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Ma première est une créatrice française, Caroline Deleens, dont la marque de prêt-à -porter haut de gamme, Mushi, a séduit une clientèle de femmes d’affaires chinoises. Mon second est un designer chinois, Frankie Xie, parti à la conquête du marché de luxe occidental derrière sa griffe Jefen. Mon tout est un souffle nouveau porté sur la mode "made in China", grâce à des créations synonymes de mode et de qualité. Les deux stylistes ont accepté de nous en dire plus. Portraits croisés par Charlotte Reversé. |
Mushi, c’est quoi ?
Mushi (« le modèle de l’Ouest » en mandarin) habille les femmes chinoises depuis 2002, date du lancement de la marque à Pékin. Mushi, aujourd’hui, c’est une boutique située en plein cÅ“ur de la capitale chinoise, et un projet d’ouverture de corner dans une boutique multimarques à Shanghai. Aura-t-on la chance de voir s’épanouir la marque sous des latitudes plus proches ? « Nous avons été contactés récemment pour la création d’une boutique Mushi dans le sud de la France » confie la jeune créatrice. Affaire à suivre...
Pourquoi on en parle ?
Mushi est la seule marque chinoise créée par une Française en Chine. Elle s’est rapidement imposée aux cotés des grandes marques de luxe dans la capitale chinoise, notamment grâce à l’organisation de deux défilés par an rassemblant des centaines d’invités.

Qui est Caroline Deleens ?
Fille d’expatriés, Caroline Deleens (31 ans) passe son adolescence à Pékin. Après le bac, elle rentre en France et étudie trois ans le stylisme à Esmod. Son diplôme en poche, et parlant parfaitement le mandarin, elle retourne en Chine et décide de lancer à Pékin sa propre marque : « Pékin est un coup de cÅ“ur, je me sens bien dans cette ville et dans cette culture. En outre, créer sa marque en Chine constituait un gros challenge – surtout à Pékin où la mode n’existait pas encore ».
Le style Mushi ?
La créatrice française le conçoit comme « un style occidental rehaussé de touches asiatiques : l’influence européenne se retrouve dans la coupe et l’apport chinois dans les détails - le col, les manches, les boutons, les poches... C’est aussi la qipao revisitée de façon plus moderne ». Robes bouffantes, manches évasées, pantalons larges ou cintrés mettent en valeur des silhouettes longilignes. D’inspiration parfois cinématographique, les collections de Caroline Deleens ont pu par le passé emprunter aux ambiances gracieuses et colorées de Wong Kar-Wai ou encore à l’univers sensuel des James Bond.
La femme Mushi ?
La marque habille beaucoup de femmes d’affaires ou encore des vedettes chinoises issues du milieu de la télévision, de la chanson ou du cinéma. Pour Caroline Deleens, « la cliente Mushi est une femme chinoise entre 30 et 45 ans, indépendante financièrement, ouverte d’esprit et dynamique. »
La prochaine collection Automne-Hiver 2008-2009 ?
Elle s’inspirera de l’art chinois, aussi bien de la calligraphie que de l’art érotique. Pour les couleurs, le styliste française annonce beaucoup de noir et de blanc (en écho à l’art calligraphique), mais aussi des touches de rouge et de beige. Des couleurs sublimées par l’usage de matières nobles comme le cuir, la soie, la maille et le cachemire : « J’aime l’hiver travailler le cuir et la maille et, l’été, des matières plus légères telles que le lin et le voile de coton. Pour chaque saison, la soie reste ma matière privilégiée. »
