Vestiaire de Divas - Exposition

Archive 31 août 2010

jusqu'au 31 décembre 2010

Grâce à leurs fabuleux costumes de scènes, Maria Callas, Teresa Berganza, Edwige Feuillère, Dalida, Isabelle Adjani ou encore Régine Crespin, récemment décèdée, sont parmi nous au Centre national du costume de scène, à Moulins (03), avec l'exposition 'Vestiaire de divas'. De quoi nous faire rêver. Jusqu'au 31 Décembre 2010.




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La Diva
reste un personnage emblématique de la
scène d'aujourd'hui. Le Centre national du costume de scène
rend hommage à cette figure de prima donna parée d'une aura
magnétique à travers l'exposition « Vestiaire de Divas »,
présentant une centaine de costumes, de bijoux et accessoires.

Voir différents costumes en Portefolio

Être Diva

À l'origine, pour les romains, puis pour les italiens, la Diva est
une « déesse ».
À l'aube du XIXe siècle, elle descend sur terre sous les traits
d'une cantatrice dont le talent, la personnalité et la virtuosité
forment un cocktail détonnant qui nourrit un succès et une popularité
sans pareils. Son public va bien au-delà du cercle des
amateurs, et lui voue un culte passionné. Et ce n'est pas un
hasard si la « Diva ex machina » apparaît sur la scène lyrique à
l'heure du déclin du chanteur masculin, le castrat, aussi appelé
« divo », adulé jusqu'alors par toutes les cours européennes.
Fortes de l'intense ferveur et de l'engouement délirant de leur
public, les Divas ne cessent de se démarquer. Sur scène, elles
imposent leurs choix artistiques : rôles, rythmes et tempi, partenaires,
mises en scène, et bien sûr costumes. C'est le temps
de la Malibran, de Pauline Viardot, de Giuditta Pasta, d'Hortense
Schneider, d'Adelina Patti... toutes reines du XIXe siècle
et égéries des compositeurs.
À la fin du siècle, le terme de Diva se francise et s'étend au
théâtre. Sarah Bernhardt est surnommée « la Divine », tant pour
son talent que pour sa beauté.

Au début du XXe siècle, la popularité de la Diva est portée par
le charisme, le brio et le tempérament de femmes artistes qui
parviennent à symboliser à elles seules l'identité de leur pays !
Emma Calvé, Marthe Chenal, mais aussi Mistinguett, Cléo de
Mérode... sont des idoles adulées du public, pour leurs talents
artistiques comme pour leur capacité à incarner la femme française.
Après la Seconde Guerre Mondiale, le développement du cinéma
et l'apparition des stars d'Hollywood au pouvoir grandissant,
portent ombrage aux cantatrices jusqu'à l'arrivée sur
scène de Maria Callas qui redonne à la Diva toute son aura.
Sa voix, son interprétation, sa métamorphose physique, sa vie
amoureuse forment tous les ingrédients nécessaires à la Diva
assoluta et aux passions qu'elle déchaîne.
Aujourd'hui, le phénomène de la Diva perdure, mais cantatrices
et actrices se sont pour la plupart protégées des risques d'une
trop grande popularité.

Car n'est pas Diva qui veut ! Il faut du talent, du travail, du
courage, de la générosité et cet indéfinissable quelque chose
en plus, qui magnifie une artiste, lui fait brûler les planches
et donner au public un aperçu du paradis. Loin, très loin des
clichés, un des traits les plus marqués de nos Divas modernes
est bien souvent l'humilité face à leur art et à ceux qui y
participent, chefs d'orchestre, metteurs en scène, costumiers,
partenaires...




Parcours de l'exposition

L'exposition présente un parcours dans l'univers vestimentaire
des Divas, chanteuses d'opéras, actrices, meneuses de revue,
stars de la chanson française... toutes réunies pour cette présentation,
sur cette même scène, de façon tout à fait insolite.
« Un beau plateau » pourrait-on dire.

Par ordre alphabétique :
- Isabelle Adjani, une Ondine qui n'appartient pas au
royaume des humains,
- June Anderson, « ouvre la marche », peut-on dire, c'est
le moins pour « La Fille du régiment », et s'avance en grande
Diva belcantiste,
- Marie Bell, monstre sacré par définition,
- Teresa Berganza, Diva pétrie de charme et de douceur,
mais surtout flamboyante Carmen,
- Sarah Bernhardt, immense tragédienne de la fin du XIXe
siècle, véritable « monstre sacré » de la scène théâtrale française,
- Grace Bumbry, grande dame, leçon de Diva et de dignité,
- Emma Calvé, interprète consacrée du rôle de Carmen au
début du XXe siècle,
- Maria Callas, « la » Diva du XXe siècle, l'archétype du genre,
mondialement reconnue, toujours en tête du hit-parade,
- Régine Crespin, la Diva française, dont le CNCS conserve
vêtements, bijoux, costumes personnels,
- Montserrat Caballé, grande technicienne et femme de coeur,
- Natalie Dessay, Renée Fleming, Angela Gheorghiu,
- Jessye Norman, immenses interprètes lyriques... dont les apparitions,
sur les plateaux des théâtres ou dans les salles de
concert, déchaînent aujourd'hui l'enthousiasme,
- Christa Ludwig, Diva grande dame dont chaque récital de
lieder était aussi un spectacle d'art consommé,
- Adelina Patti, dite « la Diva aux millions »,
- Jane Rhodes, inoubliable Carmen, une fleur de cassis à
la bouche,
- Hortense Schneider, muse et interprète d'Offenbach,
créatrice du rôle de « La Grande Duchesse de Gérolstein »,
- Cécile Sorel, et son célèbre « L'ai-je bien descendu ? »,
- Kiri Te Kanawa, Kiri Te Kanawa, inoubliable Elvire et tant
d'autres fières héroïnes,
- Shirley Verrett, Diva conscience pour toutes les Divas...

Mais aussi :
Edwige Feuillère, impératrice des scènes dramatiques,
Edith Piaf et Dalida, Divas de légende si chères au coeur
des publics et dont les refrains firent le tour du monde,
Zizi Jeanmaire, ses belles gambettes et son truc en plumes
bien sûr !

L'exposition « Vestiaire de divas » propose également aux visiteurs de découvrir la vision de quelques grands couturiers d'aujourd'hui pour ces Divas modernes, avec entre autres les costumes créés par Christian Lacroix pour Renée Fleming au Metropolitan Opera à New York , par Maurizio Galante, dont ceux portés par June Anderson pour le défilé de Haute Couture en janvier dernier , ou ceux créés par Frank Sorbier pour « La Traviata », dans la mise en scène d'Henry-Jean Servat pour « Opéras en plein air »...


Commissariat et direction artistique de l'exposition

Maurizio Galante

Après avoir étudié l'architecture, Maurizio Galante suit la formation
de l'Académie de la Mode et du Costume de Rome dont
il est diplômé en 1984.
Sa première collection de prêt-à-porter, « Maurizio Galante X
circolare », voit le jour à Milan en 1987 , à partir de 1992, il
présentera ses collections en France, pays qui salue son talent
en l'invitant à participer aux défilés de couture parisiens.
Installé à Paris en 1996, il fonde la marque « Maurizio Galante »
l'année suivante.
En parallèle, Maurizio Galante participe à de nombreuses expositions,
parmi lesquelles « Black in Fashion » au Victoria and
Albert Museum de Londres (1999), « Vision of the Body » au
Musée d'Art Moderne de Kyoto (1999), « Modamorphoses » au
magasin Le Printemps à Paris (2003).
En 2006, il présente au Centre des Arts d'Enghien-les-Bains
une exposition intitulée « Âme de Diva », avec une quinzaine
de robes portées par les plus grandes actrices italiennes, dont
certaines sont ses propres créations , cette exposition sera reprise
en 2008, dans les vitrines du Ministère de la culture et de
la communication au Palais-Royal, à Paris.
Refusant d'être catalogué, ou de se soumettre aux notions restrictives
de « saisons », Maurizio Galante déploie sa créativité
non seulement dans le domaine de la mode, mais aussi dans
celui du design.
Sophistication, intemporalité et personnalité, associées à une
imagination débridée, pourraient définir son style. En véritable
« maître d'oeuvre », il travaille sur les structures, les surfaces et
les formes afin d'en dégager de nouvelles émotions.
Depuis 2008, Maurizio Galante présente ses collections de
Haute Couture en sa qualité de membre officiel de la « Chambre
Syndicale de la Haute Couture ».

Delphine Pinasa

Delphine Pinasa est directrice déléguée du CNCS et commissaire
de l'exposition « Vestiaire de Divas ». Historienne de l'art,
spécialiste du costume et du textile, elle joint une formation
universitaire à la Sorbonne, complétée au Victoria and Albert
Museum à Londres, à une formation dans les milieux de la
mode et du théâtre, au Musée de la Mode et du textile, puis à
l'Opéra national de Paris.
Responsable du fonds muséographique des costumes à l'Opéra
national de Paris de 1993 à 2000, puis chef du service Patrimoine
Costumes de ce Théâtre à partir de 2001, elle a été le
commissaire de nombreuses expositions en France et à l'étranger
et a publié plusieurs ouvrages, en relation avec ces expositions
comme avec l'histoire des ateliers de costumes du Palais
Garnier.
Depuis 2005, elle a pris en main les destinées du CNCS, dont
elle a été nommée en janvier 2006 directrice déléguée


Catalogue de l'exposition

Textes de Maurizio Galante, Noëlle Guibert, Claudette Joannis,
Catherine Join-Diéterle, Martine Kahane, Christian Lacroix,
Muriel Mayette, Delphine Pinasa, Jérémie Rousseau, Christian
Schirm, Henry-Jean Servat, Frank Sorbier, André Tubeuf,
Françoise Vittu...

- Format 24 cm x 29,7 cm à la française.
- 29 € TTC
- Coédition CNCS/ EDITIONS GOURCUFF GRADENIGO
- En vente au CNCS et sur son site internet (www.cncs.fr)
et dans toutes les librairies...


- « Vestiaire de divas »
- 5 JUIN —, 31 DÉCEMBRE 2010
- Centre national du costume de scène, quartier Villars, route de Montilly, 03000 Moulins - Renseignements : 04.70.20.76.20
- De 2,50 à 5 euros, gratuit pour les moins de 12 ans
- Tous les jours de 10h à 18h et jusqu'à 19h l'été



Par Nicole Salez

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