Chocolats Boissier par Sylvie Doucepar Marie Laure de Vienne, samedi 7 mars 2009 Le confiseur chocolatier, Boissier, renaĂ®t sous la houlette de Sylvie Douce Ă©lue Femme d’Or 2009. Entre la crĂ©atrice du Salon du Chocolat et cette maison qui cherchait un repreneur, un très doux mariage s’est conclu dans des effluves de fèves cacaotĂ©es et au son des cabosses. Portrait d’une femme chef d’entreprise qui fait revivre une institution hautement gourmande.
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Outre sa propre agence évènementielle, Sylvie Douce a fait du Salon du Chocolat une réussite française indéniable ( plus de 150 000 visiteurs, un défilé de robes de couturiers en chocolat ) ; mais ce succès là , elle l’a exporté aux quatre coins de la planète, de Moscou à New York en passant par Tokyo et Pékin. Entrepreneur invétéré, qu’est ce qui a bien pu pousser cette femme d’affaires déjà surchargée à reprendre la maison Boissier ? L’envie permanente du challenge économique, le souci continuel d’entreprendre certes ; mais avant tout, la passion pour le dieu cacao, pour la déesse fève.
Baignée dans le chocolat dès l’enfance

Toute petite dĂ©jĂ , elle vit dans l’univers du chocolat avec un grand père directeur de Gondolo, une usine de biscuits chocolatĂ©s et sa mère qui, pour le goĂ»ter, lui prĂ©parait des tartines grillĂ©es beurrĂ©es sur lesquelles fondaient des copeaux de chocolat. Créée en 1985, son agence Ă©vènementielle gère des budgets tels que Kraft Foods et certaines branches de NestlĂ©. Pour la mise en place de son premier Salon du chocolat en 1995, elle renoue avec la tradition familiale et approche tous les plus grands maĂ®tres chocolatiers, de Linxe Ă Le Roux en passant par Bernachon et HermĂ©. Pour cette mère de famille, le chocolat, c’est « incontournable, inconditionnel et Ă©ternel » et le promouvoir est aussi une manière de mettre en valeur la crĂ©ativitĂ© et le savoir faire sans âge des artisans chocolatiers français. Il y a plus de cinq ans, on l’alerte sur la dĂ©confiture de Boissier, ce qui Ă©meut sa fibre gourmande. Comment laisser mourir une telle institution ?
Bonbons et gâteaux de légende chez Boissier

Alors que Boissier fut le traiteur de tout le seizième arrondissement, proche en qualitĂ© et en renommĂ©e d’un LenĂ´tre Ă ses dĂ©buts ; la maison n’était effectivement plus rien depuis une dizaine d’annĂ©es ! Boutiques fermĂ©es puis re-ouvertes avec des gâteaux de boulangerie ; mais qualitĂ© perdue ; Boissier n’était plus ce qu’il a Ă©tĂ©. Pourtant certains gâteaux ( le bĂ©lissaire, le poincarĂ©, petits sablĂ©s) et certaines confiseries ( gros bonbons boules Ă tous les parfums et de toutes les couleurs, guimauves artisanales, marrons glacĂ©s ) Ă©taient mythiques et ne se trouvaient que dans les espaces de vente Boissier. Pour les Ă©picuriens, le chocolat Boissier avait un goĂ»t unique et c’est ce souvenir lĂ qu’il faut retrouver pour les gourmands nostalgiques. C’est Ă ce travail de recherche de recettes, de pâtissiers qui ont Ĺ“uvrĂ© lĂ autrefois que s’attelle Sylvie Douce. En effet, Boissier est une institution de la gastronomie sucrĂ©e française depuis 1827. Par ses crĂ©ations originales ( chocolats dans des cartons Ă chapeaux, bonbons dans les boĂ®tes mĂ©talliques rondes ), par son identitĂ© visuelle ( bleu azur et or ), par ses chocolats et tablettes travaillĂ©es artisanalement ; la maison Boissier fait partie du patrimoine français de la pâtisserie-confiserie. D’ailleurs, plusieurs Ă©crivains la citent, dont Victor Hugo qui la cĂ©lèbre en ces termes : « Grâce Ă Boissier chère Colombe, heureux Ă vos pieds, nous tombons, car on prend les forts par les bombes et les faibles par les bonbons ». Aujourd’hui, Sylvie Douce fait revivre la maison avec la réédition des collections de bonbons de chocolat qui ont retrouvĂ© leur prestige gustatif et qualitatif d’antan. Conjointement Ă la vente de confiseries, chocolats, marrons, calissons et gâteaux Ă emporter ; l’ouverture d’un espace de restauration Ă mi-chemin entre le salon de thĂ© et le « snack haut de gamme salade-quiche-gâteau » sĂ©duit une clientèle fĂ©minine soucieuse d’un repas rapide et raffinĂ©.

Pour cette renaissance là et ses autres activités professionnelles, Sylvie Douce vient d’être nommée Femme en Or de l’année 2008. A Courchevel en décembre dernier, à côté de femmes connues dans les domaines de l’art, du sport, des médias, de la recherche, du spectacle ; elle a donc reçu un trophée pour la catégorie Entreprise. Le Trophée Femmes en Or créé par Jean Louis Sevez en 1993 met en lumière des femmes d’exception ( plus de 150 depuis sa création ) qui aident à faire évoluer la société. La ténacité et l’esprit entrepreneurial de Sylvie Douce avaient déjà été récompensés par la remise de l’Ordre National du Mérite reçue en mai 2008 ; aujourd’hui, c’est l’or qui la couronne. Assurément, elle a dû dédier ce trophée d’or à son maître, le chocolat !