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Marie Piovesan, naissance d’un mannequin

par Julie Montagard, dimanche 29 janvier 2012

Le mannequin Marie Piovesan défile pour Yves Saint Laurent ou Céline, pose pour les plus grands magazines de mode internationaux, à New York, Londres et Tokyo, alors qu’elle est archéologue de formation. Toutpourlesfemmes l’a rencontrée. Confidences.
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Vous avez accepté de nous parler de votre vie de top model…
- Ah non ! Un top model, c’est quelqu’un d’aussi rĂ©putĂ© que Kate Moss, par exemple ! Moi, je suis mannequin. Question de notoriĂ©tĂ© ! Ma première Fashion week ne date que de 2011.

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Défilé Y. Saint Laurent. Fashion week 2011
Marie Piovesan, mannequin

Oui, mais Ă  cette occasion, vous avez dĂ©filĂ© pour Miu Miu, Saint Laurent et fait l’ouverture du show CĂ©line, et depuis vous avez Ă©tĂ© beaucoup sollicitĂ©e Ă  l’Ă©tranger. Votre carrière semble donc en très bonne voie.
- C’est vrai que, depuis, je pose frĂ©quemment pour des photographes rĂ©putĂ©s, et vis entre deux avions comme l’on dit. Mais, mĂŞme si j’adore ce nouveau mĂ©tier, je ne suis pas toujours Ă  l’aise avec cette notoriĂ©tĂ©.

A propos de mannequinat, on évoque toujours les grandes et très jeunes blondes arrivées d’Europe de l’Est. Ce n’est pas votre cas. Vous êtes française, avec de longs cheveux châtains, et vous avez 25 ans.
- Je me suis d’abord consacrĂ©e Ă  mes Ă©tudes d’archĂ©ologie. Après ma licence et, pour le master, une spĂ©cialisation en archĂ©ologie funĂ©raire protobyzantine et en anthropologie physique, et plusieurs chantiers de fouille, j’ai traversĂ© une pĂ©riode de grand doute. Je voyais des personnes qui sortaient de thèse et n’avaient pas de boulot. Comme, Ă  partir de mes seize ans, on m’accostait rĂ©gulièrement dans la rue pour me proposer de faire des photos, lĂ  j’ai acceptĂ©.

L’attention de ceux qui vous abordaient se portaient plutĂ´t sur votre visage ou sur votre allure ?
- Je l’ignore. Disons que mon physique collait Ă  une sorte de canon de beautĂ©, sur des critères du moment, avec mon 1 mètre 77, mon tour de taille de 57 et mon tour de hanche de 88. J’ai donc tentĂ© l’expĂ©rience, sans imaginer qu’elle rĂ©ussirait aussi bien. Du coup, de complexĂ©e que j’étais par mon look de grande mince, j’ai renouĂ© avec mon physique et m’accepte dĂ©sormais beaucoup mieux. Et je n’ai rien envie de changer Ă  mon goĂ»t pour les bons repas, et aussi pour les cassoulets, les tartiflettes-reblochon… et le vin rouge !

Le mannequin Marie Piovesan
Le mannequin Marie Piovesan
Photo Angela Hau

Comment passe-t-on de sĂ©ances-photos Ă  une carrière internationale ?
- J’ai du mal Ă  rĂ©aliser moi-mĂŞme. Lors de la dernière fashion week, Ă  Paris, j’ai Ă©tĂ© choisie pour dĂ©filer en portant les crĂ©ations de Yves Saint Laurent, CĂ©line, Miu Miu. Bien sĂ»r, tous les grands magazines de mode Ă©taient prĂ©sents. Certains m’ont remarquĂ©e et m’ont demandĂ© de venir poser pour des photos Ă  New York, Ă  Londres, Ă  Tokyo… Depuis, je travaille en France, bien sĂ»r, mais je passe beaucoup de temps Ă  l’étranger, surtout dans ces trois mĂ©tropoles.

Le regard que les autres portent sur vous a-t-il changĂ© ?
- Je pense qu’avoir dĂ©crochĂ© un prix Nobel… impressionnerait moins. Le mannequinat exerce une fascination Ă©tonnante et on me regarde comme si j’étais soudain sur un piĂ©destal.

On, ce sont les femmes ?
- Hommes et femmes idĂ©alisent le statut de mannequin et en font des sortes de « dĂ©esses ».

Comment faites-vous cohabiter des images si diffĂ©rentes : celle de vos Ă©tudes et celle de votre mĂ©tier actuel ?
- Dans l’esprit de beaucoup de gens, si on est archĂ©ologue, on est forcĂ©ment quelqu’un qui rĂ©flĂ©chit, l’intelligence Ă©tant Ă©vidente. Alors qu’ils rĂ©duisent une mannequin Ă  son apparence physique, la tĂŞte bien faite n’étant pas pour elle. J’ai ressenti, au dĂ©but, une sorte de malaise, peut ĂŞtre parce que moi-mĂŞme j’avais ce type de clichĂ©s qui, aujourd’hui sur le terrain, ont bien sĂ»r volĂ© en Ă©clats.

Que ressentez-vous avant un dĂ©filĂ© ?
- Quelle pression sur moi qui suis tellement timide ! On n’a pas le droit Ă  l’erreur, et tant d’yeux braquĂ©s sur vous ! Mais j’aime me glisser dans la personnalitĂ© qu’impose un crĂ©ateur ou un photographe. C’est Ă  la fois ludique et crĂ©atif. J’adore !

Et après ?
- Après je retourne Ă  mes passions : la peinture, la musique rock et la littĂ©rature russe du 19e siècle. Quant Ă  l’après-mannequinat, on ne peut rien prĂ©voir avec ce mĂ©tier qui durera… ce que ça durera. Pour le moment, je trouve passionnant de m’y glisser Ă  la dĂ©couverte de nouveaux codes de fonctionnement. Quant Ă  savoir ce que je ferai ensuite, tout reste ouvert, rien n’est exclu !

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