|
La maison de Jean Cocteau, Ă Milly-la-ForĂȘt ouvre ses portes au public. Une belle idĂ©e d’escapade dans un jardin et la forĂȘt attenante, et dans une maison oĂč tout en partageant un peu de lâintimitĂ© dâun poĂšte, lâon croise les grands noms du 20e siĂšcle : portraits de Cocteau par Man Ray, Andy Wharhol, Irving Penn ; portrait de Colette par Cocteau et plus de 500 de ses Ćuvres.
|

Câest en 1947 que Cocteau achĂšte ce « refuge, loin des sonnettes du Palais-Royal ». Il vient de terminer le tournage de la Belle et la BĂȘte, dans un paysage luxuriant et propre au rĂȘve, prĂšs de Senlis. A-t-il voulu prolonger la magie du lieu de tournage en installant, lĂ , son refuge, celui oĂč il vĂ©cut les dix-sept derniĂšres annĂ©es de sa vie, au cĆur des pivoines, des iris, et des arbres fruitiers ? LĂ , au bout dâune rue sans autre issue, au pied de deux tourelles dont elles ornent la façade, la maison qui abrita les amours, les crĂ©ations et les rĂȘveries du poĂšte, se dĂ©couvre, Ă lâabri du chĂąteau et de ses douves. « Câest la maison qui mâattendait » Ă©crira-t-il dans la DifficultĂ© dâĂȘtre. « Elle me donne lâexemple de lâabsurde entĂȘtement magnifique des vĂ©gĂ©taux (âŠ). Lâeau des douves et le soleil peignent sur les parois de ma chambre leurs faux marbres mobiles. Le printemps jubile partout »

Jean Cocteau aimait y vivre avec son compagnon Edouard Dermit son ancien jardinier dit Doudou, celui qui, Ă partir de 1963 en tant quâhĂ©ritier du poĂšte, eut la charge de maintenir les lieux et lâĆuvre. AprĂšs la disparition de Cocteau, le jeune homme se maria et eut deux enfants, mais il veilla Ă protĂ©ger scrupuleusement les plus belles Ćuvres.
Il restera Ă Milly jusqu’Ă sa mort en 1995. Et il faudra attendre 2002 pour que la maison sorte de son sommeil quand Pierre BergĂ©, quâEdouard Dermit âavant de mourir- avait dĂ©signĂ© comme titulaire exclusif du droit moral sur lâĆuvre de Cocteau, la rachĂšte et la restaure avec l’aide du Conseil rĂ©gional dâIle-de-France et du Conseil gĂ©nĂ©ral de lâEssonne.
Du salon, du bureau, de la chambre (seules trois piĂšces conservĂ©es pour les besoins de la restructuration) on aperçoit les crĂ©neaux ou les douves du chĂąteau immĂ©diatement voisin de la propriĂ©tĂ©, tandis quâune fresque naĂŻve reproduit le mĂȘme chĂąteau sur les murs. Elle aurait Ă©tĂ© peinte par Jean Marais.

Selon son souhait, Jean Cocteau fut enterrĂ© dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples, une ancienne maladrerie du XIIe siĂšcle restaurĂ©e Ă la fin des annĂ©es cinquante et quâil avait dĂ©corĂ©e Ă la demande des Ă©lus de Milly-la-ForĂȘt. SituĂ©e un peu Ă lâextĂ©rieur du bourg, il est intĂ©ressant de pousser la visite jusque lĂ pour dĂ©couvrir les dessins de Cocteau peints sur la chaux des murs et reprĂ©sentant les Simples (la jusquiame, la belladone, la valĂ©riane) et la RĂ©surrection. Ainsi que, tout autour de cette petite chapelle, un beau jardin avec quelques arbres mais surtout une collection de plantes mĂ©dicinales Ă la façon du Moyen-Age.
Maison Jean-Cocteau
Du 1er mars au 30 octobre de 10 heures Ă 19 heures
Du 1er novembre au 15 janvier, de 14 heures Ă 18 heures
15 rue du Lau, 91490 Milly-la-ForĂȘt.
Tél 01 64 98 11 50.
Fermé les lundis et mardis.
Chapelle Saint-Blaise-des Simples :Renseignements auprĂšs de lâoffice de tourisme : 01 64 98 83 17
