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Cinéma

Entretien avec Xabi Molia

réalisateur du film "8 fois debout"

par Nicole Salez, mardi 13 avril 2010

"Huit fois debout", le film de Xabi Molia, sort sur les Ă©crans le 14 avril 2010. Entretien avec le rĂ©alisateur qui nous parle en particulier d’Elsa, son personnage principal, interprĂ©tĂ© par Julie Gayet aux cĂ´tĂ©s de Denis Podalydès. "J’avais envie de mettre en scène une femme qui se bat dans un monde pas forcĂ©ment fait pour elle", dit-il. Elsa est une femme seule avec un enfant. Face au chĂ´mage de masse, jusqu’Ă  quel point faut-il se renier pour trouver une place ? Jusqu’oĂą mentir et s’adapter pour se faire accepter ?
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Entretien avec Xabi Molia

 [1]

Vous ĂŞtes l’auteur de plusieurs romans, qu’est-ce qui vous a amenĂ© au cinĂ©ma ?

Je suis persuadĂ© que j’Ă©crirai toute ma vie, j’espère que je ferai d’autres films, mais je me dĂ©finis d’abord, mĂŞme si je ne suis pas sĂ»r que ce soit un mĂ©tier aux yeux du PĂ´le Emploi, comme un raconteur d’histoires. Ce qui m’a amenĂ© Ă  tourner un film, c’est la conviction que les rĂ©cits requièrent des supports d’expression diffĂ©rents. Certaines de mes histoires ont vraiment besoin de la littĂ©rature pour ĂŞtre racontĂ©es. Et je sens que d’autres ne pourront pas prendre forme sans le cinĂ©ma. Je ne saurais pas, par exemple, Ă©crire un roman dont l’intrigue se dĂ©roule en pleine nature, dans un monde sauvage. Les mots me manqueraient, et ça me paraĂ®trait très fabriquĂ©. Alors que le cinĂ©ma, dès qu’il est dans la nature, dans l’errance, me passionne. Depuis le dĂ©but, pour moi, Elsa - mon personnage principal - c’est un visage, un corps qu’on accompagne. Il fallait que je le voie, que je le rende visible.

Lorsque le film dĂ©bute, Elsa a dĂ©jĂ  eu une vie sentimentale, un enfant, sans doute du travail. Qu’est-ce qui fait que le mĂ©canisme s’est cassĂ© ?

J’avais envie de mettre en scène une femme qui se bat dans un monde pas forcément fait pour elle. Un personnage confronté à des difficultés très actuelles qui peuvent se présenter à tous. Je voulais filmer ces modes de vie, ou de survie, très vulnérables, dont on sait qu’ils peuvent se dérégler au moindre accident. Beaucoup de gens sont à l’abri, non pas de l’accident, mais de ses conséquences. Si ça se passe mal, des réseaux de solidarité, la famille, les amis, interviennent. Alors qu’Elsa est toute seule. Elle n’est pas protégée. Du coup, pour elle, la vie peut basculer à tout moment.

Julie Gayet, interprète Elsa dans "Huit fois debout"
Julie Gayet, interprète Elsa dans "Huit fois debout"

Elle ne ressemble en rien aux stéréotypes de la femme déchue, en rupture de ban.

J’ai voulu travailler sur une fragilitĂ© existentielle plus que sur une position sociale. Parler de ce sentiment de prĂ©caritĂ© qui se diffuse dĂ©sormais dans presque toutes les couches de la sociĂ©tĂ©. Beaucoup de gens connaissent ces angoisses : peur de la perte d’emploi, du domicile, et volontĂ©, malgrĂ© tout, de sauver les apparences. J’ai rĂ©alisĂ© d’abord un court-mĂ©trage, S’éloigner du rivage, dont le film est inspirĂ©, mais qui est beaucoup plus sombre, marquĂ© par une volontĂ© naturaliste. Et puis je me suis dit que ce travail-lĂ , ce n’était pas le mien. Il faut passer du temps sur le terrain, enquĂŞter, revendiquer un premier degrĂ©, aussi, et je n’ai pas ce tempĂ©rament. Cependant, j’ai grandi avec le spectre du chĂ´mage de masse, qui nous apparaissait comme une sorte de maladie honteuse. Je suis nĂ© dans un milieu plutĂ´t protĂ©gĂ©, mes parents me disaient que ça ne me concernait pas. Mais l’incertitude frappe partout, je la ressens mĂŞme chez des amis qui ont fait de longues Ă©tudes. Et j’ai pensĂ© qu’il fallait, en trouvant ma manière, que j’arrive Ă  parler de ça, de ces moments de l’existence oĂą chacun risque de dĂ©crocher. Ce qui est frappant, c’est la subtilitĂ© de l’évolution d’Elsa, qui avance par petites touches presque imperceptibles. Je voulais qu’on voie le personnage d’Elsa progresser, mais en suivant une trajectoire vraisemblable, faite de renoncements, d’allers-retours entre des attitudes contraires, et aussi de rĂ©sistance, d’indiscipline. Elsa se pose en fait la question du compromis : jusqu’à quel point faut-il se renier pour trouver une place ? Jusqu’oĂą mentir et s’adapter pour se faire accepter ? Et je voulais aussi Ă©viter un happy end intĂ©gral, dans lequel tout converge vers le bonheur, tout se rĂ©sout miraculeusement. Ă€ la fin de Huit fois debout, Elsa n’a pas forcĂ©ment trouvĂ© sa place, elle ne s’est pas transformĂ©e en gagneuse. Mais elle n’a plus honte d’elle-mĂŞme. Le bonheur ne passe pas ici par le changement de statut, ni par la modification des apparences, mais par un dĂ©placement interne qui fait qu’à travers ce qu’Elsa a vĂ©cu, elle a rĂ©glĂ© son rapport Ă  soi et son rapport aux autres, notamment Ă  son fils.

C’est aussi un film qui oscille entre plusieurs univers, dont des aspects de comédie. Ce mélange de genres n’est pas une spécificité très française…

Pendant longtemps, je ne me suis pas vraiment intĂ©ressĂ© au cinĂ©ma français contemporain. J’étais plus attirĂ© par des films venus d’ailleurs, des cinĂ©astes de la sobriĂ©tĂ©, iraniens, japonais… et aussi par un certain cinĂ©ma amĂ©ricain qui refuse un partage trop tranchĂ© entre des genres donnĂ©s. Je pense Ă  des films rĂ©cents comme Half Nelson ou Les Berkman se sĂ©parent, qui sont des drames avec une texture de comĂ©die. Au coeur des situations les plus dĂ©sespĂ©rantes se loge toujours quelque chose de dĂ©risoire et de potentiellement drĂ´le. Je n’avais pas envie de renoncer Ă  ce mĂ©lange. Parce que c’est de cette façon que je m’en sors dans la vie : quand il m’arrive une catastrophe, je me dis « Bon, mais au moins, quand je le raconterai, ce sera marrant ».

On pourrait facilement définir les personnages d’Elsa et de Mathieu comme des ratés, pourtant le regard que le film porte sur eux est d’une grande humanité, d’une grande tendresse.

J’aime les losers. Il y a en eux (je devrais dire en nous, parce qu’on se sent tous bien souvent membres de la confrĂ©rie) des choses qui me plaisent depuis toujours. Tout loser a envie de sortir de son Ă©tat et cette ambition est dĂ©jĂ  source de rĂ©cit. Mais en mĂŞme temps, les « beautiful losers » ont en eux quelque chose qui rĂ©siste, une obstination Ă  ĂŞtre « en dehors », Ă  faire les mauvais choix, parfois en connaissance de cause.

Denis Podalydès, de la Comédie Française, interprète le personnage de Mathieu dans "Huit fois debout"
Denis Podalydès, de la Comédie Française, interprète le personnage de Mathieu dans "Huit fois debout"

Est-ce Ă  dire qu’en fait ceux que la sociĂ©tĂ© considère comme des « ratĂ©s » n’en sont pas ?

Il y a des hommes et des femmes qui sont profondĂ©ment des victimes, qui Ă©voluent dans un univers au dĂ©part tellement hostile que c’est horriblement compliquĂ© pour eux de s’en sortir. Mais il existe aussi des gens qui vivent une forme d’Ă©chec dans lequel se formule une manière de rĂ©sistance. Le personnage de Mathieu est plus explicitement dans cette situation : il essaie lui aussi de s’intĂ©grer, et en mĂŞme temps il Ă©prouve un bien-ĂŞtre dans sa marginalitĂ©. Je voulais que la perception de Mathieu puisse Ă©voluer au cours du film, qu’il devienne sĂ©duisant dans le regard d’Elsa. Mathieu connaĂ®t une sorte de mĂ©tamorphose, discrète. Dans la forĂŞt, qui est l’un des lieux contemporains du dĂ©classement, lui, il se trouve plutĂ´t bien. Et il devient une sorte d’homme des bois, adaptĂ© Ă  cet environnement nouveau. Huit fois debout est rythmĂ© pas des entretiens d’embauche invariablement catastrophiques et en mĂŞme temps extrĂŞmement drĂ´les. J’ai toujours eu une fascination pour ce rituel de l’entretien d’embauche. C’est quelque chose de très cinĂ©matographique : un moment de comĂ©die oĂą chacun est installĂ© dans un rĂ´le mais oĂą pourtant personne n’est dupe. Je voulais voir comment les rĂ´les peuvent se fissurer, autant chez la personne interrogĂ©e que chez celle qui interroge. La DRH, par exemple, pendant l’entretien d’Elsa qui se passe le plus mal, est dans une forme d’inflexibilitĂ© ; on sent en mĂŞme temps qu’elle est contrainte par sa fonction Ă  une duretĂ© qui n’est pas la sienne. Ce dĂ©crochage entre ce qu’on est et ce qu’on doit avoir l’air d’ĂŞtre crĂ©e, chez mes personnages, un mensonge permanent.

Elsa passe en effet beaucoup de temps à mentir. Et elle semble désarmée quand elle doit dire la vérité.

Le langage de l’intime est ce qu’elle maĂ®trise le moins. Elle s’est construit une capacitĂ© minimale Ă  dialoguer avec les autres, Ă  leur prĂ©senter ce qu’ils attendent d’elle, parfois mĂŞme Ă  les manipuler. Elle est capable de produire le bon mensonge au bon moment, et puis, lorsqu’elle est touchĂ©e, dans ses rapports amoureux, dans ses dĂ©sirs, elle se trouve dĂ©munie. Dès qu’elle doit parler d’elle-mĂŞme, elle est dĂ©semparĂ©e et les mots se dĂ©robent. Je crois qu’on ne sait pas trop ce qu’il faut penser d’Elsa. Parfois on compatit, parfois au contraire on ne peut pas car elle se comporte trop mal. J’aime bien l’idĂ©e qu’un personnage Ă©chappe au jugement.

La question du travail prend une place importante dans la vie des personnages et pourtant il est Ă©vident que leur bonheur ne passe pas par lĂ . Est-ce une manière de rejeter le discours ambiant sur la valeur travail ?

Ce discours sur la France qu’il faudrait « remettre au travail » est tenu par des gens qui travaillent finalement assez peu, qui vivent dans l’aisance. Ils sont intimement convaincus qu’il faut que la France travaille, mais « la France », c’est trop souvent les autres. Malheureusement, pour beaucoup de gens, le travail c’est le temps qu’on doit perdre Ă  gagner de l’argent pour s’offrir quelques moments agrĂ©ables. J’ai toujours eu une aversion profonde pour le monde de l’entreprise, très oppressant Ă  mes yeux : les rapports hiĂ©rarchiques, les mĂŞmes tĂŞtes chaque jour, les conversations mornes au dĂ©jeuner, je crois que ça me paniquerait ! De nos jours, il y a une forme de normalitĂ© sociale qui passe par le travail. Et une incomprĂ©hension devant des gens qui sont dans le refus de cette norme et de la pression très forte qu’elle exerce sur chacun d’entre nous. Les personnages de mon film connaissent l’impĂ©ratif de trouver un emploi, cependant c’est un impĂ©ratif qui ne recoupe jamais leurs dĂ©sirs. L’objectif, pour eux, c’est de sauver les apparences. Or, Ă  partir du moment oĂą une personne essaie d’avoir l’air intĂ©grĂ©e, elle produit de la fiction, une distance se crĂ©e de soi Ă  soi. Cette distance peut conduire au mensonge, au malentendu, et Ă  la comĂ©die.

ComĂ©die, drame, Ă©tude psychologique… Est-ce que Huit fois debout n’est pas aussi une histoire d’amour ?

J’adore les vieilles comĂ©dies romantiques hollywoodiennes, ces histoires parfaites oĂą deux ĂŞtres faits pour s’aimer surmontent les obstacles et finissent par se retrouver. Dans Huit fois debout, l’histoire d’amour est sans cesse dĂ©samorcĂ©e parce qu’Elsa n’est pas disponible pour la vivre, ce qu’elle dit Ă  Mathieu. Elsa et Mathieu sont deux personnages Ă  la fois proches et pas tout Ă  fait sur la mĂŞme longueur d’onde. Ils n’arrĂŞtent pas de se rater. C’est aussi ce qui m’intĂ©ressait : ces moments de vie oĂą on est seul, peut-ĂŞtre parce qu’on est malchanceux, mais aussi parce qu’on n’est pas disposĂ© Ă  ĂŞtre avec les autres. Elsa est un personnage au dĂ©part fuyant, sur la dĂ©fensive, mais qui va trouver Ă  un moment donnĂ© la force de « revenir ».

Quand ils perdent leur logement, Elsa et Mathieu vivent dans une forêt, mais vous filmez cette dérive de manière très poétique et élégiaque.

Ça vient pour moi d’une envie forte de cinĂ©ma, celle de filmer des personnages dans des paysages, d’inscrire des corps dans les grands espaces. J’aime beaucoup Last Days et Gerry de Gus Van Sant ou encore Old Joy de Kelly Reichardt. Et puis cela vient aussi d’une envie hĂ©ritĂ©e sans doute de mon enfance dans le Pays Basque, de cette vie de grand air et de randonnĂ©es que j’ai connue lĂ -bas. J’ai dĂ©couvert un peu par hasard que beaucoup de gens vivent en forĂŞt Ă  la lisière de Paris. Ils ont la possibilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer un territoire, de s’organiser. Durant l’écriture du film, j’ai rencontrĂ© dans les bois un ancien lĂ©gionnaire, parfaitement adaptĂ© Ă  cette vie, qui avait un monde très construit. On a essayĂ© de faire des dĂ©marches pour qu’il trouve un foyer mais on a senti que ça bloquait, qu’il ne voulait pas. Dans mon film, la forĂŞt est un lieu oĂą pourrait s’Ă©laborer une contre-sociĂ©tĂ©, un monde alternatif oĂą existe la possibilitĂ© de vivre mieux. Mathieu fait d’ailleurs cette proposition Ă  Elsa. Et elle Ă©prouve la tentation de tout quitter pour un milieu oĂą elle pourrait se sentir en harmonie. Mais rester dans la forĂŞt, ce serait renoncer aux autres. Et parmi ces autres, il y a son fils.

Elsa est aussi un personnage de mère qui ne sait pas comment s’y prendre, qui ne sait pas comment être mère.

Dans notre sociĂ©tĂ©, la « mauvaise mère », est impardonnable, beaucoup plus que les pères dĂ©faillants. Ça se sent bien d’ailleurs dans la sĂ©vĂ©ritĂ© avec laquelle certaines femmes sont traitĂ©es dans les affaires judiciaires. Cela relève lĂ  aussi du statut : se conformer Ă  des attentes, des exigences. Elsa est dans une double dĂ©faillance, professionnelle et familiale. Quand on a travaillĂ© sur les origines du personnage, Julie Gayet me disait qu’elle imaginait qu’Elsa avait connu le syndrome du baby blues de manière aiguĂ«, Ă  cause de son incapacitĂ© Ă  endosser son rĂ´le de mère. On a travaillĂ© Ă  partir de ça, de cette origine secrète. Elsa n’arrive pas Ă  se conformer Ă  ce rĂ´le social de la mère responsable et prĂ©voyante. Mais de nos jours, on n’a pas le droit de douter que c’est formidable d’avoir des enfants, que c’est Ă©panouissant. Elsa, elle, ne sait pas comment dire qu’elle aime son fils.

Comment s’est constituĂ© le couple Julie Gayet / Denis Podalydès ?

A l’origine du film, il y a mon courtmĂ©trage, S’Ă©loigner du rivage, dans lequel jouait Julie et oĂą s’esquissait le personnage d’Elsa. On a eu envie d’aller plus loin avec ce rĂ´le. Mais nous l’avons fait en changeant de tonalitĂ©, et en optant pour un registre Ă  la fois grave et amusĂ©, dans un entre-deux qui nous ressemble davantage. Pour Mathieu, j’avais envie d’un acteur qui puisse jouer la marginalitĂ©, mais une marginalitĂ© très consciente, Ă  la fois jouissive et intellectuelle, ce que Denis a apportĂ©. J’avais aussi envie de travailler sur des choses qui sont propres Ă  son Ă©nergie, ce cĂ´tĂ© « monologuiste » dĂ©lirant. D’ailleurs, la sĂ©quence « du doute » a Ă©tĂ© rajoutĂ©e sur le tournage, après une première scène d’entretien qui nous plaisait beaucoup. Et puis, plus secrètement, je crois que je voulais aussi bousculer l’image habituelle de Denis et le transporter en pleine nature, pour en faire un homme des bois. Julie m’a soufflĂ© qu’avec une barbe de cinq jours, ce n’était plus du tout le mĂŞme homme. Et elle avait raison : pendant le tournage, quand je le regardais marcher dans la forĂŞt, je me disais « Bon sang, mais c’est John Wayne ! »

Source : dossier du film

Notes

[1] Xabi Molia Xabi Molia, 31 ans, entre en littĂ©rature Ă  22 ans avec « Fourbi » (2000), un premier roman publiĂ© chez Gallimard. Après des Ă©tudes de lettres Ă  l’Ecole Normale SupĂ©rieure, il poursuit une carrière de romancier (couronnĂ©e par une Bourse d’écrivain de la Fondation Lagardère) et entreprend de rĂ©aliser ses premiers courts-mĂ©trages. En 2009, il rĂ©alise son premier long mĂ©trage "Huit fois debout"

Cinéma Avec vautours (23’) – 2003/ L’invention du demi-tour (16’) – 2006/ S’éloigner du rivage (23’) - 2007/ Huit fois debout (1h43) – 2009

Publications Fourbi, Gallimard, roman, collection Blanche – 2000/ Supplément aux mondes inhabités, roman, Gallimard, collection Blanche – 2004/ Le contraire du lieu, poésie, Gallimard, collection Blanche – 2005/ Reprise des hostilités, roman, Seuil, collection Fiction et Cie – 2007/ Vers le Nord, bande dessinée, Sarbacane, dessins d’Élodie Jarret - 2009

Lire Ă©galement : "Huit fois debout" - Julie Gayet, Denis Podalydès


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