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Les déambulations artistiques de Gilles Fallot

Le Caravage : Le martyre de Saint Matthieu, Eglise Saint-Louis des Français, Rome - 6

Un homme qu’on tue, un fait divers.

mardi 19 août 2008

Le martyre de Saint Matthieu se trouve dans l’Église Saint-Louis des Français, à Rome. Le Caravage y cache son scepticisme. Il cherche les preuves de l’existence de Dieu.
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« Il y a dans les tableaux du Caravage quelque chose d’indomptable qu’on ressent devant les chef-d’Å“uvres »

Gallery of Arts
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Le lieu culminant du drame se trouve à l’endroit où la main du tueur retient celle du martyr qui ne peut toucher la palme tendue par l’ange. Avec ses petites ailes et ses petites fesses, l’ange me fait penser à un diablotin, à un angelot qui nargue.

Matthieu n’est pas relié au ciel, il n’a pas d’auréole. C’est un homme qu’on tue, un fait divers. Le bourreau lui crie qu’il meurt pour rien, qu’il a déjà un bras dans le néant, qu’il n’y a même pas d’enfer. Trois hommes presque nus sont au bord du gouffre noir qui représente le tonneau sans fond qu’on gave de croyances, de foi, d’illusions, le dramatique rien. L’homme habillé, aux mains et aux doigts écartés, qui penche sur sa droite, vers l’athéisme, c’est peut-être celui qui doute. Il a compté les preuves de l’existence de Dieu, mais seule la raison ne suffit pas, il faut aussi l’intelligence pour percevoir l’aube, pour pressentir la lumière. Derrière, c’est la cohorte des sceptiques. Ils disent qu’on ne peut penser Dieu. À plus forte raison, fuit-il le langage. On ne connaît même pas son nom.

Vu la quantité d’abominations que l’homme profère et commet en son nom inconnu, on peut dire que l’humain ne sait pas ce qu’il fait. Le jeune garçon qui se sauve en criant, qui fuit cette scène de violence qui s’étale sans honte, où l’on tue poitrail au vent, tandis que les tièdes s’en vont dans le lointain, c’est la peur viscérale. C’est ma peur.

Le dernier sceptique qui s’en va en se retournant est un autoportrait de Michelangelo Merisi, dit Le Caravage.

Propos recueillis par Christine Nathan

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Le peintre : Michel Angelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage, est né à Milan en 1571, dans la maison du Marquis de Caravaggio, dont son père était l’intendant. La famille a émigré rapidement à Caravaggio, fief du Marquis. Le peintre est mort à Porto Ercole en 1610, à 39 ans.
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