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Expert Comment apprendre à réussir sa vie de femmeUn entretien avec Monique de Kermadec, psychologue et psychanalyste par Gisèle Prévost, mardi 9 septembre 2008 Monique de Kermadec, psychologue et psychanalyste (1), donnera à Toupourlesfemmes.com une série d’entretiens sur le thème de la réussite au féminin.
Elle est convaincue que chacun peut trouver dans sa vie une profonde satisfaction, quel que soit son âge.
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Pour cette rentrée elle nous invite à un petit bilan personnel pour dépister ce qui, en dépit de leur désir, empêche parfois les femmes d’aller plus loin.

La réussite qu’est-ce que c’est ?
Il existe de multiples définitions de la réussite. Pour certains c’est la réussite professionnelle ou sociale, une revanche à prendre, pour d’autres, la réussite familiale ou la réalisation de soi. Mais les attentes varient avec l’âge, la situation sociale et le sexe. Si les femmes que je rencontre mentionnent de plus en plus le désir de réussir professionnellement, on remarque chez elles une constante : le souhait de réussir leur vie. Même si les jeunes générations veulent de plus en plus aussi réussir leur vie professionnelle, l’attente de satisfactions relationnelles et personnelles que ce soit dans le couple ou avec les enfants revient comme une constante.
Quand elles sont mères, les femmes mentionnent, de plus, le souhait d’aider leurs enfants à réussir dans la vie. Les parents sont de plus en plus préoccupés dans un contexte économique incertain de l’avenir de leurs enfants. Ils investissent, voire sur-investissent, les études et veulent donner à leurs enfants un socle solide pour la vie.Si dans le passé c’étaient plutôt les pères qui jouaient ce rôle, les mères sont aujourd’hui très claires sur cette demande.
La fille est-elle préparée à la réussite ?
L’expérience de ses proches va être déterminante car les recettes de la réussite ne sont pas enseignées sur les bancs de l’école. C’est en observant le couple de ses parents, ses proches, qu’elle apprendra, qu’elle s’affirmera progressivement ou qu’elle renoncera.
Quel rôle joue chacun des parents ?
Souvent les femmes mentionnent le père mais la mère est à l’arrière plan. Le regard du père sur les tentatives d’affirmation de sa fille est important : va-t-il insister sur la relation de séduction et surenchérir sur la coquetterie et le côté féminin de sa fille ? Ou va-t-il, au contraire, l’aborder comme il le ferait classiquement avec un garçon en insistant sur ses études ? Pour lui plaire, la fille va oser mais aussi renoncer. Si le regard de son père n’est pas positif, s’il semble en désaccord, il lui reste deux options : rompre ou renoncer. N’oublions pas que certains parents mettent une pression très forte. Le regard de la mère est tout aussi important ; elle est soit un modèle soit un exemple à éviter. Quoi qu’on en dise, la démarche de la majorité des femmes a un lien avec le modèle offert par leur mère. Leur relation va avoir une influence sur les choix. Bien évidemment, la prise de conscience par la fille de cette influence peut l’aider à mieux gérer la continuité ou la révolte. Car la colère ne suffit pas pour réussir. Il faut une certaine paix avec les modèles du passé pour avancer.
Quels sont les freins à la réussite pour les femmes ?
Il existe des interdits et des freins qu’il faut savoir surmonter pour réussir. Le premier frein est cette petite voix négative intérieure qui nous parle tout le temps. Ce discours existe chez tous mais les filles en parlent plus. Qui ne s’est pas entendue se dire " tu es trop veille, tu es trop grosse, tu n’est pas assez formée..." ?
Le second est la peur de l’échec, la peur de prendre des risques. Cette peur peut être renforcée par des proches bien intentionnés qui ramènent toujours les éléments négatifs en avant. Ceux-ci freinent, en fait, ce qui pourrait perturber l’équilibre acquis dans la relation telle qu’elle existe. Vous êtes à une certaine place et vous êtes priée de ne pas en sortir. Autre frein : un certain pessimiste qui immobilise la personne et l’empêche de s’adapter au changement. Dans certaines familles on voit tout en noir mais au sein d’une même famille on peut trouver des personnes plus ou moins optimistes.
Enfin certaines personnes sont freinées parce qu’elles ne sont pas à leur place. Elles ont suivi une orientation que d’autres ont choisi pour elles. Pour se faire aimer, de leurs parents, de gens importants, elles essaient de rester dans un métier ou dans une situation familiale qui ne leur correspond pas. Elles ont compris que la règle du jeu c’était d’être sérieuse. Elles ont suivi des études choisies par d’autres, elles ont fait de leur mieux dans un travail peu passionnant et ont passé toute leur vie en espérant que ça ira mieux. Ce ne sont pas là les conditions dans lesquelles on a les meilleures chances de réussir. Cela crée de la dépression, des personnes qui dépensent une énergie folle à faire des choses qui n’ont pas de sens pour elles et qui se résignent.