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Alzheimer : Et que la nuit commence !

par Élisabeth Schneiter, vendredi 6 janvier 2012

Tel OrphĂ©e, Antoine d’Ormesson a composĂ© un chant, Drame lyrique Ă  plusieurs voix, comme un appel vers sa femme alors qu’elle s’éloignait dans la nuit de la maladie, de plus en plus lointaine, de plus en plus oublieuse, de plus en plus isolĂ©e, perdue. La crĂ©ation de l’Ɠuvre aura lieu le 16 janvier Ă  la Maison de la Chimie Ă  Paris.
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ÉlĂ©gie pour une absente

Seize musiciens en demi cercle sur la scĂšne, trois chanteurs, trois comĂ©diens, un rĂ©citant. Une voix s’élĂšve, puis une autre, comme une priĂšre illuminĂ©e. « Sans la musique, dit Antoine d’Ormesson , je n’aurais pas pu rĂ©sister ! J’ai Ă©crit cette Ɠuvre par besoin, pour dire la lente altĂ©ration d’un cerveau encore lucide. MĂȘme si je ne touche qu’un seul cƓur, je serai satisfait. »

Et que la nuit commence est Ă©crit pour seulement 16 musiciens et trois chanteurs et peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ© dans n’importe quelle grande salle. « Je veux que cette Ɠuvre voyage, pour faire comprendre l’effet terrible de cette maladie sur le malade mais aussi pour la famille et les proches. »

Cela commence insidieusement par un oubli, puis progressivement, on se met à oublier de plus en plus de choses
 et petit à petit les proches voient s’effriter la personne qu’ils aiment.

On ne connaĂźt pas encore exactement la cause de la mort des neurones dans l’hippocampe, une des rĂ©gions essentielle de la mĂ©moire. Elle aura pour consĂ©quence une atrophie de certaines zones cĂ©rĂ©brales et la perte de facultĂ©s importantes, la mĂ©moire d’abord puis tous les repĂšres.

La maladie d’Alzheimer est la plus frĂ©quente des maladies neurodĂ©gĂ©nĂ©ratives. Elle touche 26 millions de personnes dans le monde et 850 000 Français. Chaque annĂ©e, on compte environ 200 000 nouveaux cas, ce qui laisse Ă  prĂ©voir 1,2 millions de personnes atteintes en France en 2020. La maladie frappe le plus souvent des personnes ĂągĂ©es mais elle peut aussi survenir beaucoup plus tĂŽt. On estime aujourd’hui en France Ă  15 000 le nombre de patients de moins de 65 ans qui en sont atteints.

Alzheimer, parkinson, sclĂ©rose en plaques, autisme
 Pourquoi le nombre de personnes atteintes d’une maladie neurodĂ©gĂ©nĂ©rative explose-t-il et pourquoi les malades sont-ils de plus en plus jeunes ? Marie Grosman et Roger Lenglet Ă©tudient ces questions dans leur dernier livre , Menace sur nos neurones, paru en septembre 2011 chez Actes Sud.

Un compositeur aux multiples visages

Les critiques louent le souffle et l’élĂ©gance de son Ă©criture musicale, sa personnalitĂ© et son Ă©lan lyrique. Éclectique et non conformiste, il a composĂ© des chansons, des musiques de films. Antoine d’Ormesson ne se prend vraiment au sĂ©rieux qu’assez tard. Admirateur de Bartok et Ravel, mais rĂ©solument indĂ©pendant, Antoine d’Ormesson est certainement l’un des compositeurs français le plus mĂ©connu.

NĂ© dans une famille de grands serviteur de l’État, le jeune Antoine a la chance d’avoir des parents mĂ©lomanes et musiciens. Il entend sa mĂšre chanter Mozart, Wagner et Rossini et son pĂšre jouer du piano et faire de la musique de chambre. Dernier d’une fratrie de six, il sera pourtant le seul musicien.

Il commence le violon mais une chute de vĂ©lo lui brise la main. Il se met alors Ă  composer, Ă©crit une premiĂšre Ɠuvre Ă  11ans, puis, Ă  17 ans, en 1941, un Concerto romantique pour violoncelle et orchestre qui sera jouĂ© au ChĂątelet en 1966.

La guerre le propulse en Suisse oĂč il Ă©tudie l’harmonie, la composition et la direction d’orchestre au Conservatoire de Lausanne. Puis il s’engage au rĂ©giment blindĂ© du 2Ăšme dragon et fait la campagne de France et d’Allemagne. AprĂšs la guerre il part en Argentine oĂč son pĂšre est ambassadeur, l’occasion pour lui de s’imprĂ©gner des rythmes sud amĂ©ricains. Il commence Ă  composer sous divers pseudonymes.

Matheux, il travaillera, jusqu’en 1957, dans un sociĂ©tĂ© pionniĂšre de l’électronique. Champion de golf, il en dessine un, puis deux. RemarquĂ© par le magazine World of golf, il devient cĂ©lĂšbre et en tracera 13, dont celui de Divonne qu’il remanie entiĂšrement.

Il tournera aussi plusieurs films, avant de revenir à son amour de la musique qu’il ne quittera plus.

« Ses Ɠuvres se caractĂ©risent par un style trĂšs libre qui porte l’émotion, laissant les ondes sonores se succĂ©der les unes aux autres, se renforcer sans s’annuler, jusqu’à atteindre une certaine cime, couronnement de l’Ɠuvre. » Marcel Schneider

Et que la nuit commence Drame lyrique d’Antoine d’Ormesson

SoirĂ©e du 16 janvier 2012 au profit de l’Ifrad, Fondation pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer Places 50 Euros 20h, Grand Amphithéùtre, Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique, 75007 Paris RĂ©servations Coralie Constant cieconstant@gmail.com

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