Slow Food ou gastronomie écologiqueLe Slow Food ou la gastronomie à l’heure de l’écologie par Catherine Bardon, vendredi 1er août 2008 « Il est inutile de forcer les rythmes de notre existence. L’art de vivre consiste à apprendre comment dédier du temps à chaque chose. » Carlo Petrini, fondateur de Slow Food.
Renouer avec les traditions, explorer de nouvelles cultures culinaires, mettre la main à la pâte, conserver une exigence environnementale, sont les maîtres mots du Slow food. Né en Italie à la fin des années 80 en réaction au fast food, (vous l’aviez deviné), le Slow Food nous encourage à nous réapproprier les plaisirs de la table. Manger doit redevenir un moment de partage et de découvertes.
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Du pied de nez au manifeste Slow food
C’est en réaction à l’implantation d’un Mc Donald’s sur la Piazza di Spagna à Rome que le chroniqueur gastronomique Carlo Petrini et ses collègues de la société gastronomique italienne Arcigola, bientôt rejoints par des artistes et des intellectuels italiens, jettent les bases du mouvement Slow Food. Le pied de nez initial fait si bien son chemin qu’en 1989, Slow Food devient une organisation internationale à but non lucratif. Son le lancement a lieu à l’Opéra comique de Paris, avec l’adoption du « Manifeste Slow Food pour le goût et la biodiversité » présenté par Carlo Petrini.

Un mouvement planétaire
Aujourd’hui, le mouvement compte plus de 80 000 membres répartis dans une cinquantaine de pays. L’Italie, avec ses 35 000 membres, reste l’épicentre du phénomène. Le siège social de Slow Food international se trouve au coeur du Piémont italien, dans la ville de Bra. Les membres sont répartis en unités locales qui organisent des activités et des manifestations : repas, dégustations, visites de fermes ou d’artisans de l’alimentation, conférences, ateliers de formation du goût…
Des bienfaits de la lenteur…

Le Slow Food se pose en dissident. Face aux valeurs véhiculées par la société post industrielle, il a pour postulat de base : notre patrimoine alimentaire et l’environnement sont mis en péril par l’industrie agro-alimentaire et la mondialisation. Pour ce mouvement, la solution aux problèmes de sous-alimentation au sud et de malnutrition au nord passe par une meilleure connaissance de la diversité des cultures alimentaires et par la réappropriation du sens du partage. Éveiller le goût d’une nourriture de qualité, expliquer l’origine des aliments et les conditions socio-historiques de leur production, faire découvrir les producteurs d’ici et d’ailleurs, garder une place pour les aliments de nature artisanale…sont autant d’objectifs du mouvement. Pour les atteindre, il faut ralentir la cadence, soulignent ses promoteurs : prendre le temps de bien choisir ses aliments, de les connaître, de les cuisiner et de les savourer en bonne compagnie de préférence ! D’où le choix de l’escargot pour logo, symbole de la lenteur qui évoque aussi la prudence, la solennité et la modération …