Thierry Breton et Didier HameyLe cabinet de curiosité ou la grâce du paradoxe par Marie Catherine Chevrier, vendredi 30 mai 2008 Thierry Breton et Didier Hamey s’exposent au 6 Mandel jusqu’au 14 juin 2008.
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Le cabinet de curiositĂ©, dans son sens premier, Ă©tait un lieu cachĂ©, oĂą le maĂ®tre des lieux rassemblait des objets Ă©tranges et hĂ©tĂ©roclites, mĂ©dailles, antiquitĂ©s, animaux empaillĂ©s, insectes sĂ©chĂ©s, coquillages, herbiers, fossiles ou Ĺ“uvres d’art. Nathalie BĂ©reau a dĂ©cidĂ© de reprendre Ă son compte le concept en rĂ©unissant deux artistes qui a priori n’ont rien en commun. L’un, Thierry Breton, serait plutĂ´t dans l’infini grand et la force du trait et l’autre, Didier Hamey, dans l’infiniment petit et dĂ©licat. En fait deux univers qui se complètent et s’harmonisent autour d’un principe, mis en valeur dans ce lieu quasi secret qu’est le 6 Mandel.

Thierry Breton occupe la salle du premier et le jardin. Cet artiste a un parcours atypique. Il est diplĂ´mĂ© de l’école vĂ©tĂ©rinaire de Maisons-Alfort. DiplĂ´me en poche, il apprend le dessin dans l’atelier Noor-ZadĂ© Brener, ancienne Ă©lève du sculpteur Zadkine. Sculpteur et peintre, il expose au 6 des sculptures ainsi que sept toiles, intitulĂ©es les 7 femmes de Barbe-bleue. Ces femmes sont belles et abandonnĂ©es. VĂ©nus callipyge, elles ont un dos puissant, une taille fine, des fesses rebondies, des hanches, des seins, une harmonie du corps qui Ă©meut profondĂ©ment. Une mention spĂ©ciale pour « OubliĂ©e » que l’on peut admirer dans la cuisine.

La technique de ces toiles est un mĂ©lange d’acrylique et de pastel sec sur papier marouflĂ© sur châssis. Ses sculptures en bronze bien que de petites tailles rendent hommage Ă une femme sensuelle et puissante. Les aspĂ©ritĂ©s de ces statues donnent l’impression qu’elles sont sorties d’une gangue. Le pouce marque ces « petites femmes ».

Les natures mortes, exposées dans le jardin, sont d’une toute autre manière. Pleines d’humour, ces têtes d’ail, sardines, ou encore asperge, à la patine vert de gris, sont autant de clins d’œil à des toiles célèbres. L’asperge renvoie au Sacre de Napoléon. Les sardines sont les Trois grâces. Et le jeu peut se décliner à l’infini.

En grimpant à l’étage supérieur du 6, l’univers est radicalement différent. Didier Hamey crée celui de l’infiniment petit qui recèle bien des surprises. Les gravures exposées, utilisant la technique de la pointe sèche sur papier rehaussée de gouache, recèlent de plaisantes découvertes. Les Harpies, L’arbre d’amis, A l’heure de la rosée, L’épinette en joie sont autant de noms évocateurs d’un univers fantasque à l’imagination débridée.

De petits bonshommes ou petites bonnes femmes cohabitent dans des fleurs ou dans des arbres avec des poissons, de gentils hérissons ou des animaux fantastiques non identifiés. Ses arbres qui semblent morts, mais grouillent de vie, évoquent la calligraphie japonaise.

Les assemblages de Didier Hamey tĂ©moignent de la mĂŞme recherche du fragile, de l’incertain et de l’improbable. Il utilise des matĂ©riaux glanĂ©s tels que la nacre des coquillages, l’oursin, les inflorescences de roseau, des pĂ©tales d’hortensia, une branche ou une racine d’arbre. Il assemble tous ces Ă©lĂ©ments pour livrer des « ĂŞtres » Ă©vanescents et fĂ©eriques. Un univers de contes de fĂ©e pour grands enfants qui peut tourner au « cauchemar », si l’on y regarde bien et si l’on laisse Les harpies sortir de leur cadre !
Vous avez jusqu’au 14 juin pour dĂ©couvrir ce « Cabinet de curiositĂ© » remis au goĂ»t du jour.