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Expositions

Musée des arts décoratifs

Exposition : Sculpter le bois et la terre

Julian Schwarz et Nicholas Rena

par Nicole Salez, samedi 20 juin 2009

Avec l’exposition "Sculpter le bois et la terre ", le musĂ©e des arts dĂ©coratifs rĂ©unit deux crĂ©ateurs anglais hors du commun : le sculpteur sur bois Julian Schwarz et le cĂ©ramiste Nicholas Rena. Jusqu’au 4 octobre 2009.
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Nicholas Rena, The Intended (détail de l’installation à la Scottish Gallery, musée de Birmingham, GB), 2008 - Céramiques peintes et polies - H environ 80 cm © DR

Julian Schwarz, Bull Nosed vessel, 2008 - Nicholas Rena, The Ecstasy of St Teresa (détail de l'installation pour le Jerwood Prize), 2008
Julian Schwarz, Bull Nosed vessel, 2008 - Nicholas Rena, The Ecstasy of St Teresa (détail de l’installation pour le Jerwood Prize), 2008

Les deux artistes dialoguent avec leur maîtrise de matériaux très différents dans une même rigueur de la forme, un sens aigu du dessin, un même amour de la force et du silence. Ils ont fait de l’épure, du dépouillement, du surdimensionnement et d’une volonté sculpturale les principaux atouts de leur pratique. Dans une coïncidence esthétique certaine, mais avec des moyens différents, Julian Schwarz et Nicholas Rena cherchent une nouvelle place pour la notion d’objet d’art aujourd’hui, l’un en s’appropriant un savoir-faire ancestral et le " "hors-temps" propre à l’artisanat, l’autre en interrogeant de façon critique la culture du design et la place toujours plus grande accordée aux objets dans le champ de l’art.

Julian Schwarz, Two Handled, 2005 - Sycomore - H 25 x L 65 x l 35 cm © DR
Julian Schwarz, Two Handled, 2005 - Sycomore - H 25 x L 65 x l 35 cm © DR

Julian Schwarz

Julian Schwarz (nĂ© en 1949 Ă  Birmingham, Grande-Bretagne) Ă©tudie la sculpture Ă  la Slade School of Art de Londres, au dĂ©but des annĂ©es 1970. Entre l’influence de son père peintre et celle de son grand-père charpentier, il se passionne pour le travail du bois. Il commence Ă  travailler sur des formes complexes inspirĂ©es par la tradition des architectures de bois au Japon et la virtuositĂ© de la haute Ă©bĂ©nisterie. En 1990, Julian Schwarz et France, son Ă©pouse française rencontrĂ©e Ă  Londres, s’installent près de Paris. Au dĂ©but des annĂ©es 2000, l’artiste recentre sa pratique sculpturale autour d’une approche de la fonction, rĂ©duisant volontairement son registre formel aux contenants, urnes, bols, bassins, coupes plates ou profondes. Ces pièces inhabituelles par leur taille et leur poids (entre 20 et 50 kg) sont inspirĂ©es par l’art populaire, les sarcophages antiques, les sculptures et architectures du moyen-âge. En accord avec les gestes et les outils, l’intention conceptuelle de Julian Schwarz se focalise sur les notions de soliditĂ© et d’énergie, combinĂ©es Ă  un jeu de forces rĂ©parties de façon cohĂ©rente. Les formes peuvent naĂ®tre d’une gĂ©omĂ©trie adoucie, mais elles sont aussi très organiques, « corporelles » mĂŞme dans leur Ă©paulement, leur panse ou leurs anses. Les tonalitĂ©s des diffĂ©rentes essences de bois utilisĂ©es, les veinures, fissures et taches naturelles marquant les Ă©tapes de croissance entre le cĹ“ur et l’aubier (la partie juste sous l’écorce) composent pour le regard un paysage noble et chaleureux, d’une prĂ©sence austère mais rassurante. Aujourd’hui, Julian Schwarz dĂ©veloppe un propos sincère autour de cette Ă©nergie vitale qui le pousse Ă  produire des « vaisseaux plutĂ´t que de la vaisselle. (…) Pourquoi des vaisseaux ? Comme objets enveloppants, ils sont les Ă©chos des commencements ; en tant que contenants, ils reflètent aussi nos conclusions sur terre. Entre ces deux extrĂ©mitĂ©s, la corne d’abondance et la cruche Ă  eau nous soutiennent… » L’exposition Sculpter le bois et la terre constitue la première prĂ©sentation de l’œuvre de cet artiste dans une institution française.

Nicholas Rena, The Intended (détail de l'installation à la Scottish Gallery, musée de Birmingham, GB), 2008 - Céramiques peintes et polies - H environ 80 cm © DR
Nicholas Rena, The Intended (détail de l’installation à la Scottish Gallery, musée de Birmingham, GB), 2008 - Céramiques peintes et polies - H environ 80 cm © DR

Nicholas Rena

Nicholas Rena (nĂ© en 1963 Ă  Londres, Grande-Bretagne) s’est formĂ© prĂ©alablement Ă  l’architecture Ă  l’UniversitĂ© de Cambridge. Il entre ensuite au Royal College of Art Ă  Londres, dĂ©partement cĂ©ramique, dont il sort diplĂ´mĂ© en 1995. Il se fait remarquer au dĂ©but des annĂ©es 2000 sur la scène internationale avec ses premiers grands objets en faĂŻence rĂ©alisĂ©s par moulage et teintĂ©s après cuisson avec des encres typographiques, en tonalitĂ©s sombres et nuagĂ©es. Il dit chercher Ă  produire des « objets de silence », comme des « lieux » conçus comme des « extĂ©rieurs avec un intĂ©rieur ». Nicholas Rena s’intĂ©resse au NĂ©oplasticisme de Ben Nicholson en Grande-Bretagne, au Purisme d’AmĂ©dĂ©e Ozenfant et de Le Corbusier, prĂ©conisant un retour Ă  l’ordre. L’univers formel de Fernand LĂ©ger le captive Ă©galement pour sa façon « sĂ©vère mais très tendue de l’intĂ©rieur » d’envisager le dessin des objets. Nicholas Rena dĂ©veloppe ses propres techniques de sculpteur-cĂ©ramiste. Il recherche ses formes comme un designer, en dessinant strictement, puis en fabriquant des prototypes rĂ©alisĂ©s en plâtre. Sur ces matrices posĂ©es Ă  l’envers, il estampe l’argile blanche jusqu’à obtenir l’épaisseur massive du volume qui constitue sa marque de reconnaissance visuelle. Après sĂ©chage, dĂ©moulage, perfectionnement des profils Ă  la lame du rasoir, la pièce est prĂŞte pour une cuisson n’excĂ©dant pas la tempĂ©rature de 1100°C. Après cuisson, l’artiste colore ses objets en appliquant Ă  froid de multiples couches de peinture acrylique, pour obtenir une texture grasse, semi-mate, dont l’éclat vif et retenu est comparable Ă  celui d’un vernis de laque de Chine, qui obture complètement la surface de terre cuite. En 2008, Nicholas Rena a Ă©tĂ© l’un des laurĂ©ats du Jerwood Prize, qui rĂ©compense les meilleurs artistes anglais dans les domaines des arts visuels et des arts appliquĂ©s. Il a conçu Ă  cette occasion une installation composĂ©e de huit impressionnants pichets et coupes aux couleurs vives assemblĂ©s en quatre paires, pour une interprĂ©tation abstraite du rĂ©cit de l’extase mystique de Sainte ThĂ©rèse. Le crĂ©ateur interroge la place qu’occupe encore le sacrĂ© au coeur de la pratique artistique actuelle. Pour la galerie d’actualitĂ© du musĂ©e des Arts dĂ©coratifs, Nicholas Rena prolonge cette thĂ©matique du don et de l’offrande par une installation inĂ©dite intitulĂ©e Action primaire, rĂ©alisĂ©e spĂ©cialement pour sa première exposition dans une institution française.

- Commissariat : FrĂ©dĂ©ric Bodet, assistant de conservation - DĂ©partement moderne et contemporain - musĂ©e des Arts dĂ©coratifs.


- Sculpter le bois et la terre : Julian Schwarz et Nicholas Rena
- Du 11 juin 2009 au 4 octobre 2009
- MusĂ©e des arts dĂ©coratifs
- 107, rue de Rivoli, 75001 Paris - TĂ©l. : 01 44 55 57 50
- M° Palais-Royal, Pyramides, Tuileries - Bus 21, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81, 95
- Ouvert du mardi au vendredi de 11 h Ă  18 h (nocturne le jeudi jusqu’à 21 h) - samedi et dimanche de 10 h Ă  18 h
- Tarifs : 8 € - 6,5 €

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