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« Aziz entra sous la tente en peaux de bête tendue en plein désert. Les femmes, aux bracelets d’argent et aux yeux de gemme, avaient préparé les plats biseautés, les nattes damassées et un promontoire tapissé de coussins de brocard pour les chefs de tribus ».
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Aziz entra sous la tente en peaux de bête tendue en plein désert. Les femmes, aux bracelets d’argent et aux yeux de gemme, avaient préparé les plats biseautés, les nattes damassées et un promontoire tapissé de coussins de brocard pour les chefs de tribus.
Il laissa ses sandales de cuir devant l’auvent et versa l’eau d’une cruche en terre sur ses mains. Dans la pénombre douce, les chefs de clan devisaient à voix basse. L’heure était grave et ils prenaient tous des airs de conspirateurs.
Les femmes firent le service en silence, distribuèrent à chacun des portions de viande, la graine de couscous parfumée, les légumes mijotés, les pâtisseries suaves, puis se retirèrent sur la pointe des pieds.
Il fallait en parler. Aziz tournait lentement la cuiller d’argent dans le café turc servi uniquement à cette occasion. Il retourna la tasse. On entendait une mouche voler dans un vrombissement annonciateur de catastrophe, car ils étaient tous imprégnés de magie, de prédictions occultes, de visions d’épouvante, ces vénérables chefs de clans.
Les yeux d’Aziz s’allumèrent en luciole et la lumière de l’insecte éclaira les visages apeurés. Les doigts se firent calligraphes. Il dessina dans l’air doré les contours d’un futur antérieur. Il est un temps où les temps se rejoignent, quelques oasis dans l’ailleurs absolu. Aziz se mit à parler d’un ton lent et syncopé en se balançant d’un pied sur l’autre.
« On refuse le diable et sa folie. »