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Exposition Mode sous l’Occupation

Jusqu’au 15 novembre 2009

par Nicole Salez, vendredi 12 juin 2009

Jusqu’au 15 novembre 2009, se tient l’exposition "Accessoires et objets, tĂ©moignages de vies de femmes Ă  Paris 1940-1944" au MĂ©morial du MarĂ©chal Leclerc de Hauteclocque et de la LibĂ©ration de Paris et du MusĂ©e Jean Moulin. L’occasion d’admirer ces objets alliant dĂ©brouillardise et coquetterie qui ont accompagnĂ© le quotidien des Parisiennes, des moments tragiques Ă  l’explosion de joie de la LibĂ©ration.
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Silhouettes, juillet 1943, n° 175. © Galliera / Roger-Viollet.
Silhouettes, juillet 1943, n° 175. © Galliera / Roger-Viollet.

DĂ©brouillardise et coquetterie

Depuis 1995, le MĂ©morial prĂ©sente des expositions sur la RĂ©sistance, la dĂ©portation, la LibĂ©ration de Paris, les rĂ©sistances allemandes au nazisme avec l’aide des historiens du Conseil scientifique du MĂ©morial. Pour la première fois, en association avec Galliera, musĂ©e de la Mode de la Ville de Paris, le MĂ©morial organise une exposition consacrĂ©e aux accessoires de mode sous l’Occupation Ă  partir d’un ensemble de 300 objets issus des collections de Galliera, enrichi de prĂŞts publics et privĂ©s. Chapeaux, sacs, chaussures… : objets tĂ©moins du Paris des « AnnĂ©es noires » qui allient dĂ©brouillardise et coquetterie, ces accessoires de mode sont mis en regard avec des photographies, journaux de mode, affiches, partitions de chansons et actualitĂ©s cinĂ©matographiques. Accessoires et documents sont superposĂ©s, juxtaposĂ©s, selon une scĂ©nographie qui donne une large place au contexte historique de l’Occupation.

De 1940 Ă  1944, les Parisiennes s’adaptent aux conditions imposĂ©es par l’occupant et le gouvernement de Vichy : attendre durant des heures devant les magasins, se protĂ©ger du froid, se dĂ©placer dans Paris. MalgrĂ© tout, la vie reprend ses droits : les cinĂ©mas et les théâtres, seuls lieux chauffĂ©s, n’ont jamais Ă©tĂ© autant frĂ©quentĂ©s. Face aux restrictions, les Parisiennes redoublent d’ingĂ©niositĂ© dans l’art de la rĂ©cupĂ©ration, de la substitution et des astuces, tout comme les crĂ©ateurs, les artisans et les fabricants qui multiplient les inventions et adaptent leur production Ă  la pĂ©nurie (semelle de bois articulĂ©e ou compensĂ©e, besace en bandoulière…). L’utilisation d’ersatz (rayonne, fibranne…), de matĂ©riaux inhabituels (papier journal, bois…) ou usagĂ©s (pneu, chutes de tissu et de cuir…) s’impose.

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Sac à double-fond, 1940-1944
Sac Ă  double-fond, 1940-1944

Séduction, résistance, et compromission

L’accessoire joue un rôle significatif par sa fonction et son usage. Outil de la propagande de Vichy (le portrait de Pétain imprimé sur un foulard), il est aussi utilisé par les Résistantes dans leurs actions (sac à double fond et à double paroi pour dissimuler les tracts). Il accompagne le quotidien des Parisiennes, des moments tragiques à l’explosion de joie de la Libération. Il raconte ainsi la dignité, la fierté, la frivolité, la séduction, la débrouille, l’invention, mais aussi la misère, la compromission, la soumission, tout autant que la résistance sociale ou politique… Objets réels, en couleur et en matériaux de toutes sortes, objets fragiles et pour certains riches de la trace de ceux qui les ont portés. L’Occupation et ce qu’elle signifie d’inhumanité, d’oppression, de contrainte, de violence, de difficultés à vivre est racontée ici par des images d’archives, en noir & blanc, agrandies et qui envahissent tout l’espace d’exposition, murs et socles des vitrines. C’est donc dans une confrontation aussi dense que possible avec le contexte historique dans lequel ils étaient fabriqués et portés, que sont exposés ces accessoires. Superpositions d’images, juxtaposition d’images et d’objets, mise en situation d’un objet d’histoire par rapport à un autre objet d’histoire définissent la scénographie.

Parcours de l’exposition

Section I : Des phĂ©nomènes de mode

- Ă‰volution de la silhouette
- Tendances de mode
- Les modistes : le chapeau, entre Ă©lĂ©gance et extravagance
- Les bottiers maroquiniers
- La fabrication maison

Section II : La vie au quotidien

- Les restrictions
- PĂ©nurie, astuces et inventions
- Les nouveaux matĂ©riaux
- La vie quotidienne
- La vie culturelle : théâtres, restaurants et cinĂ©mas
- Ă€ l’hippodrome

Section III : L’accessoire tĂ©moin de la vie politique

- Accessoires de propagande
- Aryanisation et spoliation des biens juifs
- L’accessoire, symbole d’opposition et de rĂ©sistance
- La LibĂ©ration de Paris

- Commissariat : Fabienne Falluel, Conservatrice en chef au musĂ©e Galliera, Marie-Laure Gutton, ChargĂ©e d’études documentaires au musĂ©e Galliera, Christine Levisse-TouzĂ©, Directrice du MĂ©morial-MusĂ©e, avec l’aide de JoĂ«lle Boyer, responsable du service Ă©ducatif et de Dominique Veillon, directeur de recherche honoraire du CNRS, membre du conseil scientifique du MĂ©morial-MusĂ©e.

- ScĂ©nographie : Jean-Jacques Raynaud, Architecte-musĂ©ographe, CL Design, Graphisme

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Jeanne Lanvin, turban de paille cousue sur organza, 1942-1943.
Jeanne Lanvin, turban de paille cousue sur organza, 1942-1943.

Les femmes sous l’occupation

Ă€ la diffĂ©rence des Anglaises, des Allemandes et des AmĂ©ricaines, les Françaises n’ont pas obtenu le droit de vote après la Première Guerre mondiale. Certes en 1936, LĂ©on Blum fait entrer Irène Joliot-Curie, CĂ©cile Brunschwig, Suzanne Lacore comme secrĂ©taires d’État dans le premier gouvernement de Front populaire. Mais pour le commun des mortelles rien ne change rĂ©ellement mĂŞme si le statut des femmes connaĂ®t quelques avancĂ©es. En 1938, elles obtiennent le droit d’exercer un mĂ©tier sans l’autorisation de leur mari ou de leur père. Le rĂ©gime de Vichy impose un retour en arrière en les cantonnant Ă  un rĂ´le d’épouse et de mère que glorifient les nombreuses affiches. Le gouvernement poursuit les actions incitatives sur le modèle du code de la Famille de 1938 pour lutter contre la chute dĂ©mographique, en augmentant les allocations familiales, en instituant le salaire unique (mars 1941), en gĂ©nĂ©ralisant la journĂ©e des mères. La loi du 5 fĂ©vrier 1942 durcit la loi de 1920 contre l’avortement : Marie-Louise Giraud, accusĂ©e d’en avoir pratiquĂ©, est guillotinĂ©e. La loi du 11 octobre 1940 interdit toute embauche fĂ©minine dans la fonction publique sauf pour les femmes seules. Cette mesure est abrogĂ©e en 1942 car près de 700 000 Ă©pouses de prisonniers sont contraintes de travailler. Beaucoup doivent assumer le rĂ´le de chef de famille. Les obligations domestiques qui leur Ă©choient habituellement sont devenues encore plus pesantes du fait de la guerre et des restrictions. Ce qui ne les empĂŞche pas de s’engager dans la RĂ©sistance.

Portfolio

Sac à main en marqueterie de bois et cuir, vers 1943. © E. Emo et S. Piera / (...) Espadrilles en raphia, sac en ficelle de papier tressée, 1941-1942. © E. Emo (...) Duvelleroy, sac en cachemire et cuir, 1942. © S. Piera / Galliera / (...) Sandales en cuir, sac à main en peau de serpent, 1940-1944. Dunand, sandales en taffetas violet ; semelle compensée en bois, 1941. © E. (...) Madame Charlotte, turban en velours de rayonne, 1943. © E. Emo et S. Piera / (...) Rue de Rivoli, début août 1944. © Mémorial Leclerc-Musée Jean Moulin, coll. (...)


- Accessoires et objets, tĂ©moignages de vies de femmes Ă  Paris 1940-1944
- Du 20 mai au 15 novembre 2009
- MĂ©morial du MarĂ©chal de Hautecloque et de la LibĂ©ration de Paris, MusĂ©e Jean Moulin - Jardin Atlantique (au-dessus de la gare Montparnasse) 23, allĂ©e de la 2e DB 75015 Paris - Tel : 01 40 64 39 44 - www.ml-leclerc-moulin.paris.fr Ouvert de 10 h Ă  18 h, tous les jours, sauf le lundi et les jours fĂ©riĂ©s
- MĂ©tro : Montparnasse BienvenĂĽe
- Tarifs : 4 euros ; TR : 3 et 2 euros
- www.ml-leclerc-moulin.paris.fr


- Programme culturel complet des MusĂ©es de la Ville jusqu’Ă  aoĂ»t 09 sur www.musees.paris.fr

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