqué par Kirk Douglas qui lui propose de l'aider à produire et interpréter les Sentiers de la gloire (1957). Le film relate une mutinerie dans l'infanterie française en 1917 où des soldats sont tirés au sort pour être fusillés à titre d'exemple. Le thème traité déclenche un scandale dans les états-majors français où le film est interdit jusqu'en 1972. Kubrick n'a pourtant pas cherché à attaquer la France ou à faire de l'anti-militarisme, il s'est simplement inspiré de faits réels (l'affaire Maupas relatée dans le livre d'Humphrey Cobb) pour concevoir une oeuvre résolument pacifiste. Toujours grâce à Kirk Douglas, il est appelé à remplacer Anthony Mann pour le tournage de Spartacus (1960). En dépit de scènes grandioses, Spartacus reste une oeuvre de commande, peu chargée de sens au regard de l'ensemble de son oeuvre.

Nouveau scandale en 1962 avec l'adaptation de Lolita de Vladimir Nabokov. L'Amérique puritaine attaque ce film qui n'est pourtant pas choquant : Kubrick a très habilement traité tous les passages du roman qui auraient pu lui attirer les foudres des censeurs. Il démontre également dans Lolita qu'il est un maître dans la direction d'acteurs (James Mason et Peter Sellers). Après Lolita, il part s'installer en Grande-Bretagne où il réalise Docteur Folamour (1964). Il y aborde la question du nucléaire et de l'apocalypse sur le ton de la plaisanterie, se moquant des politiques, militaires et bureaucrates empêtrés dans les rouages de la technocratie. Kubrick travaille ensuite durant trois ans de concert avec l'écrivain et scientifique Arthur C. Clarke sur le projet 2001, l'Odyssée de l'espace. Le film, oeuvre de science fiction sans précédent, voit le jour en 1968. Kubrick mène le spectateur du commencement de l'humanité aux confins de l'univers dans une station spatiale du troisième millénaire. 2001 est le premier film de Kubrick où il accorde beaucoup d'importance à l'association des images et de la musique. Avec Orange mécanique (1971, d'après le roman d'Anthony Burgess), Stanley Kubrick livre son film le plus visionnaire sur le devenir de nos sociétés : une analyse du rapport entre la violence de la jeunesse, la prise de drogues et l'aliénation suscitée par le monde moderne. Kubrick aime s'inspirer d'oeuvres littéraires pour ses films, Barry Lindon (1975) est adapté de W.M. Thackeray, Shining (1979) du roman éponyme de Stephen King et Full metal jacket (1987) de le Merdier de Gustav Hasford. Eyes wide shut (1999), adapté d'une nouvelle d'Arthur Schnitzler, est son ultime film, sorti quelques mois après sa mort. Il y met en scène Tom Cruise et Nicole Kidman, mariés à l'écran et dans la vie. C'est précisément ce qui intéresse Kubrick, mener le spectateur dans l'intimité la plus absolue d'un couple.

Stanley Kubrick reste le plus accompli des cinéastes inventifs et ambitieux. Proche des schémas de l'analyse freudienne, Stanley Kubrick s'est intéressé dans ses films aux pulsions inconscientes qui conditionnent selon lui toute destinée humaine. Son oeuvre a marqué les spectateurs par le réalisme et l'objectivité avec lesquels il s'est emparé des cauchemars et des fantasmes universels. Entre ses mains, ces matériaux sont devenus d'angoissantes grilles de lecture de la nature humaine. Chorégraphe de l'espace et mélomane averti, certaines images de ses films s'inscrivent dans l'inconscient collectif au même titre que certaines oeuvres d'art.

Autres activités

Stanley Kubrick s'intéresse à la photographie depuis l'âge de dix-sept ans. A l'issue d'un concours, il est embauché par le magazine Look pour lequel il est photographe pendant quatre ans. Il réalise alors un documentaire sur le boxeur Walter Cartier, Day of the fight (1951), ainsi que Flying padre (1951) pour la maison de production R.K.O. .

Prix

- Meilleur réalisateur, 1975 au NBR - National Board of Review pour le film : Barry Lindon
- Meilleur réalisateur, 1975 au BAFTA - The British Academy of Film and Television Arts pour le film : Barry Lindon
- Meilleur réalisateur, 1971 au New York Film Critics Circle Awards pour le film : A clockwork orange
- Meilleur réalisateur, 1964 au New York Film Critics Circle Awards pour le film : Dr. Strangelove or : how I learned to stop worrying and love the bomb

(Source : Cinémathèque française)


- Stanley Kubrick
- Du 23 mars au 31 juillet 2011
- La Cinémathèque française,
51, rue de Bercy
75012 Paris,
Informations : 01 71 19 33 33
- Accès : Métro : Bercy Lignes 6 et 14 , Bus n°24, n°64, n°87
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Lire également : Stanley Kubrick à la Cinémathèque française



Par Nicole Salez

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