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Crime et Châtiment 1791-1981

par Laure Menanteau, jeudi 4 mars 2010

D’après un projet de Robert Badinter, ancien garde des Sceaux, le Musée d’Orsay à travers l’exposition "Crime et Châtiment 1791 - 1981", retrace deux siècles de crimes, de criminels et de Justice. Du 16 mars au 27 mai 2010.
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18. Jean-Joseph Weerts Marat assassiné ! 13 juillet 1793, 8h du soir, 1880 Huile sur toile, 268x360 cm Roubaix, La piscine, musée d’art et d’industrie © Photographie Arnaud Loubry

L’exposition Crime et châtiment envisage une période d’environ deux siècles : de 1791, lorsque Le Peletier de Saint-Fargeau réclame la suppression de la peine de mort, jusqu’au 30 septembre 1981, date du vote de son abolition en France. Durant toutes ces années, la littérature a créé d’innombrables personnages de criminels. Le titre de l’exposition est lui-même emprunté à Dostoïevski. Dans la presse, notamment dans les quotidiens illustrés, le crime de sang décuple par la fiction du romanesque sa puissance fantasmatique.

16. Atelier de Jacques-Louis David La Mort de Marat, vers 1793 Huile sur toile, 111,3x85,6 cm Reims, musée des Beaux-Arts © Reims, musée des Beaux-arts. Photo : C. Devleeschauwer

Dans le même temps, le thème criminel investit les arts visuels. Chez les plus grands peintres, Goya, Géricault, Picasso ou Magritte, les représentations du crime ou de la peine capitale sont à l’origine d’oeuvres saisissantes. Le cinéma également assimile sans tarder les charmes troubles d’une violence extrême, sa représentation la transformant même en plaisir, voire en volupté.

C’est encore à la fin du XIXe que naît et se développe une approche du tempérament délinquant qui se veut scientifique. On cherche à démontrer que les constantes du criminel s’inscriraient dans sa physiologie même. De telles théories ont une influence considérable sur la peinture, la sculpture ou la photographie. Enfin, à la violence du crime répond celle du châtiment : comment ne pas rappeler l’omniprésence des motifs du gibet, du garrot, de la guillotine ou de la chaise électrique ?

Au-delà du crime, il s’agit de poser encore et toujours le problème du Mal, et au-delà de la circonstance sociale, l’inquiétude métaphysique. A ces questions, l’art apporte un témoignage spectaculaire. Esthétique de la violence, violence de l’esthétique, cette exposition ne saurait que les réconcilier en rapprochant des images de toutes sortes, littérature et musique.

09. Hugues Fourau Tête décapitée de Fieschi, 1836 Huile sur toile, 40x54,5 cm Orléans, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-arts d’Orléans, cliché François Lauginie

Parcours de l’exposition

I. Préambule : “Tu ne tueras pas”
— Les crimes originels : infanticide (Cronos),
— Parricide (OEdipe), Fratricide (Caïn), déicide (Christ),
— Régicide (Louis XIV), génocide (Hitler)…
— Cabanel, Moreau, Falguière, Munch, Bouguereau, Füssli

Chap. 2 – 1793
— 1. La guillotine. Fantasmes et réalités de la tête coupée Géricault, Brascassart, Wiertz, Delacroix, Redon, Carpeaux, Hugo
— 2. Le Peletier de Saint Fargeau
— 3. L’Assassinat de Marat (David, Baudry, Robert-Fleury, Hauer, Munch)
— 4. L’Affaire Fualdès (Géricault)

Chap. 3 – Figures du crime romantique
— 1. Le Brigand (Goya, Géricault, Carolus Duran, Delacroix)
— 2. La Femme fatale (Füssli, Moreau..)
— 3. La Sorcière (Goya, Prouvé, Fillol, Kubin, Schwabe...)

Chap. 4 – 1880-1920 : Canards et Apaches
— 1. Le récit populaire
— 2. Le fait divers

Chap. 5 – La Justice 1. Les gens de justice (Daumier) 2. Le Bagne et la Prison (Courbet, Van Gogh, Redon, Cartier-Bresson)
— 3. La Peine de mort (Friant, Steinlen, Hugo, Toulouse-Lautrec, Rouault, Rops)

Chap. 6 – Le Crime et la Science - L’Âge du positivisme
— 1. Gall et la phrénologie
— 2. La Bête dans l’Homme
— 3. Lombroso et l’anthropologie criminelle
— 4. L’artiste dit “dégénéré” (Daumier, Géricault, Degas, Cézanne, Sickert)
— 5. Bertillon et l’identité judiciaire
— 6. Crime et roman populaire

Chap. 7 – Vers les Temps modernes
— 1. Le crime sexuel sous Weimar (Grosz, Dix, Schlichter)
— 2. Le génie, le crime et la folie (Mollard, Daumier...)
— 3. Les “Cadavres exquis” Le surréalisme et la fascination du crime (Magritte, Masson, Duchamp, Bellmer, Giacometti, Lynch)

—Musée d’Orsay
— Horaires : tous les jours, sauf le lundi, de 9h30 à 18h (fermeture des caisses à 17h), le jeudi jusqu’à 21h45.
— Tarification : droit d’entrée au musée : plein tarif : 9,5 € ; tarif réduit : 7 €
— Accès : entrée par le parvis, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris

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