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Le 100e anniversaire de Balthus

par Laure Menanteau, mercredi 3 septembre 2008

La Fondation Pierre Gianadda-Martigny, en Suisse fête les 100 ans de Balthus. Exposition jusqu’au 23 Novembre 2008
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Thérèse rêvant
Thérèse rêvant
Huile sur toile, 1938, 150 x 130 cm The Metropolitan Museum of Art, Jacques and Natasha Gelman Collection, 1998 (1999.363.2) Image © The Metropolitan Museum of Art

« La meilleure façon de commencer est de dire : Balthus est un peintre dont on ne sait rien. Et maintenant, regardons les peintures. » Telle est la réponse que Balthus adressait il y a quarante ans exactement à la Tate Gallery, qui organisait une rétrospective et voulait un texte de présentation. Aujourd’hui c’est la Fondation Pierre Gianadda-Martigny qui s’y attèle, à l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance.

L’exposition invite à une traversée de toutes les périodes et de tous les thèmes de Balthus : portraits, paysages, sans oublier les jeunes nymphes alanguies… Les tableaux figuratifs allient un curieux et savant mélange de modernisme et de classicisme. Balthus reprend à son compte les codes classiques de la Renaissance avec des constructions rigoureuses simultanément à des propos contemporains, notamment sur l’érotisme de jeunes filles.

Balthus, Peintre français, né à Paris le 29 février 1908 est décédé à La Rossinière le 18 février 2001. « Je suis né dans ce siècle, mais j’appartiens bien davantage au 19ème siècle »

La rue
La rue
Huile sur toile, 1933, 195 x 240 cm The Museum of Modern Art, New York, James Thrall Soby Bequest, 1979 © 2008. Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence

D’origine polonaise, Balthus suit sa famille à travers l’Allemagne avant de se fixer à Paris en 1924. Le poète Rilke encourage ce jeune autodidacte de douze ans à publier ses premiers dessins dans l’ouvrage « Mitsou », qu’il préface lui-même.

Peintre figuratif, il s’affranchit rapidement des courants avant-gardistes de l’époque. Il est d’ailleurs peu connu du grand public. Des amis comme Artaud ou Camus - pour lesquels il réalise les décors de « La peste » au théâtre - célèbrent pourtant la beauté ambiguë de ses toiles : de jeunes filles dénudées et indifférentes aux regards voyeurs qui pèsent sur leur corps constituent en effet un motif récurrent dans son oeuvre. L’artiste souligne ainsi la solitude humaine, les rapports de silence et d’absence qui lient les êtres et les choses, la dissolution de la communication.

Son talent est enfin reconnu lorsque Malraux le nomme directeur de la Villa Médicis de 1961 à 1976, puis lors des rétrospectives que lui consacrent le centre Pompidou à Paris et le MOMA à New York en 1983 et 1984.

Fondation Pierre Gianadda, rue de la Gare, 1920 Martigny (Suisse)
 Tous les jours de 10h à 18h
 Renseignements : +41.27.722.39.78.15

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