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Lire sous le soleil de l’Empire

par Laure Menanteau, samedi 9 août 2008

Entre encre de chine et roman chinois, la rédaction vous propose une sélection d’auteurs chinois.
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Un homme bien sous tous rapports de Chi Li

 Bian Rongda, un chinois ordinaire de 41 ans se retrouve au chômage. A travers son parcours dans la Chine actuelle, envahie par les enseignes McDo et autres logos emblématiques de l’économie libérale, il évoque la condition masculine en butte à mille contraintes (professionnelles ou familiales). Un portrait sans concession dont l’ironie mordante le dispute à la hardiesse dans l’évocation des détails les plus intimes.

 Un homme bien sous tous rapports
 De Chi Li
 Editions Actes Sud, 2006

Quatre générations sous un même toit de Lao She

 Le roman s’ouvre sur l’anniversaire du vieux Qi, le patriarche, dans l’une des cours du Petit-Bercail à Pékin. Il est fier que sa longévité lui permette de connaître jusqu’à ses arrière-petits-enfants. Sa seule crainte est que la célébration de son anniversaire soit compromise par le début de la guerre avec les japonais...

 Quatre générations sous un même toit
 de Lao She
 Editions Gallimard, 2000

Nouilles chinoises de Ma Jian

 Beijing, 1990. Tous les dimanches, l’écrivain professionnel et le donneur de sang dînent ensemble. L’écrivain est un idéaliste, qui surmonte sa déception en prenant un air d’indifférence quand il est confronté à la réalité et à ses propres échecs. Le donneur de sang est un homme de profit, qui croit que les gens devraient utiliser tous les moyens possibles pour prendre au monde ce dont ils ont besoin. Si leurs conversations ne mènent jamais nulle part, l’écrivain confie pourtant à son ami la nouvelle tâche que lui a attribuée le secrétaire du Parti du syndicat des écrivains local : l’écriture d’un court roman sur le thème « Mettons-nous à l’École du Camarade Lei Feng », en mémoire à un héroïque soldat de l’ALP qui a voué sa vie à servir la cause de la Révolution et du peuple. S’il fait une bonne histoire sur un nouveau Lei Feng, les organes du Parti lui enverront un formulaire de demande pour entrer dans le très convoité « Grand Dictionnaire des Écrivains Chinois ». L’écrivain aspire à l’immortalité, mais où va-t-il trouver un Lei Feng contemporain ? Chez l’entrepreneur qui dirige le crématorium ? L’écrivain public ? L’actrice qui a décidé de se suicider en public ? Une fille nue ? Seuls lui viennent les personnages d’un roman en gestation…

 Nouilles chinoises
 de Ma Jian
 Editions Flammarion, mars 2006

Le vieux jardin de Hwang Sok-Yong

 Libéré après dix-huit années de prison, l’opposant politique O Hyônu est recueilli par sa sœur dans un petit appartement de la banlieue de Séoul. Il passe une première journée dans une sorte d’hébétude semblable à celle d’une personne frappée d’asthénie chronique, retrouve difficilement ses esprits et reste reclus pendant trois jours. À force d’avoir vécu isolé dans une cellule, il peine tout autant à se reconnaître dans une glace qu’à affronter sa nouvelle liberté. Lorsqu’il apprend que Han Yunhi, la femme qu’il a aimée, est décédée, O Hyônu se rend au domicile de son ancienne compagne. Outre les cartes postales qu’il lui a envoyées, il y trouve une vingtaine de cahiers, tous de même dimension mais avec des papiers et des reliures variés. Chacun porte une étiquette avec un numéro : il se saisit du premier et découvre le journal que Han Yunhi a écrit pour lui durant toutes ces années. Elle y raconte son itinéraire de jeune artiste peintre des années 1970 à 1990, l’université, les années militantes et l’action clandestine, son séjour en Allemagne, la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique, mais aussi les amis et les rencontres de hasard, les morts, les passions trahies et les déconvenues. Au fil de sa lecture, O Hyônu convoque ses souvenirs et sa propre vie. L’espoir est-il encore de ce monde ?

 Le vieux jardin
 de Hwang Sok-Yong
 Editions Zulma, septembre 2005

Séparations de Su Weichen

 Romancière couronnée de succès, figure emblématique de la génération d’écrivains qui émerge an début des années quatre-vingt, Su Weichen occupe une place importante sur la scène littéraire taiwanaise. A travers ces quatre nouvelles, elle s’interroge sur la nature même des rapports humains, des relations entre individus lorsque leur environnement se dégrade en raison de bouleversements inattendus et sonde la part d’ombre entre les êtres. Et sur le thème lancinant de la séparation, elle dépeint avec lucidité l’absurdité de l’existence et la difficulté de communication entre hommes et femmes, parents et enfants. Il n’est de refuge possible ni dans la famille ni dans l’amour, la quête amoureuse se révélant inéluctablement vouée à l’échec et l’harmonie familiale une utopie on un faux-semblant. L’oeuvre de Su Weichen se révèle profondément chinoise - empreinte des changements qui ont marqué l’histoire de la Chine et de Taiwan depuis 1949 - et résolument moderne - portraits de femmes indépendantes et libres.

 Séparations
 de Su Weichen
 Editions Bleu de Chine

Je suis l’empereur de Chine de Su Tong

 Lorsque Duanbai succède à son défunt père sur le trône de l’Empire de Xie, il se remémore la prophétie d’un vieux serviteur à demi-fou : "Nous sommes au milieu de l’automne, et le malheur va bientôt s’abattre sur l’Empire de Xie". Tout cela n’a certes pour lui pas encore beaucoup de sens. À l’âge de quatorze ans, il mène une vie d’insouciance et d’oisiveté, ne s’intéresse pas plus aux affaires du pouvoir qu’aux audiences impériales et ne comprend pas pourquoi il a été choisi pour assurer la pérennité du trône en lieu et place de l’un de ses quatre frères. Son univers doré est bientôt envahi par la haine, les manigances, les trahisons et les tentatives d’assassinat, tant ses frères s’estiment floués et cherchent à tout prix à lui nuire. L’adolescent comprend que s’il est facile de monter sur le trône, il est tout aussi facile de se faire détrôner. Il se lie d’amitié avec un eunuque de deux ans son cadet, le seul qui lui semble sincère et dévoué, et s’efforce de survivre au fil des ans aux fureurs déchaînées. Le jour où il est renversé, le Fils du Ciel commence sa vie d’humble homme du peuple et se fait funambule avant d’achever ses jours dans un monastère perdu dans la montagne…

 Je suis l’empereur de Chine
 de Su Tong
 Editions Philippe Picquier, août 2005

A voir aussi :
 Les soldats de l’Eternité

 Dans les villes chinoises

 China Gold

 Zao Wou-Ki

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