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Envers du Music-Hall - Colette

par Nicole Salez, lundi 24 mai 2010

Alors que "La TournĂ©e", de Mathieu Amalric, sort le 30 juin 2010 sur les Ă©crans après avoir Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© pour la Palme d’or au 64ème Festival de Cannes, pourquoi ne pas relire le livre qui a inspirĂ© le film : "L’Envers du music-hall", de Colette. Un petit bijou de carnet de route !
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On l’oublie parfois mais pendant quelques annĂ©es, de l’âge de 33 Ă  39 ans, l’Ă©crivaine Colette a Ă©tĂ© actrice de music-hall et a prĂ©sentĂ© des pantomimes orientales dans des tenues suggestives dans diffĂ©rents endroits en France, notamment au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge et Ă  Bataclan. Ce qui lui a inspirĂ© "L’Envers du music-hall".

Extrait de "L’envers du music-hall"

"Ma place, ma place, mais c’est celle qui me convient ! Qu’on m’y laisse, c’est tout ce que je demande. J’ai fait un peu la bĂŞte, dans mon jeune temps, mais j’en ai Ă©tĂ© si corrigĂ©e !...J’en suis restĂ©e craintive. Plus je regarde les autres se dĂ©mener, plus j’ai envie de rester assise. .. Et puis, ici, on ne voit que la peine que les gens se donnent. La lumière du théâtre, les paillettes, les costumes, les figures maquillĂ©es, les sourires, ce n’est pas un spectacle pour moi, tout ça... Je ne vois que le mĂ©tier, la sueur, la peau qui est jaune au grand jour, le dĂ©couragement... Je ne sais pas bien me faire comprendre, mais mon imagination travaille lĂ -dessus... C’est comme si j’Ă©tais seule Ă  connaĂ®tre l’envers de ce que les autres regardent Ă  l’endroit ..."

- L’envers du music-hall
- Auteur : Colette
- Editeur : Flammarion
- Date de parution : 1993
- 102 pages
- 11 €

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Ce titre est aussi dans le tome 2 des oeuvres de Colette aux éditions Gallimard

- Colette ; OEUVRES. Tome 2,
- Douze dialogues de bĂŞtes - La Paix chez les bĂŞtes - Autres bĂŞtes - Notes de tournĂ©es - L’Envers du music-hall - L’Entrave - Les Heures longues dans la foule - Mitsou - ChĂ©ri - Le Dossier de ChĂ©ri - La Chambre Ă©clairĂ©e - La Maison de Claudine - Le Voyage Ă©goĂŻste - Le BlĂ© en herbe.
- 1904 pages, rel. peau, 105 x 170 mm.
- Gallimard (Editions) (Collection Bibliothèque de la PlĂ©iade (1986))
- 58,43 €

www.archive.org

Voici une édition datant de 1926 de "L’Envers du music-hall", de Colette - Flammarion- mise en ligne par le site archive.org

Biographie de Colette

Sidonie Gabrielle Colette, dite Colette, est nĂ©e Ă  Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne, le 28 janvier 1873 et dĂ©cĂ©dĂ©e le 3 aoĂ»t 1954, Ă  Paris. Dernière enfant du couple formĂ© par ces parents mythiques que sont devenus Sido (Sidonie Landoy) et le capitaine Colette, celle qui deviendra Colette a vĂ©cu une enfance heureuse Ă  Saint-Sauveur-en-Puisaye, petit village de Bourgogne. AdorĂ©e par sa mère comme un « joyau tout en or » au sein d’une nature fraternelle, elle rencontre adolescente Henry Gauthier-Villars, surnommĂ© ’Willy’, avec qui elle se marie le 15 mai 1893 Ă  Châtillon-Coligny. Willy, auteur de romans populaires, est un viveur parisien qui fait Ă©galement travailler Ă  son profit une Ă©quipe de collaborateurs. Il introduit Colette dans les cercles littĂ©raires et musicaux de la capitale. Vite saisi par les dons d’écriture de sa jeune Ă©pouse, Willy l’engage Ă  Ă©crire ses souvenirs d’école, qu’il signe sans vergogne de son seul nom. Ce sera Claudine Ă  l’Ă©cole, bientĂ´t suivi d’une sĂ©rie de Claudine (La Maison de Claudine, Claudine Ă  Paris, Claudine en mĂ©nage, etc.), dont les romans seront publiĂ©s sous le nom du seul Willy. Willy fut, entre autres, l’amant de Marie-Louise Servat (dite Germaine), femme d’Émile Courtet, Ă  qui il donna un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars. Jalouse, consternĂ©e de devoir ĂŞtre enfermĂ©e dans un rĂ´le d’épouse bafouĂ©e, Colette se libère de plus en plus de cette tutelle, et, encouragĂ©e par Georges Wague, commence une carrière dans le music-hall (1906-1912), oĂą elle prĂ©sente des pantomimes orientales dans des tenues suggestives, puis au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge et Ă  Bataclan. Ce sont des annĂ©es de scandale et de libĂ©ration morale : elle divorce d’avec Willy en 1906 et connaĂ®t plusieurs aventures fĂ©minines, notamment avec Mathilde de Morny (Missy), fille du duc de Morny et sa partenaire sur scène. Mais, durant toute cette pĂ©riode, Colette chemine aussi dans sa vocation d’écrivain. Elle publie des ouvrages Ă©voquant ces annĂ©es : la vagabonde, l’Envers du music-hall, En tournĂ©e, etc. Une attention de plus en plus prĂ©cise Ă  la justesse des mots, notamment lorsqu’ils sont chargĂ©s d’exprimer l’effusion dans la nature, une sensualitĂ© librement Ă©panouie pour revendiquer les droits de la chair sur l’esprit et ceux de la femme sur l’homme, voilĂ  quelles sont les lignes de force de cette Ă©criture qui reste encore Ă  saluer, tant, ici encore, la critique littĂ©raire a manifestĂ© son machisme.

Après son divorce, Colette a une brève liaison avec Auguste-Olympe HĂ©riot, rencontrĂ© Ă  la fin de 1909. Elle rencontre ensuite Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu’elle Ă©pouse en 1912 et qui l’engage Ă  donner quelques billets et reportages au journal le Matin, dont il est le rĂ©dacteur en chef. De lui, elle aura sa seule enfant, Colette RenĂ©e de Jouvenel, dite « Bel-Gazou » ["beau gazouillis" en provençal]. Ă€ quarante ans, elle joue aussi un rĂ´le d’initiatrice de l’amour auprès du fils d’Henry, Bertrand de Jouvenel, dix-sept ans, expĂ©rience qui nourrira les thèmes et les situations dans Le BlĂ© en herbe. En ce qui concerne ChĂ©ri, il s’agit d’un fantasme qui est devenu rĂ©alitĂ©, puisque le livre est publiĂ© en 1920 mais sa conception remonte Ă  1912, soit quelques annĂ©es avant sa liaison avec Bertrand de Jouvenel. Le divorce d’avec Henry de Jouvenel sera prononcĂ© en 1923. Comme elle le fera pour Willy dans Mes apprentissages, Colette se vengera de son ex-mari dans Julie de Carneilhan. MĂ©lomane avertie, Colette collabore avec Maurice Ravel entre 1919 et 1925 pour la fantaisie lyrique l’Enfant et les sortilèges. Elle a Ă©tĂ© l’amie de la reine Elisabeth de Belgique, Marguerite Moreno et Natalie Barney et a eu quelques brouilles avec la cĂ©lèbre demi-mondaine de la Belle Époque, Liane de Pougy. Pendant l’occupation, Colette sĂ©journa chez sa fille en Corrèze dans le village de Curemonte. En 1945, Colette est Ă©lue Ă  l’unanimitĂ© Ă  l’AcadĂ©mie Goncourt, dont elle devient prĂ©sidente en 1949. En 1953, elle est Ă©levĂ©e Ă  la dignitĂ© de grand officier de la LĂ©gion d’honneur. L’écrivain est au faĂ®te de sa gloire et de son talent quand elle s’installe dans son appartement du Palais-Royal pour ne plus le quitter. Elle compte Jean Cocteau parmi ses voisins. Sur ses vieux jours, Maurice Goudeket, son dernier mari, l’aidera Ă  supporter son arthrose. Elle meurt le 3 aoĂ»t 1954. MalgrĂ© sa rĂ©putation sulfureuse et le refus, par l’Église catholique, des obsèques religieuses, Colette est la seule femme Ă  avoir eu droit Ă  des funĂ©railles nationales. Elle est enterrĂ©e au cimetière du Père-Lachaise Ă  Paris.

(Source Wikipédia)

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