”Témoins de l'art” - Dina Vierny, Leo Castelli, Ernst Beyeler

Lancée à l'automne 2009 par les Editions Gallimard, la collection 'Témoins de l'art' aborde l'histoire de l'art contemporain par ses acteurs et ses témoins qui soutiennent ou expliquent le phénomène de la création. Les premiers ouvrages parus sont consacrés aux galeristes Dina Vierny et Leo Castelli, ainsi qu'au marchand d'art Ernst Beyeler. Cette collection d'essais est illustrée de photographies historiques qui, des ateliers aux vernissages, des réunions d'artistes aux expositions et biennales, rappellent les moments qui ont marqué l'histoire et le marché de l'art.






Dina Vierny. Histoire de ma vie racontée à Alain Jaubert

Modèle et inspiratrice de Maillol, résistante, collectionneuse, galeriste, Dina Vierny, à force de volonté, d'enthousiasme et de liberté a fait de sa vie un vrai roman. Née en 1919 près d'Odessa, émigrée en France, Dina côtoie chez ses parents l'intelligentsia russe de Paris. L'année de ses seize ans, un ami signale sa ressemblance avec les sculptures de Maillol, qui l'invite à son atelier de Marly-le-Roi. Elle y rencontre Van Dongen, Vuillard, Le Corbusier, Gide, Valéry, Bonnard, Matisse.

En 1940, Dina est à Banyuls-sur-Mer où elle pose pour Maillol. Elle fréquente Marseille où André Breton et ses amis se sont réfugiés. Elle participe aux filières d'émigration pour les antifascistes européens. Arrêtée à Paris en 1943 par la Gestapo, elle est sauvée par Maillol qui fait intervenir Arno Breker, le sculpteur officiel du IIIe Reich. Avec le soutien de Matisse, Dina ouvre en 1947 une galerie. Elle organise les premières expositions de Poliakoff, et montre aussi Dufy, Kandinsky, Laurens, Picasso...
En 1964, Dina offre à l'État français 18 sculptures monumentales de Maillol, qu'André Malraux, ministre de la Culture, fait placer dans les jardins des Tuileries. En 1995, elle inaugure enfin la Fondation Dina Vierny - Musée Maillol.


- Dina Vierny. Histoire de ma vie racontée à Alain Jaubert
- Auteure : Dina Vierny
- Editions Gallimard, Collection « Témoins de l'art »
- 248 pages, 51 illustrations
- En librairie le 22 octobre 2009
- 22,50 €






Leo Castelli et les siens, par Annie Cohen-Solal

« Je ne suis pas marchand d'art, je suis galeriste » avait coutume de répéter Leo Castelli. Il a régné sur l'art contemporain international pendant plus de quarante ans, au point d'en changer toutes les règles. Après avoir vécu dans de grandes villes d'Europe (Trieste, Vienne, Milan, Budapest, Bucarest et Paris), aux prises avec les convulsions historiques du siècle, ce grand bourgeois dilettante rejoint les États-Unis en 1941, où il ouvre sa propre galerie à New York, en 1957, à l'âge de cinquante ans. Fasciné par les artistes, ses « héros », il découvre les grands Américains des sixties (Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Frank Stella, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, James Rosenquist), et les mouvements esthétiques (le Pop Art, l'art minimal, l'art conceptuel), qu'il insère dans le cours de l'histoire de l'art. Organisée à l'européenne et gérée à l'américaine, la galerie Castelli invente la première forme de globalisation du marché de l'art et devient une institution majeure.

En quelques années, le galeriste transforme le statut de l'artiste aux États-Unis, assurant à l'art américain, pendant près de quatre décennies, une absolue hégémonie sur la scène internationale. Les consécrations à la Biennale de Venise pour Robert Rauschenberg en 1964, et Jasper Johns en 1988, sont de nouveaux coups de maître pour Castelli, jusqu'à ce que le marché de l'art américain s'emballe dans la fièvre de la montée des prix. Pourtant, derrière la personnalité d'un personnage érudit, affable et médiatique, se cache une histoire beaucoup plus complexe et mystérieuse qu'il ne le laissait paraître.

Grâce à de nombreux entretiens réalisés dans le monde entier et à des documents d'archives inédits, Annie Cohen-Solal, biographe de Sartre et auteur de « Un jour ils auront des peintres », nous transporte d'Italie en Hongrie, en Roumanie, en France et aux États-Unis, pour raconter la passionnante trajectoire du galeriste, découvrant que sa fonction ressemblait étrangement à celle de ses propres ancêtres, et de ces agents qui travaillaient auprès des Médicis, dans la Toscane de la Renaissance.

- Leo Castelli et les siens
- Auteure : Annie Cohen-Solal
- Editions Gallimard, Collection « Témoins de l'art »
- 508 pages, 86 illustrations
- En librairie le 15 octobre 2009
- 33 €











Ernst Beyeler. La passion de l'art - Entretiens avec Christophe Mory

L'un des plus grands marchands du XXe siècle, Ernst Beyeler, a commencé sa carrière comme libraire en 1944. Abandonnant les livres au profit du commerce d'estampes, il transforme la librairie en une galerie dans le centre de Bâle. Là, il organise plus de deux cents expositions dont la qualité ne se démentira jamais. En 1997, il fait don de toute sa collection (l'une des plus belles du monde) à travers une Fondation construite par Renzo Piano dans la campagne bâloise.

Christophe Mory a eu l'idée de faire raconter pour la première fois à cette personnalité hors pair son parcours exceptionnel. La publication d'une première édition de La Passion de l'art, par les Éditions Gallimard en 2003, a permis de mieux faire connaître Ernst Beyeler, à la discrétion légendaire. Ces entretiens décrivent ses relations avec les artistes (Picasso, Giacometti, Tobey, Dubuffet, etc.), les marchands (Castelli, Matisse, Janis, etc.) et ses nombreux clients. Ernst Beyeler raconte avec détails et pudeur, mêlant la plus grande simplicité à la clarté de son esprit.

Pour la collection « Témoins de l'art », il paraissait indispensable de publier une édition entièrement revue et corrigée par les auteurs, augmentée d'un chapitre inédit, et enrichie de nombreuses photographies illustrant la vie de la galerie.


- Ernst Beyeler. La passion de l'art
- Entretiens avec Christophe Mory
- Editions Gallimard, Collection « Témoins de l'art »
- 176 pages, 22 illustrations
- En librairie le 22 octobre 2009
- 22,50 €

Par Nicole Salez

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