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Exposition "Préliminaires"

Aequorea de Matali Crasset

Jusqu’au 12 fĂ©vrier

par Franck Moineau, lundi 8 février 2010

ComposĂ©e d’une assise surmontĂ©e d’une corolle, “Aequorea” a Ă©tĂ© Ă  Matali Crasset inspirĂ©e par la majestĂ© de la mĂ©duse Ă©ponyme.
A voir jusqu’au 12 fĂ©vrier dans le cadre de l’exposition "PrĂ©minaires".
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Matali Crasset s’inspire de la fluiditĂ©, de la grâce dans l’eau et de la forme d’ombrelle de la mĂ©duse pour inventer un module tout en lĂ©geretĂ©, une sorte de volume vide, destinĂ© Ă  accueillir les amoureux

Aequorea tient d’avantage de l’espace que de l’objet.

L’architecture moderne a décloisonné l’habitat pour permettre des parcours plus fluides qui s’adaptent aux besoins de vitesse et, également, de respiration de la vie moderne.

Mais, pour cette même raison, nous avons perdu beaucoup de lieux d’isolement. Matali relève alors le défi de recréer les conditions propices à l’intimité tout en concevant une structure suffisamment modulable pour ne pas non plus perdre les avantages qu’offre l’ouverture des espaces architecturaux.

“Aequorea” se situe entre design et architecture. Elle fait penser aux cabanes improvisĂ©es construites par les enfants dans leurs chambres Ă  l’aide de draps, de chaises et autres objets divers. Lieux d’Ă©changes d’Ă©changes de secrets petits et grands, joie d’un territoire en propre, excitation d’ĂŞtre hors du champ de vision ou de surveillance des adultes...

L’intimitĂ©

En enfermant le couple derrière un rideau de filins, “Aequorea” produit le mĂŞme effet sur les adultes, avec l’élĂ©gance en plus. Tout est question d’intimitĂ©, il faut ĂŞtre sĂ©parĂ© du reste du monde et se retrouver face Ă  face, seuls.

Pour renforcer cet effet de rupture avec le quotidien environnant, Matali a disposé une lampe de Wood à l’intérieur de la corolle. La perception des couleurs s’en trouve transfigurée et plonge le couple dans un univers onirique, une nouvelle dimension.

Une fois n’est pas coutume, Matali s’inspire ici des mondes parallèles de Barbarella, l’hĂ©roĂŻne de bandes dessinĂ©es imaginĂ©es par Jean-Claude Forest, et rend hommage Ă  cet l’univers Ă  la fois poĂ©tique et sensuel. C’est un espace en rĂ©fĂ©rence : un espace quasi aquatique, tout en fluiditĂ©, qui gomme les contours, le contexte pour inviter Ă  se laisser aller.

Ce clin d’oeil à la première femme libre de la bande dessinée est aussi porteur d’un message féministe qui ne serait pas une protestation mais plutôt une ode à la libération du corps.

Un désir de rupture

Si le design de Matali devait porter une autre revendication, ce serait sans doute un dĂ©sir de rupture avec la routine et la standardisation des comportements. Il faut casser les rituels quotidiens. La surface arrondie d’”Aequorea” s’oppose au rectangle sempiternel du lit.

Lire Ă©galement dans le cadre de l’exposition "PrĂ©liminaires"
— The Power of Love de Mathieu Lehanneur
— Belly Love - Design Florence Jaffrain
— Confession d’Arik Levy

Voir Ă©galement l’article sur Matali Crasset : Les designers s’intĂ©ressent aux lovetoys

—"PrĂ©liminaires" jusqu’au 12 fĂ©vrier 2010 du mardi au samedi, de 14 Ă  19h
— Galerie Slott, 12, rue du château Landon, 75010 Paris

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