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Her Story - Exposition de femmes

Photographies et textes calligraphiés de Yi-ping Pong

par Nicole Salez, lundi 4 janvier 2010

"Her Story" est un travail original de trois ans accompli par la photographe et artiste ta√Įwainaise Yi-ping Pong et qui r√©sulte d’une r√©flexion autour du statut de la femme dans le monde. A l’occasion de la pr√©sentation √† la galerie Hautefeuille, √† Paris, de certains de ces clich√©s, nous publions les textes calligraphi√©s qui les accompagnent.
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"Her Story" - La femme et sa fille / Inde, 1999 - Photo de Yi-ping Pong
"Her Story" - La femme et sa fille / Inde, 1999 - Photo de Yi-ping Pong

[sommaire]

"Her Story"

"Her Story", ce sont des dizaines de photographies de femmes prises dans douze pays ; c’est aussi une exposition prim√©e √† Ta√Įwan, un livre publi√©, une exposition et un livre pr√©vus en Chine. Par ce travail, Yi-ping Pong a souhait√© rendre hommage √† cette moiti√© de l’humanit√© qui, encore aujourd’hui, est loin de peser pour moiti√© dans les affaires de ce monde. Une histoire, r√©dig√©e et calligraphi√©e par Yi-Ping Pong, accompagne chaque clich√© et en accentue ainsi le caract√®re unique. Tout, du contenu au contenant, t√©moigne de la singularit√© de sa d√©marche.

"Her Story" est une oeuvre qui s’articule autour de la notion de vie. Elle r√©sulte d’une large r√©flexion autour du statut de la femme dans le monde. Intimement li√© √† l’histoire de l’artiste, le projet "Her Story" trouve son origine dans les exp√©riences de vie et les obstacles rencontr√©s par Yi-ping Pong. Mais c’est au cours de ses voyages, lors de ses rencontres avec des femmes que se cristallise la volont√© de traiter d’une histoire de la femme dans le monde. « Her Story » est la r√©action √† un constat fait par Yi-ping Pong : la quasi-inexistence d’une histoire f√©minine, jusqu’alors bas√©e sur des pr√©jug√©s et des codes √©tablis par des hommes. √Ä travers le reportage photographique et la litt√©rature de voyage, Yi-ping Pong pose un regard novateur sur les femmes √† travers le monde. Elle nous fait p√©n√©trer dans l’intimit√© de ces femmes et √©tablit avec tendresse et humilit√© le r√©cit de vies, de r√™ves et d’espoirs. Mais bien plus qu’un √©ventail d’histoires, elle rend compte d’une histoire universelle de la femme qui d√©passe les fronti√®res, la religion ou encore le niveau social.

En capturant ces instants de vie, elle redonne une voix et un moyen d’expression √† ces femmes tout en d√©non√ßant le mal silencieux dont elles souffrent. Yi-ping Pong souhaite √† travers « Her Story » nous alarmer sur le sacrifice de ces femmes et leurs conditions de vie, tout en transmettant un message d’espoir et de courage quant √† la possibilit√© d’un changement futur.

« Her Story » a d’abord pris la forme d’une chronique dans l’√©dition chinoise de Marie Claire avant de devenir un livre. L’exposition qui en est le prolongement, est pr√©sent√©e pour la toute premi√®re fois √† Paris au sein de la galerie Hautefeuille.

L’exposition « Her Story » se distingue dans sa d√©marche. Elle se pr√©sente sous la forme de trois triptyques s’articulant autour de trois th√©matiques : la m√®re, la femme au travail et la femme et son r√™ve. Yi-ping Pong r√©alise un kal√©idoscope sensible de la femme dans le monde. √Ä travers ces instants choisis, Yi-ping Pong raconte sa propre histoire, celle de ses rencontres et de son ressenti face √† ces femmes mais aussi celle de ses propres espoirs et aspirations.

Les textes calligraphiés de Yi-ping Pong

Femmes au travail

18 : La femme au marais salant / S√©n√©gal, 2005

Je suis Agn√®s, arriv√©e au village de Gandiol √† dix huit km au Sud de St-Louis. Ce village compte moins de quatre cents √Ęmes, des femmes √† 75%, et chacune d’elles √† partir de l’√Ęge de cinq ans, qu’elle aille ou non √† l’√©cole, doit se rendre aux marais salants pour travailler le sel, le ramasser, le faire s√©cher. A quarante deux ans, Agn√®s a d√©j√† pass√© pr√®s de quarante ann√©es dans les marais. Chaque matin √† l’aube, elle se penche vers le sol, sous le soleil ardent, dans l’humidit√© du marais, pour ramasser √† deux mains ce sel de valeur. Quelques heures plus tard, √† cause du contact prolong√© avec le sel, les gants et les chaussures commencent √† se fendre, le sel s’infiltre dans la peau et forme une pellicule de couleur jaune. R√©colter le sel est un travail √©reintant, mais Agn√®s ne se plaint pas, et elle transmettra √† sa fille cette tradition de r√©colte du sel √† la main.

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En r√©alit√©, les habitants de Gandiol ont mis au point cette fa√ßon particuli√®re de r√©colter le sel il y a deux cents ans environ, et comme le sel marin de cet endroit est tr√®s riche en vitamines et oligo-√©l√©ments, il est devenu tr√®s pris√© dans tout le S√©n√©gal. Tous les habitants en vivent, et ils transmettent √† leurs filles cet art de r√©colter le sel. Mais ces derni√®res ann√©es, face √† la concurrence de sels produits en grande quantit√© et bon march√©, et √† cause d’une nouvelle l√©gislation qui restreint la vente du sel de Gandiol, te revenu de ses habitants a baiss√©, et Agn√®s, tr√®s inqui√®te, m’a dit : « Aujourd’hui, notre revenu ne suffit plus √† nous nourrir, sans parler de l’√©ducation de nos enfants. -, Je ne pus m’emp√™cher de lui demander :

« Ne pourriez-vous pas changer d’activit√© ? » Elle r√©pondit d’un air d√©sesp√©r√© : « Mais que pouvons-nous faire d’autre que ramasser le sel ? » Par rapport aux riches marchands de sel de la Chine ancienne, puis-je faire autre chose que pousser un grand soupir face au destin de ces femmes qui r√©coltent le sel ?

23 : La plongeuse de L’√ģle de Jeju / Cor√©e, 2005

Les femmes prennent la mer, tandis que les hommes restent au port en agitant les banni√®res de chamanisme et prient le dieu de la mer pour que leurs √©pouses reviennent saines et sauves. Quelques heures plus tard, Les hommes sont √† nouveau sur le quai attendant leur retour. Une femme √Ęg√©e de 70 ans, apr√®s un dur labeur en mer, et malgr√© son allure ch√©tive, a encore la force de d√©poser sur le quai des sacs d’algues de plus de dix kilos et de les rapporter √† la maison.

Depuis la nuit des temps, l’√ģle de Jeju est touch√©e par les catastrophes naturelles et les hommes doivent souvent partir faire la guerre. C’est donc sur les femmes que repose la responsabilit√© des familles. L’√Įle est rocheuse, les terres cultivables extr√™mement limit√©es, et les femmes doivent plonger dans la mer et ramasser des algues pour vivre. C’est ainsi que les plongeuses de l’√ģle de Jeju sont appel√©es « Haenyo » par les habitants de la r√©gion, ce qui signifie « femmes de la mer ». Leurs scaphandres noirs, leurs Lunettes de plong√©e blanches et leurs flotteurs blancs sont devenus des signes distinctifs. En 1997, au moment de la crise financi√®re asiatique, le gouvernement cor√©en a utilis√© le slogan « Prenons exemple sur les plongeuses de l’√ģle de Jeju ». les efforts de ces femmes, ainsi que leurs silhouettes affrontant le froid, le vent et la pluie, sont devenus le fossile vivant de la culture cor√©enne et un symbole de l’esprit national.

De nos jours, apr√®s plusieurs d√©cennies de paix et de prosp√©rit√©, les plongeuses sont de moins en moins nombreuses, et les jeunes pr√©f√®rent choisir un travail moins dur. La plupart des plongeuses de l’√ģle de Jeju ont d√©pass√© les soixante dix ans, et cette page d’histoire, √©crite avec leurs corps, leurs larmes et leur sang, dispara√ģtra-t-elle avec elles ?

24 : La femme du port de p√™che / S√©n√©gal, 2005

Le soleil vient √† peine de poindre √† l’horizon que la jeune m√®re Nana r√©veille sa fille, et toutes deux se rendent au plus grand port de p√™che du S√©n√©gal, Guet N’Dar, pour une nouvelle journ√©e de travail. √Ä l’aube, la plage de Guet N’Dar est recouverte d’une fum√©e blanche, accompagn√©e d’une odeur sal√©e et √Ęcre de poisson. Nana ramasse les poissons vendus rest√©s de la veille, coupe leur t√™te et les vide avec soin. Elle les place ensuite dans des bassines de soupe bouillante, en agitant √©nergiquement avec un b√Ęton jusqu’√† ce que le potage devienne brun et √©pais. Elle demande √† sa fille dont les yeux sont encore ferm√©s de surveiller ce pot de poissons, et se h√Ęte d’employer ce temps √† ramasser √† la surface de la soupe les poissons se trouvant dans les autres bassines. Elle les range soigneusement sur un cadre m√©tallique afin qu’ils refroidissent, et s√®chent ensuite. Plus tard, Nana les saupoudre de gros sel pour en faire des poissons sal√©s, ou bien encore les enduit de gros sel et les fait cuire avec de la chapelure de millet afin de les fumer.

C’est au port de p√®che de Guet N’Dar que se rassemble la population la plus pauvre du S√©n√©gal. Pour les femmes qui s’y trouvent, m√™me apr√®s le coucher du soleil, le travail de la journ√©e n’est pas termin√©. J’essaie de fixer les ombres et les lumi√®res de ces femmes au travail par petites touches comme dans une peinture impressionniste, pour leur rendre hommage.

Mères

04 : La femme-girafe de La tribu Karen / Thailande, 2006

Les Karen sont une tribu minoritaire en Tha√Įlande, la seule qui ait une forme de soci√©t√© matriarcale, c’est-√†-dire dans laquelle toutes les affaires, de l’√©conomie du village √† l’√©ducation des enfants, sont confi√©es aux femmes. Et c’est pour √©viter que leur enfant ne quitte le village ou se marie avec un membre d’une autre tribu que les parents ont pris pour habitude, depuis de nombreuses ann√©es, de passer des anneaux de bronze au cou de leur fille d√®s qu’elle atteignait l’√Ęge de cinq ans. D’autres anneaux sont ajout√©s √† mesure que la fille grandit et que sa morphologie √©volue, les filles ayant le plus grand nombre d’anneaux √©tant les plus respect√©es.

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03 : La femme du village Mea Shearim / Isra√ęl, 2006

Je marche dans la rue, et plus j’avance, plus elle me semble d√©serte. Ce lieu est rarement visit√©, et les murs de ciment qui encadrent le village me font l’effet de constructions provisoires. Des √©criteaux omnipr√©sents rappelent en gros caract√®res rouge et noir, que les femmes qui entrent ou sortent se doivent de respecter les habitants et ainsi se plier aux exigences vestimentaires du juda√Įsme orthodoxe : « Interdiction de porter des v√™tements pr√®s du corps, interdiction de porter des manches courtes, interdiction de porter des pantalons,... ». Et m√™me lorsque je tente de d√©tourner mon regard de ces √©criteaux, j’aper√ßois de grands murs d’enceinte, parfois surmont√©s de fils de fer qui leurs donnent des allures de camp nazi, ce qui me surprend fortement.

Une habitante me dit : « Avant l’√Ęge de trente ans, tous les hommes doivent avoir √©tudi√© le Talmud et les vingt quatre livres de la Bible h√©bra√Įque ». D’apr√®s les coutumes du juda√Įsme, se marier est un devoir religieux, car un homme qui n’est pas mari√© n’est pas consid√©r√© comme un vrai homme. Les femmes, quant √† elles, doivent √™tre mari√©es √† l’√Ęge de vingt ans environ. C’est pour cela qu’avant qu’un homme n’ait atteint les trente ans, c’est la femme qui est responsable des d√©penses du m√©nage. Non seulement ces femmes doivent se sacrifier pour que les hommes poursuivent leurs √©tudes, mais elles doivent √©galement accepter d’√™tre enceintes √† r√©p√©tition. Selon les extr√©mistes du juda√Įsme, une femme doit enfanter au moins quinze fois, le mieux √©tant d’arriver √† trente, et c’est seulement ainsi que le mariage est consid√©r√© comme « normal » ! Les femmes enceintes sont l’image la plus courante du village Mea Shearim et elles sont tr√®s appr√©ci√©es.

Par cette photographie, je voudrais exprimer les diff√©rents sentiments de la femme enceinte : la joie, le devoir, ou la tristesse. Ces femmes demeurent sous la domination des hommes, et, dans une soci√©t√© qui ne se pr√©occupe que de descendance, elles deviennent des outils √† enfanter priv√©s de la libert√© de penser et de se mouvoir. Alors qu’est c√©l√©br√©e la grandeur des m√®res, La vie de ces femmes est en r√©alit√© cadenass√©e √† jamais !

14 : La femme et sa fille / Inde, 1999

C’est une photographie que je ne peux oublier.

La femme, qui m√®ne une vie de vagabonde, encourage son enfant amorphe, assis par terre le regard voil√©, √† se mettre debout. L’enfant aux jambes ch√©tives, s’efforce de r√©pondre au souhait de sa m√®re, il tombe, se rel√®ve, tombe encore et se rel√®ve √† nouveau pour finalement se tenir debout en s’appuyant sur l’√©paule de sa m√®re. A ce moment pr√©cis, la m√®re l√®ve la t√™te, se tourne vers moi, silencieuse, son bonheur, sa fiert√© d’√™tre m√®re illuminent alors son visage.

La femme et son rêve

01 : La sauvageonne / Cor√©e, 2005

Cette jeune fille de S√©oul, court comme un lapin. Elle joue dans le parc olympique avec la planche √† roulettes qu’elle a bricol√©e de ses propres mains. Sa vitalit√©, sa libert√© et son air farouche sont ceux du personnage principal du film « My Sassy Girl » de Kwak Jae-young. Son physique et son expression sont totalement diff√©rents de ceux des femmes cor√©ennes mari√©es, qui jouent le r√īle de bonne m√®re et d’√©pouse digne. Tous les Cor√©ens que j’ai pu rencontrer, hommes ou femmes, m’ont dit qu’ils avaient vu ce film, et qu’ils l’avaient beaucoup appr√©ci√© ! Et lorsque j’ai demand√© √† une femme pourquoi ce film lui avait plu, elle m’a donn√© cette r√©ponse √©trange : « C’est tellement dr√īle de voir une femme battre un homme ! » La mont√©e de la conscience f√©ministe en Cor√©e du Sud peut-elle provenir de l’impact du cin√©ma populaire ? Si la diff√©rence entre le cin√©ma et la vie r√©elle devient de moins en moins nette, qu’en sera-t-il de la soci√©t√© cor√©enne √† l’avenir ?

06 : Mariska Majoor / Pays-Bas, 2006

C’est √† l’√Ęge de seize ans que Mariska Majoor, aujourd’hui √Ęg√©e de trente six ans, commen√ßa √† se prostituer, et ce pour acheter un chien. Lorsque son p√®re eu connaissance de son choix, il resta d’abord muet, jusqu’√† ce qu’il apprit, voil√† une dizaine d’ann√©es, que sa fille avait fond√© un centre d’information pour les prostitu√©es, dans le but de les aider √† faire reconna√ģtre leurs droits. Il se mit alors √† peindre une s√©rie de tableaux intitul√©e « Le quartier chaud », utilisant ce moyen pour exprimer les sentiments qu’il avait pour son enfant.

Sous le pinceau de Jaap Majoor √©clatent les couleurs du quartier « chaud », mais les femmes peintes un froncement de sourcil inquiet sur leur visage, avec une posture craintive et lascive, sont aux antipodes de ces prostitu√©es que j’ai vues, souriantes, physiquement actives, mais aussi de Mariska Majoor poss√©dant une mine enjou√©e. Mais comme elle est attentive √† l’amour que son p√®re lui porte, elle conserve ces peintures dans son centre et s’en est servie pour illustrer deux ouvrages sur » le travail du sexe » qu’elle a d√©j√† publi√©s.

En d√©pit des conseils prodigu√©s chaque ann√©e √† plus de vingt cinq mille personnes de tous horizons, ce centre d’information pour les prostitu√©es n’a jamais r√©ussi √† obtenir une quelconque subvention des autorit√©s ou de la soci√©t√© civile, mais se maintient n√©anmoins depuis plus de dix ans.

Avec cette photographie, je voudrais r√©v√©ler la vie de Mariska Majoor, donner √† voir les diff√©rentes facettes de la femme dans le monde, ainsi que les aspects culturels de prises de positions diverses : la femme authentique et la femme artificielle, la putain et la m√®re, la combattante des Droits de l’homme et la marchandise sexuelle.

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12 : La femme et son r√™ve / Ta√Įwan, 2005

Au cours de l’hiver 2000, Li Chih-che se rendit pour la premi√®re fois √† l’√ģle des Orchid√©es (Lanyu). D√®s son arriv√©e, elle eut l’impression que c’√©tait un endroit d√©sert dans lequel m√™me les oiseaux ne pondaient pas d’oeufs. Elle logea dans le seul h√ītel de l’√ģle √† l’√©poque, « L’auberge des Orchid√©es », un dortoir pour vingt personnes, avec des armoires et des toilettes remplies de vers de terre. L’√©picerie ne vendait que des biscuits p√©rim√©s, et elle ne pensait pas qu’elle finirait par aimer cet endroit au point d’y rester cinq ans. Et parce qu’elle ne m√Ęchait pas de noix de b√©tel et qu’elle ne buvait pas d’alcool, les habitants de l’√ģle se moquaient d’elle en la traitant de « femme styl√©e ».

Comme les femmes de la tribu aborig√®ne Yami, habitante de l’√ģle des Orchid√©es, partaient pour un meilleur avenir dans les grandes villes de Ta√Įwan, de plus en plus d’hommes √©taient confront√©s au grave probl√®me de ne pas trouver d’√©pouse. Quant √† Li Chih-che, une fille n√©e √† Ta√Įwan de parents venus du continent chinois, elle d√©cida de se lier √† un aborig√®ne de l’√ģle des Orchid√©es et d’y prendre racine pour y mener la vie qu’elle souhaitait. Li Chih-che, toujours entre l’oc√©an et la montagne, avait d√©j√† parcouru Ta√Įwan en tous sens, et bien qu’elle eut trouv√© le terrain de ses r√™ves au bord de la mer √† Taitung et projetait d’y faire √©lever un atelier de peinture et un caf√©, elle dut abandonner ce projet parce que le terrain avait finalement √©t√© destin√© √† la construction d’un temple ! Avec son mari, nait alors un d√©sir commun : ouvrir une maison d’h√ītes sur l’√Įle des Orchid√©es. « Il faut qu’elle ait le caract√®re de l’√ģle des Orchid√©es, mais sans √™tre trop traditionnelle », Li Chih-che exprime d’un air d√©cid√© leur r√™ve commun. « Il a fait des √©tudes de g√©nie civil, j’ai fait les Beaux-Arts, nous n’avons jamais fait construire de maison, mais nous souhaitons pourtant r√©aliser notre habitation de nos propres mains, une maison qui int√®gre la civilisation aborig√®ne, l’art de vivre de l’√ģle des Orchid√©es, et qui soit belle esth√©tiquement. Exigeant la perfection, nous avons pass√© une ann√©e √† transporter de gros basaltes de la montagne ou de cimenteries abandonn√©es pour les murs ext√©rieurs de la maison. Nous avons pr√©vu une salle pour exposer des oeuvres de jeunes ou moins jeunes artistes insulaires, et aussi un atelier pour les arts manuels de notre √ģle, en bref nous avons beaucoup de projets... » Soudain Li Chih-che s’emporterait presque, on a l’impression qu’elle voudrait que ce r√™ve se r√©alise imm√©diatement.


- Lire √©galement : Yi-ping Pong, photographe et artiste ta√Įwainaise

- "Her Story", Yi-ping Pong
- Du 3 d√©cembre au 10 janvier 2010
- Galerie Hautefeuille, 3, Rue Hautefeuille 75006 Paris, Tel : 01 40 51 87 31,
- ouverture : du mardi au samedi , de 14 √† 20h
- Acc√®s : M° Saint-Michel

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