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Les incontournables de Turin

par Catherine Bardon, samedi 12 juillet 2008

Arcades, boutiques de mode, antiquaires, marchĂ©s, cafĂ©s, gelati... Turin ne manque pas d’attraits. Voici les incontournables de la capitale du PiĂ©mont
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Musarder sous les arcades

Emblématiques de la capitale piémontaise, 18 kilomètres d’arcades parcourent le cœur de ville, agréables lieux de flâneries, frais en été, abrités en hiver. Sous les arcades se côtoient les façades à l’ancienne des confiseries, pâtisseries et bars aux terrasses très convoitées, les vitrines des boutiques de mode, les vitrines des antiquaires et celles des boutiques de décoration ultra design. Les 750 mètres d’arcades de la Via Roma affichent les griffes les plus célèbres. La piazza San Carlo cernée d’arcades harmonieuses et symétriques est certainement la plus élégante de la ville, très agréable pour prendre un verre à toute heure du jour.

Faire son marché

Le marchĂ© de la porta Palazzo est l’un des plus grands d’Europe. Chaque jour, il dĂ©ploie ses quelque 53 000 m2 d’étals colorĂ©s bien ordonnĂ©s. Les prix y dĂ©fient toute concurrence et attirent une foule bigarrĂ©e. Les Turinois ne sont pas les seuls Ă  s’y presser pour remplir leur cabas ; de nombreux cars de tourisme venus de Savoie ou de la cĂ´te mĂ©diterranĂ©enne française y dĂ©versent chaque samedi des flots de visiteurs en quĂŞte de bonnes affaires. Coup de cĹ“ur pour le coin des producteurs locaux qui offrent des produits d’excellente qualitĂ©, souvent labellisĂ©s, fromages, fruits et lĂ©gumes, herbes aromatiques…. Si vous avez ratĂ© le marchĂ© du samedi, sachez que chaque dimanche un petit marchĂ© bio se tient sur une place diffĂ©rente du centre ville.

Déguster un bicerin

 

Qui n’a pas goĂ»tĂ© un bicerin, ("petit verre" en piĂ©montais), n’a pas saisi l’âme turinoise ! Une recette typiquement turinoise, cafĂ© noir, chocolat et crème superposĂ©s. Ne pas remuer et dĂ©guster lentement pour apprĂ©cier chacune de trois saveurs : les lèvres ourlĂ©es de crème, on ressent d’abord le goĂ»t amer du cafĂ©, progressivement remplacĂ© par la suavitĂ© du chocolat. On peut boire un bicerin un peu partout en ville mais le nec plus ultra c’est de s’attabler Ă  l’une des tables de Al Bicerin (piazza della Consolata), estaminet mouchoir de poche oĂą fut inventĂ©e cette boisson en 1763.

Prendre un apĂ©ritif dans un « caffĂ© » historique

Chaque jour vers 19h, c’est l’heure de la trêve, vermouth et antipasti. Les Turinois envahissent les terrasses, s’agglutinent autour des comptoirs, et trouver une place dans l’un des caffés historiques du centre relève du défi.

Au coude à coude, on déguste des antipasti, qui peuvent d’ailleurs tenir lieu de repas, autour d’un petit vermouth. Tramezzini (petits sandwichs triangulaires), beignets de courgettes, de poivrons, légumes, omelettes, fromage, charcuteries, pâtés, les buffets étalent leurs propositions colorées. Les tarifs diffèrent selon la formule, buffet à volonté, assiettes composées, debout, en terrasse, mais excèdent rarement les 10€.

Autour des Turinois de souche se pressent Ă©tudiants et jeunes qui dĂ®nent d’antipasti ! Et pour couper court aux politesses, on tire au sort celui qui offrira l’apĂ©ritif. A la caisse, Ă  l’heure de payer les habituĂ©s parient, pair ou impair, pressent le petit bouton actionnant un cadran, lequel permet de dĂ©signer celui qui rĂ©glera l’addition !

Arpenter le cœur historique nez au vent et admirer l’architecture baroque

La première ville royale d’Italie compte quatre palais royaux intra-muros et plus d’une quinzaine dans ses environs.

Le majestueux palazzo Madama abrite toute l’histoire de la ville. Le palais royal, le Palazzo Carignano, les palais patriciens, Carignan, Fatelli di Barolo, Bricherasio, Benso di Cavour, Lascaris, l’université, autant de perles baroques égrenées dans la ville.

Le Duomo, la cathédrale San Giovanni Battista, n’abrite plus qu’une copie du Saint-Suaire offert à la famille de Savoie et aujourd’hui objet d’études d’authentification.

La piazza San Carlo, le salon de Turin, est un modèle du genre avec la symétrie parfaite de ses élégantes façades baroques, ses églises jumelles, et la statue équestre de Emanuele Filiberto.

Derrière la façade pudique de Notre-Dame della Consolata, consacrĂ©e Ă  la patronne de Turin, se dissimule le baroque Ă©bouriffĂ© d’un intĂ©rieur saturĂ© de marbres et d’ex-voto naĂŻfs.

Plus rĂ©cent, la Mole Antonelliana domine la ville du haut de ses 167 mètres. Bâti Ă  la fin du XIXe pour ĂŞtre une synagogue, il a Ă©tĂ© transformĂ© en un MusĂ©e national du cinĂ©ma Ă  la musĂ©ographie spectaculaire. Pour ceux que le 7ème art ne sĂ©duirait pas, il est indispensable de prendre l’ascenseur intĂ©rieur indĂ©pendant du musĂ©e : du sommet de la Mole, c’est toute la ville de Turin qui se dĂ©ploie Ă  360 °.

A quelques kilomètres du centre ville de Turin, dans l’ancien bourg de Venaria datant du XVII, la piazza dell’Annunziata, prĂ©lude au palais royal, s’inspire du collier de l’Annonciade un ordre de chevalerie de la maison de Savoie. L’architecture grandiose de la Reggia di Venaria Reale, « rĂ©sidence de plaisir et de chasse » de la famille royale qui servit de modèle au château de Versailles, s’habille d’humble brique. La grande galerie, le salon de Diane, la chapelle Saint Hubert, les jardins, tout tĂ©moigne du faste de la cour.

Prendre le funiculaire à crémaillère jusqu’à Superga

Depuis la station Sassi, piazza Modena, le funiculaire grimpe laborieusement jusqu’à la crête d’une colline où se déploie la basilique. Ce temple votif abrite les tombeaux de la maison de Savoie gardés par les moines. Et si le charme des lieux vous inspire, vous pourrez dormir dans le bed and breakfast fort douillet tenu par les moines.

S’immerger dans l’art contemporain

Au-delà de l’architecture industrielle omniprésente et réhabilitée, sculptures et oeuvres d’art ponctuent la ville de touches contemporaines. Les expositions animent l’agenda 2008 à un rythme soutenu en cette année dédiée au design dans tous ses états, alimentaire, automobile, architectural, vestimentaire, typographique…

Olivetti, entreprise emblématique dévoile les dessous de son histoire et de sa politique, les objets du Compasso d’Oro logent dans les écuries de la Venaria Reale, les arcades s’animent de vitrines thématiques décalées, le château de Rivoli abrite le musée d’art contemporain…

Sortir dans le quadrilatère romain ou les Murazzi

Dès les beaux jours, les anciens entrepôts de rives du Po ouvrent les portes et terrasses de cafés et restaurants branchés. L’entrelacs d’étroites ruelles pavées du quadrilatère romain est une zone très tendance, avec boutiques branchées, restaurants bobos et bars dernier cri.

Succomber aux gourmandises turinoises…

Berceau du gianduja, mĂ©lange de cacao et de noisette d’appellation d’origine contrĂ´lĂ©e du PiĂ©mont, la capitale piĂ©montaise s’est taillĂ©e une solide rĂ©putation chocolatière.

L’adresse de Guido Gobino, maître chocolatier iconoclaste, est incontournable. Non content de réduire la taille de la traditionnelle praline de gianduja pour en faire un mini giadujotto de 5 grammes seulement, il a reçu l’année dernière un prix international pour sa création, une bouchée à l’huile d’olive qui révèle un grain de sel en fin de dégustation. Mais le top, c’est de prendre rendez vous avec le maître pour une dégustation au creux du sofa rond de la salle réservée aux happy few. Moelleux du grand sofa mauve, velouté des pralines qui fondent en bouche, fond de musique lounge, effluves de chocolat et d’arômes fruités, transparences et lumières douces, c’est une divine parenthèse initiatique où tous les sens sont sollicités.

Sous ses arcades de la piazza San Carlo, la confiserie Stratta, fondĂ©e en 1836, fournisseur de la Maison Royale, est l’une des adresses pour s’initier au giandujotto, petit chocolat toujours emmaillotĂ© de papier dorĂ©, histoire de rappeler son origine aristocratique.

Pour l’apprĂ©cier, pas question de le croquer comme du chocolat noir, il faut le laisser fondre dans la bouche et se laisser envahir par le moelleux de la pâte ! Ses vitrines sont une ode Ă  la couleur qui sĂ©duisent le regard autant que les papilles. Pour les petits fours, les connaisseurs s’approvisionnent un peu plus loin sur la place, chez Neuv Caval D Brons. Les vitrines de la confiserie Stratta (piazza San Carlo) fondĂ©e en 1836, fournisseur de la Maison Royale sont une ode Ă  la couleur qui sĂ©duisent le regard autant qu’elles stimulent les papilles.

…sans oublier les gelati !

CĂ´tĂ© Gelati, les turinois ne s’en laissent pas compter. Ă€ cĂ´tĂ© du Teatro Carignano se trouve le glacier Pepino fondĂ© par un immigrĂ© napolitain Ă  la fin du XIXe siècle qui inventa le “pinguino", l’esquimau, glace spĂ©ciale promenade ! Certains se damneraient pour une glace au gianduja du CaffĂ© San Carlo que l’on peut aussi trouver au CafĂ© Fiorio, d’autres en tiennent pour Grom, plus moderne, oĂą sorbets au chocolat et glaces au caramel salĂ© font de nombreux adeptes. Enfin les amateurs de petites sucreries craqueront pour les pastilles Leone, dĂ©licats petits Ă©clats de sucre aromatisĂ©s, nĂ©s en 1857, et prĂ©sentĂ©s dans de jolies boites Ă  l’ancienne.

Carnet d’adresses

Y aller : En train : Artesia de Paris, Lyon ou ChambĂ©ry, TGV ou train de nuit. www.artesia.eu. En avion : Cinq vols quotidiens Air France et Alitalia entre Paris et Turin.

Se renseigner Office du tourisme italien : tel 01-42-66-66-68. www.enit-france.com. Office du tourisme de Turin : ww.turismotorino.org

HĂ´tels

HĂ´tel Victoria : Via Nino Costa 4. www.hotelvictoria-torino.com . Une adresse très cosy et très calme, un peu comme chez soi. Grandes chambres, petit jardin intĂ©rieur, gĂ©nĂ©reux buffet de petit dĂ©jeuner, mais surtout, un magnifique spa avec sauna, hammam, grande piscine et espace dĂ©tente. Personnel francophone.

MĂ©ridien Art & Tech : Via Nizza 230. une belle rĂ©ussite de Renzo Piano, ou comment transformer un Ă©tablissement industriel en hĂ´tel de luxe, paradoxe de la technologie et de la convivialitĂ©.www.lemeridien.com

Town House 70 : Via XX Settembre 70. www.townhouse.it Design, sobriĂ©tĂ© et Ă©lĂ©gance avec une pointe de dĂ©calage, au coeur du centre historique

Art Hotel Boston : Via Massena 70. www.hotelbostontorino.it . L’art contemporain, de l’après guerre Ă  nos jours, et la crĂ©ativitĂ© règnent en maĂ®tres dans cet hĂ´tel original oĂą chaque chambre est unique, chaque recoin une curiositĂ©.

Restaurants Emporio 1900 : Viadei Mille 20. Une petite table sans prĂ©tention, oĂą la cuisine piĂ©montaise relevĂ©e d’une pointe de modernitĂ© ; dĂ©coration sobre et chaleureuse.

Tre galli : Via San Agostino 25. Dans le carrĂ© romain, « les trois coqs » est un bar Ă  vin bobo avec une sympathique terrasse prise d’assaut dès les beaux jours. En face le restaurant Tre galline (les trois poules) sert une cuisine plus classique.

Cafés, glaciers et chocolateries

Mood : librairie cafĂ© : Via Cesare Battisti 3. Hafa CafĂ© : Via Sant Agostino 23. CaffĂ© Fiorio : Via Po 8 Glacier Pepino : Piazza Carignano 8 Chocolaterie Gobino : Via Lagrange 1. Glacier Grom : Via Accademia delle scienze 4

Cafés historiques

Caffe Torino : Piazza San Carlo 204 Caffè San Carlo : Piazza San Carlo 156 La Smarritta : Via Cesare Battisti 17 Baratti e Milano : Piazza Castello 29 CaffĂ© Fiorio : Via Po 8 Caffè Mulasano Piazza Castello 15 Al Bicerin : Piazza della Consolata 5

Guide : Laura Sgarlazetta : lauretta@inrete.it, cell : (00 39) 347 413 73 04

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