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"CV trompeurs" : une Ă©tude de l’Institut Florian Mantionepar Nicole Salez, vendredi 18 septembre 2009 En terme d’emploi, la concurrence est rude, a fortiori avec la crise actuelle...de lĂ Ă prĂ©senter un CV trompeur ? La sixiĂšme Ă©tude sur le sujet rĂ©alisĂ©e par l’Institut Florian Mantione rĂ©vĂšle que la pratique se renforce, en particulier via Internet.
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Et d’abord qu’est-ce qu’un CV trompeur ? C’est un CV « qui ne reflĂšte pas la vĂ©ritĂ© (soit dans la forme, soit dans le fond), dans le but de prĂ©senter un profil en adĂ©quation avec les attentes du recruteur (soit en se valorisant, soit en se dĂ©valorisant) », estiment les auteurs de l’Ă©tude. Les raisons invoquĂ©es par les candidats ayant rĂ©pondu aux enquĂȘteurs : "avec Internet, c’est maintenant plus facile...la concurrence est plus exacerbĂ©e...les tensions sont plus grandes par rapport aux diplĂŽmes, Ă l’Ăąge, Ă la discrimination, de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale...il faut bien se vendre...les employeurs aussi ne disent pas toujours la vĂ©ritĂ©".
Du cÎté des employeurs ou DRH interrogés dans le cadre de cette étude, on note que les "tromperies" concernent tous les aspects du CV : du diplÎme à la rémunération, en passant par les responsabilités, ou encore les activités extra-professionnelles. Elles prennent différents aspects : addition, omission, ou transformation.
L’addition concerne davantage les responsabilitĂ©s rĂ©elles. Pour 78 % ( [1] dâentre eux, les candidats exagĂšrent ce point (nombre de personnes encadrĂ©es, degrĂ© dâautonomie ou dâinitiative, dâimplication dans un projet). Viennent ensuite les langues Ă©trangĂšres (72 %), la rĂ©munĂ©ration (46 %), les compĂ©tences (38 %) et les diplĂŽmes (37 %).
L’omission concerne d’abord le motif de dĂ©part d’une entreprise (72 %). La situation Ă©conomique et lâaccord transactionnel sont des motifs « commodes ». Les candidats minimisent leurs responsabilitĂ©s (27 %). C’est en gĂ©nĂ©ral quand ils postulent Ă un emploi de plus faible niveau, pour ne pas « effrayer » le recruteur : exemple en tant quâancien chef dâentreprise. De mĂȘme pour les les diplĂŽmes (20 %), les candidats nâinscrivent pas un diplĂŽme sur le CV (ils en possĂšdent dĂ©jĂ plusieurs, ils « suppriment » celui qui nâest pas pertinent par rapport au poste proposĂ©, le diplĂŽme montre une trop grande rĂ©-orientation de carriĂšre). Pour finir, l’omission concerne l’Ăąge (15 %). En conformitĂ© avec la loi, les candidats nâinscrivent pas lâĂąge ou la date de naissance.
Les « tromperies » par transformation concernent en premier lieu la durĂ©e rĂ©elle des emplois successifs (62 %), souvent pour rĂ©duire les trous dans le CV. Les emplois courts sont supprimĂ©s et les stages intĂ©grĂ©s dans les expĂ©riences professionnelles. Le poste occupĂ© (46 %) s’amplifie parfois (transformation de la nature des contrats, des titres) de mĂȘme que les activitĂ©s extra-professionnelles (29 %). Les candidats se dĂ©couvrent par exemple une passion pour un sport dâĂ©quipe ou individuel, voire de compĂ©tition, une activitĂ© dâĂ©lu municipal, des responsabilitĂ©s associatives, un loisir original (oenologie !). La situation de famille est elle aussi parfois transformĂ©e (sĂ©paration, divorce, concubinage...) (18 %). Alors que sur ce chapitre, la loi est formelle : il sâagit dâun Ă©lĂ©ment de discrimination. Des attitudes que la crise semble accentuer, car « les candidats ont le sentiment dâĂȘtre plus en compĂ©tition ».
La comparaison entre les six études réalisées par le Florian Mantione Institut permet de mettre en avant sept points principaux :
Internet : Les candidats ont tendance Ă se « tromper » en saisissant leurs informations et se sentent moins « coupables » devant un clavier. Mais leur « image netuelle » les trahit parfois.
DiplĂŽmes : Statistiquement les diplĂŽmĂ©s sont moins chĂŽmeurs que les autodidactes. Les employeurs sont plus exigeants. Lâachat par Internet de diplĂŽmes se dĂ©veloppe.
Langues Ă©trangĂšres : Les recruteurs sont plus exigeants, mais le niveau des candidats ne sâest pas sensiblement amĂ©liorĂ©.
Durée des expériences professionnelles : Les recruteurs souhaitent davantage de candidats rapidement opérationnels, ce qui pénalise les jeunes diplÎmés.
Age : La premiĂšre Ă©tude mettait la barre des candidats « Ăąge » Ă 50 ans. Aujourdâhui lâĂąge critique se situe Ă 45 ans !
Lutte contre la discrimination : Les candidats sont exigeants quant aux raisons de leur élimination. Les employeurs sont plus ouverts vis-à -vis des profils recherchés.
Effets de la crise : La crise exacerbe les tensions et les candidats sont plus impatients. Les candidats ont le sentiment dâĂȘtre plus en compĂ©tition.
[1] Si l’on cumule "souvent" et "toujours"
La sixiĂšme Ă©tude "CV " publiĂ©e par l’Institut Florian Mantione en juillet 2009.
Sur les 1 000 questionnaires envoyés aux entreprises et aux candidats, 284 ont été retournés cÎté employeurs et 527 cÎté candidats. Le Florian Mantione Institut a également mené des entretiens auprÚs de 50 entreprises et 100 candidats (par téléphone et en face à face).
Florian Mantione Institut, est un reseau international de conseil en Ressources Humaines et un cabinet de recrutement (Recrutement par annonce et approche directe).
www.florianmantione.com