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Le cru 2012 du Festival Flamenco de Nîmes semble très intéressant entre découverte et valeurs sûres. Voici un aperçu non exhaustif du programme.
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Ce festival de Nîmes 2012 sera placé sous le génie tutélaire du grand disparu de l’année 2011, MoraÃto. Tous les ans, ce guitariste était là avec tel ou tel artiste. Comment oublier ce « Sin Frontera » de Miguel Poveda, où MoraÃto tenait la guitare aux côtés de Chicuelo. Il était revenu, l’année dernière, pour un spectacle bien à lui. Chacun avait pu apprécier son talent, son humanité et sa gentillesse. Sans le connaître vraiment, sa mort a été aussi douloureuse que celle d’un ami. Il avait su lier une relation avec chacun de ses auditeurs-spectateurs. Ce dernier concert était plein d’une grâce étrange, raisonnant comme un adieu.

Le même festival avait proposé « Vamos al Tiroteo » de Rafaela Carrasco, hommage à la grande danseuse des années 30, La Argentina. Comme un clin d’Å“il, l’affiche de cette année est l’Å“uvre de Vicente Escudero, pareja occasionnelle de cette bailaora mythique, soliste mondialement connu, premier bailaor à danser la siguiriya, chorégraphe, écrivain, peintre et dessinateur. A l’image de ce touche-à -tout de génie, ce festival sera complet, divers et varié. Les tenants du classicisme, les amoureux de la modernité, les thuriféraires du chant gitan et les inconditionnels du cante payo y trouveront leur compte. Quant à ceux qui ont l’esprit large, ils seront heureux et rassasiés tous les soirs.
Pour les admirateurs du chant gitan, il y a non seulement l’embarras du choix, mais encore le frisson de la découverte. La découverte viendra avec « De tangos et jaleos », spectacle des gitans d’Extremadura, région peu connue pour son flamenco car coincée entre l’Andalousie et le Portugal. La plus connue du groupe est La Kaita qu’on a pu voir dans « Vengo » de Tony Gatlif. Elle y chante dans une taverne, à une table avec des copains. Son chant impose peu à peu le silence et les gardes civils, qui buvaient derrière dans un brouhaha monstre, se lèvent et se rassemblent autour d’elle pour l’écouter. Jose de la Tomasa ou Ines Bacan, beaucoup plus connus, ont gagné leurs lettres de noblesse depuis longtemps sur la scène internationale.

Le Sévillan Jose de la Tomasa, âgé de 60 ans, est un des dépositaires du grand chant, qui peut se résumer en quatre mots, solea, siguiriya, tientos et bulerias. Puissance, rigueur et finesse le caractérisent. Ines Bacán est le flamenco même, elle chante la douleur et la difficulté de vivre. On pourra l’écouter et dans le dernier spectacle d’Israël Galván « La Curva » et en concert acoustique. Jose de La Tomasa et Ines Bacán seront accompagnés par le plus gitan des payos Antonio Moya.
Théâtre de Nîmes
1 place de la Calade
L’Odéon
7, rue Pierre Semard
Prix des places : de 32 € à 16 €, en fonction des spectacles.
Réservations :
Tél. 04 66 36 65 10
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