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Femmes et bateau Capitaine LaurenceLe grand saut. par FrĂ©dĂ©rique Alfassa-Larsonneur, mercredi 11 juin 2008 « Si j’étais un homme, je serais capitaine ». Vous vous souvenez de la chanson que chantait Diane Tell en 1980 ? Les temps changent : plus besoin d’appartenir au « sexe fort » pour ĂŞtre maĂ®tre Ă bord. Nous avons rencontrĂ© des femmes capitaines. Elles restent peu nombreuses. Pour arriver Ă une telle fonction, elles ont dĂ» batailler. Voici Laurence, ancienne championne de France de saut Ă la perche.
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Capitainerie du Port d’Antibes : quand on parle de femmes capitaines, le nom de Laurence revient plusieurs fois. Son témoignage est exceptionnel pour deux raisons : elle est capitaine et française, une exception sur le marché du yachting, essentiellement anglo-saxon. L’interview qui suit est la seule à avoir été réalisée en français, toutes les autres l’ont été en anglais.
Laurence Mégardon, 36 ans, est capitaine d’un yacht de 21 m basé au port d’Antibes. Elle évoque son parcours atypique, du sport de haut niveau aux bateaux de grand luxe.
« Je suis GĂ©meaux ascendant Verseau et je me dĂ©place Ă moto. » Laurence a un goĂ»t innĂ© pour la diversitĂ© et a dĂ©couvert de nombreux domaines dans sa carrière.

Elle ne craint ni responsabilités, ni discipline stricte. Après des études de commerce, elle monte une boîte de formation en techniques de vente et achats mais revient vite à ses premières amours : le saut à la perche. Elle est la première femme à avoir pratiqué cette discipline, première championne de France et trois fois recordwoman. Entraînée par Maurice Ouvion, en même temps que Jean Galfione, le champion olympique, Laurence devient à son tour entraîneur à Cannes, Fréjus et à la Réunion. Elle envisage un moment de devenir pilote d’hélicoptère mais passer le diplôme coûte trop cher.
Finalement, sur les conseils d’un ami, elle tente l’aventure des bateaux. « J’adore la pĂŞche et j’avais participĂ© Ă des rĂ©gates avec le Yacht Club de Paris ainsi qu’aux rĂ©gates royales de Cannes. Quand on m’a proposĂ© de prendre un poste d’hĂ´tesse pour 15 jours, je me suis lancĂ©e. Plus tard, une agence de recrutement m’a mise en relation avec un capitaine qui cherchait une personne sans expĂ©rience : j’y suis allĂ©e. De la MĂ©diterranĂ©e aux CaraĂŻbes, je suis passĂ©e par de nombreux postes : hĂ´tesse, marin, second.
Un jour, je me suis dit : pourquoi pas devenir capitaine ? » Laurence passe donc le diplĂ´me appelĂ© Capitaine 200. Aujourd’hui, elle souhaite passer au niveau supĂ©rieur, le Capitaine 500. Le capitaine est responsable du bateau et supervise tous les travaux pour que le yacht soit prĂŞt pour la saison. Un exemple : en aire de carĂ©nage (chantier), on passe l’anti-fouling, une peinture spĂ©ciale qui empĂŞche les coquillages d’adhĂ©rer Ă la coque et qui permet une meilleure glisse sur l’eau. Les pompes des cales, la tempĂ©rature du moteur, le gĂ©nĂ©rateur et le système hydraulique font l’objet de vĂ©rifications. Le capitaine fait tester les normes de sĂ©curitĂ© par un expert pour s’assurer que le yacht peut accueillir des passagers. Il reste ensuite la mise en location : soit en passant par une agence, soit en faisant directement l’intermĂ©diaire auprès des clients. Le bateau est louĂ© Ă la journĂ©e (ou plusieurs d’affilĂ©e), destination la MĂ©diterranĂ©e : CĂ´te d’Azur, Italie, Corse pour le plaisir des passagers et de Laurence, fière de faire partager sa passion de la mer et du bateau.
Comme les traversĂ©es sont brèves, elle rentre souvent chez elle le soir avec du travail. « Le bateau, c’est une entreprise. Je m’occupe Ă©galement de toute la compta, des achats et du classement. En saison, j’emploie un(e) hĂ´te(sse)-marin. Pas difficile de recruter car on se connaĂ®t tous : c’est un bien petit monde. Quand j’ai une question technique, mes homologues masculins des bateaux voisins sont toujours prĂŞts Ă m’aider, c’est l’avantage d’être une femme dans ce mĂ©tier ! »
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