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Exposition "PrĂ©liminaires" Belly Love - Design Florence Jaffrainpar Franck Moineau, vendredi 19 février 2010 De part sa forme, "Belly Love" est directement inspirĂ©e du "Sarcophyton Elegans", un corail mou de l’ocĂ©an indien. Passant du rĂ©cif tropical au salon parisien, il garde son Ă©lĂ©gance et gagne en confort devenant tout Ă la fois paradis des sens et Ă©crin pour le corps. Le prototype est exposĂ© a la galerie Slott Ă Paris dans le cadre d’une exposition intitulĂ©e « PrĂ©liminaires » qui se poursuit jusqu’au 12 fĂ©vrier 2010.
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Grâce Ă un textile spĂ©cialement créé par l’ENSAIT de Roubaix avec des matĂ©riaux photoluminescents et des micro-capsules intĂ©grĂ©es dans la fibre, “Belly Love” recrĂ©e la luminositĂ© magique des fonds marins, tout en diffusant des parfums d’huiles essentielles. Les cils du sarcophyton deviennent une toison Ă caresser et lorsque l’on accole notre oreille, les battements de son coeur donnent une cadence idylique Ă ce rĂŞve Ă©veillĂ©.
“Belly Love” respire aussi et l’on en vient Ă se demander si c’est un mĂ©canisme, cachĂ© sous la mousse Ă mĂ©moire de forme, ou un vĂ©ritable souffle de vie qui anime cette membrane. Corail ou sofa, synthĂ©tique ou organique, la question ne se pose plus lorsqu’on est face Ă l’objet : en portant la technique Ă sa perfection, Florence parviennent Ă nous la faire oublier.
Toute cette industrie devient magie et laisse place Ă la poĂ©sie. Florence raconte, d’ailleurs, que lorsqu’elle a rĂ©alisĂ© le moule en collaboration avec GĂ©raldine Blin, la forme d’un coeur est apparue toute seule sur le dessous de la pièce… le « ventre d’amour » Ă©tait nĂ© ! C’est un ventre parce qu’il nous replonge dans l’idĂ©al sensoriel de la vie intrautĂ©rine et aussi parce qu’il respire avec la lenteur et la tranquillitĂ© d’une figure masculine protectrice…
“Belly Love” mĂŞle donc des principes masculins et fĂ©minins en en gardant le meilleur. Il Ă©voque un peu cet idĂ©al mythique de l’Androgyne racontĂ© par Platon. Belly Love cultive le paradoxe d’être asexuĂ© et sensuel Ă la fois. Sa forme nous enveloppe, on s’abandonne en son sein. On ne s’y couche pas, on s’y love. On s’applique Ă se calquer sur sa respiration jusqu’à faire parfaitement corps.
On ne pense plus qu’à la suggestion du souffle qui va et qui vient comme « la vague irrĂ©solue » sur les rĂ©cifs coraliens. “Belly Love” semble alors une muqueuse Ă©rogène, souple et sensuelle qui se laisse emporter en tandem par l’ivresse des sens. Ce sofa sensoriel n’est finalement pas un concept accessible Ă la raison. Il faut plutĂ´t le concevoir comme une sensation de bien-ĂŞtre total, d’abandon, de lâcher prise, une harmonie qui stimulerait chaque partie du corps, Ă©veillerait le dĂ©sir et l’imagination.
Le “Belly Love” de Florence Jaffrain est au design contemporain ce que la GalatĂ©e de Pygmalion est Ă la sculpture mythologique : le sofa sensoriel devait seulement contribuer Ă l’éveil du dĂ©sir, mais il a finalement pris vie pour devenir lui-mĂŞme objet du dĂ©sir.
A lire Ă©galement dans le cadre de l’exposition PrĂ©liminaires :
— The Power of Love de Mathieu Lehanneur
— Aequorea de Matali Crasset
— Confession d’Arik Levy