Ernest Hébert : Italiennes modèles - Musée d’OrsayJusqu’au 19 juillet 2009 par Nicole Salez, dimanche 19 avril 2009 Dans le cadre du centenaire de la mort du peintre Ernest Hébert (1817-1908), le musée d’Orsay s’est joint aux deux musées Hébert – à La Tronche (Isère) et à Paris pour proposer une exposition autour d’un thème particulièrement cher à l’artiste : la représentation des paysans italiens. Dans leur costume traditionnel, les modèles vivants ont un charme presque "exotique", voire sauvage.
|

Ernest Hébert (1817-1908) et les paysans du Latium
En 1853, à trente-six ans, peintre reconnu par la critique parisienne et les autorités, Ernest Hébert ressent un besoin inextinguible de fuir Paris et ses mondanités. Il répond avec joie à la proposition de ses amis paysagistes, Édouard Imer et Eugène Castelnau, d’entreprendre un périple qui doit les mener de Marseille à Naples. Hébert et ses compagnons s’attardent dans les villages des monts Simbruini, où les paysannes portent le costume traditionnel, ainsi que le relate avec une certaine allégresse un journal écrit à trois mains.

Ces villageoises au port altier, dont la beauté leur évoque l’Antique, montrent une dignité émouvante, vivante et sensible bien qu’elles soient marquées par une vie rude. “Il est vrai que je suis partout impressionné par les têtes aux regards profonds et froids qu’on ne trouve que dans les pays du soleil, la misère y a des accents de fierté et de calme antique inconnus chez nous.” écrit-il. Il observe avec fascination la réalité quotidienne et atteint dans ces lieux d’altitude, sauvages et retirés, qui ne sont pas sans lui rappeler son Dauphiné natal, une sérénité qui lui permet de dépasser ses doutes et le conduit à une maturité rayonnante.

Né en plein romantisme, Ernest Hébert commence sa carrière avec la percée du réalisme. Le jeune grenoblois est alors destiné à reprendre l’étude notariale de son père. Les cours de son professeur particulier, Benjamin Rolland, élève de David et conservateur du musée de Grenoble, révèlent ses dispositions précoces. Après une formation classique à l’Ecole des Beaux-arts de Paris où il remporte le Grand Prix de Rome de peinture historique, il accède à la notoriété avec La mal’aria au Salon de 1850.
Un bel avenir s’ouvrant devant lui, il partage son temps entre la France et l’Italie, où il a été deux fois directeur de l’Académie de France à Rome. Parallèlement, il devient un portraitiste recherché de la haute société parisienne du Second Empire puis de la Troisième République. Toutefois, c’est en Italie qu’il trouvera ses sujets de prédilection en peignant des scènes de la vie paysanne empreintes d’un réalisme mélancolique. Cette exposition illustre ainsi la période la plus inspirée et la plus heureuse de la carrière du peintre.

Italiennes modèles : Hébert et les paysans du Latium
7 avril - 19 juillet 2009
Musée d’Orsay (Galerie permanente de dessin)
1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris.
Ouverture de 9h30 Ã 18h le mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche ; de 9h30 Ã 21h45 le jeudi. Fermeture tous les lundis.
Plein tarif : 8 € - Tarif réduit : 5,50 € - Gratuit pour les moins de 18 ans
Lire également :
Voir l’Italie et mourir - Musée d’Orsay