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Exposition Cadeaux des Tsars : MusĂ©e MarineJusqu’au 3 octobre 2010 par Nicole Salez, lundi 14 juin 2010 Dans le cadre de l’annĂ©e France Russie 2010, le musĂ©e de la Marine consacre une exposition au contexte maritime de l’Alliance franco-russe (1891-1914). Sont rassemblĂ©s pour la première fois les cadeaux prestigieux offerts par la Russie Ă la France lors des rencontres diplomatiques.
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L’idée d’une Union franco-russe face à la Triple Alliance (Empire allemand, Autriche-Hongrie, Italie) se concrétise en 1891 : l’empereur Alexandre III accueille chaleureusement les représentants français à Cronstadt, avant–poste maritime de Saint-Pétersbourg. Après la visite des marins russes à Toulon en 1893, les deux pays ratifient une convention militaire. Empereurs et Présidents se rencontrent régulièrement dans les plus célèbres ports français et russes jusqu’en 1914 ; l’échange de précieux cadeaux symbolisent alors l’entente fraternelle entre les deux gouvernements.
Témoins de l’enthousiasme suscité par l’Alliance et outils de communication au service du politique, de nombreux objets, véritables produits dérivés sur le thème de l’amitié franco-russe, sont fabriqués et largement diffusés. Certains collectionneurs se passionnent pour cette production de masse alors inédite. L’ensemble de plusieurs milliers d’objets de toutes natures amassé par Philippe Deschamps fait figure d’exception. L’esprit de cette collection, présentée au sein d’un éphémère musée Nicolas II à Paris avant que son propriétaire ne décide de les distribuer à plusieurs villes et institutions, est évoqué dans l’exposition.
Reflets de la culture russe et symboles de l’amitié avec la France, les cadeaux des tsars sont de différentes natures. Les uns sont des tableaux exécutés par les plus célèbres peintres de marine russes, tels Léonid Blinov, Alexeï Bogoliubov, Nikolaï Gritsenko ou Mikhaïl Tkatchenko ; ils fixent sur la toile les plus importantes rencontres franco-russes à Toulon, Cherbourg ou Cronstadt. Les autres sont des pièces d’orfèvrerie issues des meilleurs ateliers de Saint-Pétersbourg ou de Moscou ; ces coupes, boîtes de présentation, coffrets et même sculptures, en or ou en argent, rehaussés de pierres précieuses ou d’émaux portent les poinçons prestigieux de Fabergé, Braguine, Gratchev frères, Khlebnikov ou Ovtchinnikov, pour la plupart fournisseurs brevetés de la cour impériale de Russie.
Dans le contexte particulier de l’Alliance franco-russe, l’exposition du musée national de la Marine met ainsi, pour la première fois, l’accent sur l’importance de l’industrie du souvenir et elle rassemble surtout des cadeaux impériaux qui sont autant d’œuvres d’art inconnues du public bien que conservées dans les collections publiques françaises.