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Avec le Club de l’Art

MoMA : Triomphe de l’Art Moderne

Un musée en constante évolution

mardi 22 mars 2011

Le MoMA (Museum of Modern Art) fut inauguré à New York dix jours après le krach boursier de 1929. Ce musée en constante évolution, qui marie l’art moderne des origines à son expression la plus récente, est l’oeuvre de trois femmes, riches et avisées. Nouvelle promenade new yorkaise avec Serge Legat.
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C’est en 1927 que naquit à New York l’idée de créer un musée d’art contemporain. Ce projet avant-gardiste fut l’œuvre de trois femmes, toutes mariées à des hommes richissimes, Lillie P. BLISS, Mary Quinn SULLIVAN, et Abby Aldrich ROCKEFELLER, l’épouse de John D. ROCKEFELLER.

Sans perdre de temps, le premier musée d’art moderne fut inauguré en novembre 1929, dix jours à peine après le grand krach boursier. Il se trouvait alors dans un bâtiment de la Cinquième avenue, Heckster Building. L’exposition inaugurale réunit exclusivement des artistes européens : CEZANNE, GAUGUIN, VAN GOGH et SEURAT.

Très vite le bâtiment se trouva beaucoup trop petit car les trois femmes fondatrices du musée firent des donations extraordinaires. Ainsi, en 1931 Lillie P.BLISS donna 235 Å“uvres d’art au musée. En 1939, on fit donc construire par les architectes Philip GOODWIN et Edward DURELL STONE un bâtiment en marbre et en verre dans un style « international », spécialement dédié au musée. De nouveaux départements y trouvèrent place : sculpture, photographie, cinéma, design. Le musée fut ensuite agrandi, en particulier de 1953 à 1964 par deux grandes ailes et l’aménagement d’un ‘Jardin de sculptures’ ou ‘Jardin Abby A. ROCKEFELLER’.

L’architecte japonais Yoshio TANIGUCHI dirigea la rénovation du bâtiment de 2002 à 2005 et augmenta sa surface d’exposition.

 Le jardin des sculptures

Le jardin des sculptures fut installé dans les années 60 et réaménagé en 1983-84.

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Le MoMA à New York
The Museum of Modern Art, designed by Yoshio Taniguchi. View of The Abby Aldrich Rockefeller Sculpture Garden and The David and Peggy Rockefeller Building. è 2007 Timothy Hursley @MoMa

D’abord, voici le Monument à Balzac de RODIN, (1898), une œuvre qui lui avait été commandée en 1891 par le Société des Gens de Lettres. Cette statue que RODIN considérait pourtant comme son chef-d’œuvre, déplut profondément à ses commanditaires et suscita bien des critiques. RODIN y avait énormément travaillé, se rendant dans tous les lieux où avait vécu Balzac, faisant de nombreuses études préparatoires d’un réalisme total, et exécuta finalement une œuvre coupée du réel. Ce qui compte ici pour l’artiste, ce n’est pas la ressemblance mais l’image que l’œuvre transmet, celle d’un artiste inspiré, habité par sa création.

Dans la même démarche mais avec des moyens différents, voici La Méditerranée (1902/1905) d’Aristide MAILLOL. Ici, la rupture avec le réel passe par une simplification et une idéalisation des formes. Les références sont avouées, à la fois à l’antiquité grecque et romaine (ne serait-ce que par le titre) et à la Renaissance, la position du modèle étant exactement celle de « La Nuit » de MICHEL-ANGE.

Avec Amedeo MODIGLIANI et cette Tête de 1915 (don de Mme ROCKEFELLER) la distance par rapport au réel est encore plus manifeste. Contrairement à RODIN, l’artiste pratique la taille directe. L’influence vient ici des arts primitifs, en particulier l’art africain, mais aussi de Constantin BRANCUSI que MODIGLIANI avait rencontré en 1909.

Nous pouvons donc voir en quelques exemples de cette fin du XIXème siècle et du début du XXème, combien la notion de réalité en sculpture était dépassée au profit de représentations tout à fait nouvelles.

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