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Centre national de la danse Midi-minuit avec Patrick Bossattipar Nicole Salez, vendredi 5 février 2010 Ă l’occasion de la mise Ă la disposition au public des archives du
plasticien, auteur et critique de danse, Patrick Bossatti, le Centre
national de la danse (CND) et le bureau de production ODACE
organisent le 19 fĂ©vrier 2010 une journĂ©e entiĂšre, de "midi Ă minuit", composĂ©e d’une exposition, de rencontres, de confĂ©rences, de lectures, de moments dansĂ©s, dâexpĂ©riences sonores⊠dans la tradition des
Ă©vĂ©nements amicaux et artistiques que Patrick Bossatti aimait lui-mĂȘme Ă organiser.
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Voir le programme de la rencontre écrire, dessiner, danser, regarder avec Patrick Bossatti

AprĂšs sa disparition le 22 aoĂ»t 1993, Ă l’Ăąge de 33 ans, Patrick Bossatti, plasticien, auteur et critique de danse, laissait de trĂšs nombreux documents : Ćuvres plastiques, partitions chorĂ©graphiques, carnets, articles critiques, thĂšse⊠dont ses amis et le Centre national de la danse ont vie mesurĂ© lâimportance pour lâhistoire de la danse, mais aussi comme tĂ©moignage dâun travail graphique original. LĂ©guĂ© par M. et Mme D. Bossatti, les archives de leur fils comptent dĂ©sormais parmi les ressources de la MĂ©diathĂšque du CND.
Ă lâoccasion de la mise Ă la disposition au public de ces archives, le CND et le bureau de production ODACE [1] rendent hommage Ă Patrick Bossatti pendant une journĂ©e entiĂšre, de « midi Ă minuit », Ă travers divers Ă©vĂ©nements organisĂ©s dans tout le bĂątiment. Au programme, entre autres : une exposition des Ćuvres graphiques de Patrick Bossatti, une prĂ©sentation du spectacle « Mana danse de Nada », une confĂ©rence dâEliane Chiron sur « Patrick Bossatti plasticien », une lecture en continu par une succession dâinvitĂ©s de la thĂšse de Patrick Bossatti, un apĂ©ritif sonore confiĂ© Ă Eve Couturier et Jean-Jacques Palix, une grande soirĂ©e « hommage » au cours de laquelle se succĂšderont des interventions artistiques dâune Ă trois minutes, en lien avec lâĆuvre de Patrick Bossatti (crĂ©ations, reprises, lectures, dĂ©dicaces, performancesâŠ).
Lâensemble de cette journĂ©e se fera dans la tradition des Ă©vĂ©nements amicaux et artistiques que Patrick Bossatti aimait lui-mĂȘme Ă organiser.
NĂ© en juin 1961 Ă Grenoble, Patrick Bossatti, aprĂšs un Bac expĂ©rimental en Arts Plastiques, suit des Ă©tudes Ă lâĂcole des Beaux-Arts de Reims (section Dessin animĂ©), puis soutient une maĂźtrise (« Corps / DĂ©cors », 1984), un DEA (« Corps-Figures : Le Trajet des apparences », 1985) et un doctorat en Arts plastiques, Ă lâuniversitĂ© PanthĂ©on-Sorbonne (Paris I). Il expose ses travaux graphiques au Salon de Montrouge en 1985, Ă la galerie du Théùtre de la Bastille en 1985 et 1986.
IntĂ©ressĂ© par la danse, il devient critique et Ă©crit dans les revues Gai Pied (Ă partir de 1983), Pour la danse (1983-1985) et Les Saisons de la danse (1986-1990). TrĂšs impliquĂ© dans le milieu de la danse contemporaine, il organise notamment Danse rĂ©cital, une sĂ©rie de manifestations consacrĂ©es aux interprĂštes contemporains au Théùtre de lâEscalier dâor (1985), au Théùtre de la Bastille (1986), au New Morning (1987). Plus tard, en 1991, il est responsable du projet Pour une nouvelle interprĂ©tation au festival Montpellier Danse : trois soirĂ©es dĂ©diĂ©es Ă diffĂ©rents danseurs (Catherine Legrand, Bertrand Lombard, MichĂšle PrĂ©longe) et, avec Alain Neddam, un atelier de recherche sur lâinterprĂ©tation rĂ©unissant artistes de théùtre et de danse.
Mais son importante oeuvre graphique le lie aussi Ă la danse. Si dĂšs 1984, il dessine « les traces dâune imaginaire cosmogonie » personnelle, sous des titres successifs tels le « Trajet des apparences », le « Royaume du Tain » ou la « Condition des sommeils »- cosmogonie dont il Ă©tudiera la genĂšse et la signification dans son doctorat dâArts plastiques-, il collabore particuliĂšrement avec le chorĂ©graphe Daniel Larrieu (compagnie Astrakan), notamment autour de la crĂ©ation de Romance en stuc au Festival dâAvignon 1985 (CloĂźtre des CĂ©lestins). Pour cette crĂ©ation, il intervient comme graphiste et assistant pour le dĂ©cor ; il rĂ©alise aussi jour aprĂšs jour un « journal graphique » des rĂ©pĂ©titions de la piĂšce. Il consacrera son mĂ©moire de DEA Ă cette piĂšce et au travail chorĂ©graphique quâelle a suscitĂ©.
Figurent Ă©galement dans son fonds dâarchives des notes graphiques concernant dâautres piĂšces de Daniel Larrieu et notamment La peau et les os (crĂ©ation Ă Rouen en mai 1984) et Anima (crĂ©ation Ă OrlĂ©ans en janvier 1988), ainsi que des dessins Ă partir de lâHommage Ă La Argentina (Admiring La Argentina) de Kazuo Ohno (crĂ©ation en 1977 au Daiichi Seimei Hall Ă Tokyo, prĂ©sentation au 14e festival international de Nancy en 1980, au festival dâAvignon en 1982, au Théùtre des CĂ©lestins de Lyon et au Théùtre de la Ville Ă Paris en 1986).
Mana danse de Nada (1988-1992)
« Au cours des nombreuses rĂ©pĂ©titions que jâai dessinĂ©es depuis 1981,[disait Patrick Bossatti en septembre 1988] , la relation qui sâest Ă©tablie avec les chorĂ©graphes et leurs danseurs Ă©tait complexe car ma prĂ©sence ne se rĂ©vĂ©lait pas indispensable Ă lâĂ©laboration de leur oeuvre. [âŠ] Je nâĂ©tais lĂ ni pour noter le mouvement, ni pour le rĂ©pertorier, encore moins pour en fournir une traduction chronologique. Il sâagissait en fait par cet exercice un peu tĂ©mĂ©raire dâacquĂ©rir une maĂźtrise graphique suffisante pour trouver une cohĂ©rence vĂ©ritable entre le trait et la volontĂ© qui lâordonnait, saisir le cheminement dâune pensĂ©e :celle du chorĂ©graphe rĂ©vĂ©lĂ©e par lâinterprĂ©tation,fixĂ©e aussitĂŽt par le crayon, et la mienne regardant lâoeuvre en chantier. »
Ă partir de cette expĂ©rience, Patrick Bossatti va progressivement passer du dessin de danse Ă lâinvention graphique de danses,dont un exemple majeur est Mana danse de Nada (1988-1992) : des silhouettes sans succession logique mais entretenant entre elles « au contraire, des rapports inĂ©gaux de latĂ©ralitĂ©, dâĂ©chelles, dâalternances rythmiques : bref, ce quâil faut de libertĂ© par rapport Ă un champ visuel Ă©tabli, fut-ce celui dâune feuille de papier, pour contribuer rĂ©ellement Ă ce qui sâappelle une “danse” » (selon les mots de Laurence Louppe). Bertrand Lombard, Ă qui lâoeuvre graphique Mana danse a Ă©tĂ© offerte, entreprend dâinterprĂ©ter la danse que porte ou propose le dessin, devant le dessinateur lui-mĂȘme qui chaque fois redessine la danse : « par un long Ă©change entre patience et prĂ©cisions, jâexposais ma propre lecture des pages dessinĂ©es, Patrick Bossatti observait, affinait et guidait cette interprĂ©tation. Si Mana danse de Nada a fini par ĂȘtre montrĂ©e, dâabord Ă des amis et par la suite Ă un public plus large, elle nâa jamais constituĂ© un rĂ©el spectacle mais plutĂŽt une occasion de partager cet Ă©change entre interprĂ©tation et observation. Le plaisir direct de regarder un corps prendre progressivement possession dâun espace, mettre en Ă©vidence le cheminement mĂȘme de la pensĂ©e dâabord notĂ©e et dessinĂ©e, puis transmise pour exister en chair et en os et devenir Ă©ventuellement souvenir ou pensĂ©e pour celui qui observe et qui peut Ă nouveau dessiner ce quâil voit... »
En 1989, aprĂšs des mois de « dĂ©chiffrage » de la partition dessinĂ©e les deux artistes partent dans le Ladakh (Petit Tibet) rĂ©inventer jour aprĂšs jour une danse jamais figĂ©e, que lâun danse et que lâautre redessine. Pour les deux complices, « Mana danse de Nada, câest lâhistoire de la patiente et mĂ©ticuleuse lecture gestuelle dâune partition de danse prĂ©alablement dĂ©posĂ©e sur un carnet de croquis :une danse nĂ©e du dessin et qui chaque fois y retourne. Câest lâhistoire dâune cĂ©rĂ©monie intime devenue naturellement publique », telle un rituel,toujours Ă la lumiĂšre du jour,notamment au festival dâAvignon(1990) ou lors de Danse Ă Aix en 1992,souvent en parallĂšle dâune exposition des dessins de Patrick Bossatti.
Entre autres « inventions de danse »,on peut aussi citer celle que le plasticien dessine en 1993, Ă la demande du metteur en scĂšne Alain Neddam, pour le spectacle Espaces blancs, tirĂ© du texte du mĂȘme nom Ă©crit par Paul Auster ». En 1993, Ă©galement, le 22 mars, Patrick Bossatti soutient sa thĂšse dâArts plastiques intitulĂ©e : « Vers lâĂ©mergence et la cohĂ©rence dâun cosme » (sous la dir. dâĂliane Chiron). Il dĂ©cĂšde le dimanche 22 aoĂ»t 1993.
Hommages :
Samedi 13 et lundi 15 février 2010 à 14h à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon
Spectacle Mana danse de Nada / Bertrand Lombard
Exposition de dessins de danse de Patrick Bossatti
- Lundi 15 fĂ©vrier 2010 Ă 11h Ă lâĂ©cole des Beaux-Arts - Avignon
ConfĂ©rence Patrick Bossatti plasticien / Ăliane Chiron
Mercredi 17 fĂ©vrier 2010 Ă 18h au studio Bossatti du pavillon noir - CCND dâAix-en-Provence
Spectacle Mana danse de Nada / Bertrand Lombard
[1] Emmanuel Serafini et Florence Francisco co-fondent en 1995 le bureau de production et de diffusion de spectacles, ODACE(Organiser et DĂ©velopper des ActivitĂ©s Culturelles et Ăducatives en Europe), qui rassemble des compagnies chorĂ©graphiques comme Fattoumi-Lamoureux (1990 Ă 2003) ou dramatiques comme celle de Pascal Rambert.
ODACE a accompagnĂ© Ă©galement les projets de compagnies de cirque,de plasticiens,de musiciens ou dâartistes lyriques.