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Le Prix Nobel de la paix 2009 sera remis au président Barack Obama le 10 décembre prochain à Oslo (Norvège). L’occasion de rendre hommage aux douze femmes qui ont reçu cette prestigieuse récompense depuis sa création en 1901. La dernière en date : Wangari Muta Maathai (Kénya), en 2004.
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Des cinq prix Nobel [1], celui de la paix, dernier mentionné dans le testament de son créateur, est peut-être le plus prestigieux. En tout cas, celui qui suscite le plus d’émotions à travers le monde. Alfred Nobel stipulait qu’il devait être décerné "à la personnalité [2]qui aura le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix". Qui plus est, il était prévu que dans la famille des prix Nobel, celui de la paix ferait l’objet d’un traitement à part. Tandis que ses frères devaient être décernés par des institutions suédoises, l’honneur de désigner les lauréats du Prix Nobel de la paix, revenait à un comité indépendant nommé par l’assemblée nationale norvégienne, le Storting. [3] Depuis 1901, date de la création du prix, le comité Nobel norvégien, constitué de cinq personnes, s’est attaché à satisfaire les dernières volontés d’Alfred Nobel. Cependant, le constat est rude : peu de femmes au panthéon des nobelisés de la paix !


Le choix des récipiendaires aurait-il été influencé par cet a priori que l’on perçoit au dos de la médaille qui leur est remise à travers les trois hommes représentés ? [4] Toujours est-il que douze femmes seulement ont été récompensées par le Prix Nobel de la paix depuis 1901. Douze femmes sur les 40 qui, jusqu’à aujourd’hui, ont reçu le Nobel dans différentes catégories. Elles ont pour nom : Bertha von Suttner (1905), Jane Addams (1931), Emily Greene Balch (1946), Betty Williams et Mairead Corrigan (1976), Mère Teresa (1979), Alva Reimer Myrdal (1982), Aung San Suu Kyi (1991), Rigoberta Menchú (1992), Jody Williams (1997), Shirin Ebadi (2003), Wangari Muta Maathai (2004). De différentes nationalités, classes, confessions - il y a aussi des libres penseurs - ces femmes présentent des profils et des approches diverses. A chacune son chemin de la paix. Qu’il s’agisse de désarmement, de mines antipersonnel, de rapprochement des peuples, de démocratie, de droits de l’homme (et de la femme !), de violence au quotidien, de réforme sociale, d’aide humanitaire ou de développement durable. Les traits communs de ces héroïnes ? Leur détermination et leur courage d’abord, mais aussi, dans des époques et des sociétés peu favorables à leur progression, une lutte plus ardente par rapport aux hommes. Au point, pour certaines, d’avoir subi (ou de subir encore) des menaces pour leur sécurité. Rendons hommage à ces femmes d’exception, aux parcours fascinants, qui, parfois, ont partagé le prestigieux prix Nobel de la paix avec des hommes.
[1] Prix Nobel de physique, de chimie, de physiologie ou médecine, de littérature et de la paix.
[2] homme ou femme
[3] Plusieurs raisons expliquent ce choix de la Norvège. A l’époque de la rédaction du testament, la Norvège était encore liée au sein de l’union avec la Suède, et le Storting avait déjà montré, au travers de mesures politiques concrètes, la modernité de ses idées à propos de la paix, soutenant par exemple les principes du désarmement et de l’arbitrage pour éviter l’escalade des conflits et leur transformation en hostilités déclarées.
[4] La médaille en or du Nobel de la paix a été créée par le sculpteur norvégien Gustav Vigeland, l’auteur des 212 sculptures qui occupent le fameux Parc Vigeland à Oslo, également conçu par lui.