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Monet et l’Abstraction

au musée Marmottan

par Nicole Salez, jeudi 19 août 2010

Le musĂ©e Marmottan Monet possède la plus importante collection au monde d’oeuvres de Claude Monet. Il coorganise en partenariat avec le musĂ©e Thyssen-Bornemisza de Madrid et la Caja Madrid, l’exposition « Monet et l’abstraction » qui se tient jusqu’au 26 septembre 2010.
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Claude Monet – Charing Cross Bridge. Fumées dans le brouillard, 1899-1901 – Huile sur toile, 73 × 92 cm Paris, musée Marmottan Monet, inv. 5001 – © musée Marmottan Monet, Paris/Bridgeman Giraudon/presse

L’hĂ©ritage de Monet continue de susciter de nouveaux rapprochements : son influence auprès des peintres abstraits de la seconde moitiĂ© du xxe siècle, est, depuis quelques annĂ©es, l’objet de nombreuses recherches. Interrogeant cette filiation moderniste, l’exposition prĂ©sentĂ©e par le MusĂ©e Marmottan Monet se propose de mettre en regard, Ă  travers un Ă©clairant face Ă  face, quelque 44 tableaux impressionnistes et abstraits provenant pour la plupart des collections conjointes du musĂ©e Marmottan Monet et de la fondation Thyssen-Bornemisza.

En rompant avec les modèles du passé, l’impressionnisme a ouvert la voie de la dissidence. Une brèche que les artistes expressionnistes américains n’auront de cesse d’agrandir, tout comme les informalistes européens. L’idée s’impose d’une autonomie de l’art dont les formes et les buts n’ont d’autres référents que le langage qu’il crée. Le sujet de la peinture, ce n’est plus la représentation mais la peinture elle-même dans sa matérialité, la toile, la touche, la couleur. Jacques Taddei, directeur du musée Marmottan Monet et Paloma Alarcó, directrice du département des peintures du musée Thyssen, sont les commissaires de cette exposition qui révèle l’influence cruciale de Monet à travers l’interprétation qu’en ont fait certains peintres abstraits, notamment américains.

En confrontant les tableaux de Monet aux œuvres de Pollock, Rothko, Sam Francis, de Staël, Kandinsky, … cette exposition propose un autre regard sur l’œuvre de Monet et démontre ainsi son rôle capital dans l’abstraction.

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PARCOURS DE L’EXPOSITION

Brumes et variations

Depuis la fenĂŞtre de sa chambre de l’hĂ´tel Savoy Ă  Londres, dans laquelle Monet passait ses hivers de 1899 Ă  1901, il rĂ©alisa plusieurs toiles, s’intĂ©ressant tout particulièrement Ă  la lumière, diffĂ©rente selon les heures de la journĂ©e. Ces toiles, retravaillĂ©es par la suite dans son atelier de Giverny, font de la lumière, et de l’atmosphère embrumĂ©e qui se dĂ©gageait de la Tamise, un motif de choix pour le peintre : il y montre la subtilitĂ© vaporeuse des paysages urbains plongĂ©s dans la brume londonienne. Pour Richter, chaque reprĂ©sentation du rĂ©el n’en est qu’une simple interprĂ©tation, par consĂ©quent subjective… rĂ©alitĂ© qu’il rĂ©vèle dans toute son immatĂ©rialitĂ©, Ă  travers ses « toiles abstraites », sans rĂ©fĂ©rent.

Effets de lumière

Lumière Claude Monet – La Meule, 1889-1890 Huile sur toile, 65 × 100 cm – Paris, musée Marmottan Monet, prêt permanent de la BogArt Collection © musée Marmottan Monet, Paris/Bridgeman Giraudon/presse

Les couchers de soleil de Monet témoignent de son attirance pour la représentation éphémère et changeante des reflets de la lumière crépusculaire sur la surface picturale. La façon dont Monet transforme les rythmes de la nature en l’expression de ses propres sentiments, grâce à une technique fluide et libre permettant à l’étude de la couleur d’acquérir le rôle principal, anticipe les abstractions chromatiques d’artistes ultérieurs tels que Rothko, Hofmann, Kandinsky, Gottlieb ou encore Vicente.

Monet / Kandinsky

Vassily Kandinsky – Bild mit drei Flecken. N. 196 [Image avec trois taches, no 196], 1914 – Huile sur toile, 121 × 111 cm – Madrid, musée Thyssen-Bornemisza – © Adagp, Paris 2010

« DĂ©couvrant la peinture de Monet Ă  Moscou en 1895 Ă  l’occasion d’une exposition de peinture française, Kandinsky tombe en arrĂŞt devant une toile de la sĂ©rie des Meules. La surprise se veut totale : « […] je remarquai avec Ă©tonnement et trouble que le tableau non seulement vous empoignait mais encore imprimait Ă  la conscience une marque indĂ©lĂ©bile, et qu’aux moments toujours les plus inattendus, on le voyait avec ses moindres dĂ©tails, flotter devant ses yeux. Tout ceci Ă©tant confus pour moi et je fus incapable de tirer les conclusions Ă©lĂ©mentaires de cette expĂ©rience. Mais ce qui m’était parfaitement clair, c’était la puissance insoupçonnĂ©e de la palette qui m’avait jusque-lĂ  Ă©tĂ© cachĂ©e et qui allait au-delĂ  de tous mes rĂŞves. La peinture en reçut une force et un Ă©clat fabuleux. Mais inconsciemment aussi, l’objet en tant qu’élĂ©ment indispensable au tableau en fut discrĂ©ditĂ©. » Michel Draguet, « Monet aux origines de l’abstraction », in Monet et l’abstraction, catalogue officiel de l’exposition, Ă©d. Hazan

Monet / Rothko

« […] chez Rothko, la nature se nappe dans son devenir-peinture, et […] ses vastes panneaux ne font plus de dĂ©tail. L’élĂ©mentaire s’incarne dans une rĂ©duction chromatique oĂą l’état personnel (l’âme) de l’artiste se voile dans l’état du monde. » Thierry DufrĂŞne, « Monet et l’impressionnisme-abstrait des annĂ©es 1950-1960 », in Monet et l’abstraction, catalogue officiel de l’exposition, Ă©d. Hazan

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Contrastes de formes

formes Claude Monet – Bras de Seine, près de Giverny, soleil levant, 1897 Huile sur toile, 89 × 92 cm – Paris, musée Marmottan Monet, dépôt Éphrussi de Rothschild, inv. 398 © musée Marmottan Monet, Paris/Bridgeman Giraudon/presse

Les variations de lumière, de temps et d’atmosphère, de même que les contrastes produits par le reflet de la végétation sur les eaux calmes, captés par Monet dans plusieurs de ses séries, ont exercé une influence capitale sur des artistes postérieurs tels que Clyfford Still. Ses formes aux couleurs brillantes, alliées à de puissants effets de contre-jour, affichent une parenté évidente avec les oeuvres de Monet.

Monet / Still

« La peinture [de Clyfford Still] propose un style inclusif oĂą des tracĂ©s colorĂ©s sinueux, qui font figure d’anfractuositĂ©s dans la muraille de matière picturale, effrangent les nappes de couleur, cisèlent des silhouettes et des architectures dans le all over, dĂ©passant l’abstraction du cĂ´tĂ© de la suggestion optique. » Thierry DufrĂŞne

De la touche au geste

Geste Claude Monet – Le Pont japonais, vers 1918 – Huile sur toile, 86 × 116 cm Paris, musée Marmottan Monet, inv. 5106 – © musée Marmottan Monet, Paris/Bridgeman Giraudon/presse

Dans les oeuvres de ses dernières annĂ©es, Monet crĂ©e un nouveau langage pictural, une expĂ©rience esthĂ©tique qui s’écarte de la peinture sur chevalet conventionnelle. La contemplation des toiles de la dernière pĂ©riode Monet, de mĂŞme que l’observation des oeuvres de Pollock, Krasner, Tobey, procure un sentiment similaire : la peinture semble nous envelopper.

Monet / Pollock

« [Greenberg fut] frappĂ© par la manière dont les grandes toiles all-over de Jackson Pollock se mettent Ă  partir de 1949-1950 Ă  Ă©voquer par leur dimension et leur grande unitĂ© tonale les NymphĂ©as de Monet. » Thierry DufrĂŞne

Monet / Tobey

Mark Tobey – Earth Rhythms [Rythmes de la Terre], 1961 Gouache sur carton, 67 × 49 cm Madrid, musée Thyssen-Bornemisza © Adagp, Paris 2010

« Par le white writing, la calligraphie blanche qui le caractĂ©rise, Tobey retrouve la façon dont Monet se servait du chapelet d’îles blanches (nĂ©nuphars) qui unit le nymphĂ©e pour unir le tableau d’une ligne d’énergie spirituelle, Ă  cette diffĂ©rence près que ce qu’applique Monet Ă  la nature, Tobey le veut appliquer Ă  la ville moderne : « Le white writing est apparu en moi comme les fleurs jaillissent du sol en un instant. Avec cette mĂ©thode j’ai trouvĂ© que je pouvais peindre les rythmes frĂ©nĂ©tiques de la citĂ© moderne […]. » Quand en 1956, il Ă©crit : « Quand on peut trouver l’abstrait dans la nature, on touche au plus profond de l’art », il est proche de Monet, mais lorsqu’il prĂ©cise : « J’ai cherchĂ© un monde « un » dans mes peintures mais pour le rĂ©aliser j’ai utilisĂ© une masse tourbillonnante », il accĂ©lère le principe de modulation circulaire qu’on trouve chez Monet. » Thierry DufrĂŞne

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Dans le jardin de Monet

Jardin Claude Monet – Glycines, 1917-1920 Huile sur toile, 100 × 300 cm – Paris, musée Marmottan Monet, inv. 5124 © musée Marmottan Monet, Paris/Bridgeman Giraudon/presse

Dans la série d’oeuvres consacrées au thème des Nymphéas l’artiste se montre de plus en plus désireux de réconcilier son art représentatif avec la revendication des aspects matériels de la surface picturale. De même que les Nymphéas, les fleurs, les arbres et le pont japonais de son jardin seront les thèmes picturaux favoris de Monet durant ses dix dernières années. Sur ces toiles, la fluidité de sa technique, qui évoque parfois des gouttes de pluie glissant sur la toile, préfigure le style adopté plusieurs décennies plus tard par les expressionnistes abstraits. Pour bon nombre d’entre eux, la maison du peintre à Giverny devient un véritable lieu de pèlerinage. Joan Mitchell, Jean-Paul Riopelle, ou Sam Francis voyagent en France dans les années 50 et, fascinés par Monet, visitent sa maison et son jardin. Cette découverte aura une influence cruciale sur leur oeuvre postérieure, la peinture de Monet épousant à la perfection leur idée du geste spontané comme point de départ d’une oeuvre d’art.

Monet / Mitchell

« Chez Mitchell, la reprĂ©sentation abstraite du paysage laisse percevoir un dessin sous-jacent qui pourrait donner l’impression d’un relevĂ© d’observation et aurait tendance Ă  “localiser” la sensation, si au cours de la contemplation, le spectateur ne se rendait bien vite compte que les modalitĂ©s chromatiques et leur distribution spatiale, par paquets et zones que distinguent les directions des coups de brosse, des mouvements du pinceau, ont une valeur beaucoup plus gĂ©nĂ©rale. Il s’agit d’un parcours intuitif dans l’esprit des NymphĂ©as, mais il ne faudrait pas ramener cela Ă  l’expressionnisme  : au contraire, il me semble que Mitchell accepte l’alĂ©a, mĂŞme si elle ne l’organise pas mĂ©thodiquement […]. » Thierry DufrĂŞne

Monet / Francis

Sam Francis – Peinture, 1957 – Huile sur toile, 192,5 × 106,4 cm – Eindhoven, collection Van Abbemuseum © Adagp, Paris 2010

« Alors que les premières toiles parisiennes de Francis Ă©taient pratiquement des monochromes blancs ou gris, l’émotion qu’il ressent Ă  sa première visite Ă  l’Orangerie le convertit Ă  la couleur avant qu’il n’opte pour le noir comme dans Deep Orange and Black commencĂ© en 1953 et dont Peter Selz dĂ©crit la genèse : « D’abord, Francis couvrit la surface de la toile d’un voile de brume aux contours indistincts qui rappelle le cycle de peintures murales de Monet Ă  l’Orangerie. Mais ensuite, il dĂ©limita Ă  nouveau cet espace plutĂ´t imprĂ©cis en peignant un cadre noir. Le noir ici est comme la coulĂ©e de lave qui projette sur la fenĂŞtre des particules sombres et incandescentes. […] » Inclassable, Francis l’est sans aucun doute, mais il a puisĂ© au cours de sa dĂ©cennie parisienne (1950-1960) et largement au contact de la peinture de Monet, cette dialectique de la couleur vive qui se rĂ©pand et du noir qui dissout. […] » Thierry DufrĂŞne

Monet / Riopelle

« Avec Riopelle, on est […] très proche de l’informel, et s’il parle de mosaĂŻque, c’est bien parce qu’il a mis le tableau en morceaux, en tasseaux et micro-surfaces qui se contorsionnent, s’enchevĂŞtrent pour s’abouter sans ordre prĂ©conçu, faisant de leur alliance d’un moment, d’une humeur et d’un allant, un alliage non-compositionnel. L’oeuvre, dans la lignĂ©e de celle de Monet qui s’imposait de peindre sans ombres portĂ©es, devient une mosaĂŻque de formes et de taches colorĂ©es. » Thierry DufrĂŞne

L’empreinte de Monet

Empreinte Claude Monet – La Cabane à Trouville, 1881 – Huile sur toile, 60 × 73,5 cm – Madrid, collection Carmen Thyssen-Bornemisza, en dépôt au musée Thyssen-Bornemisza © Musée Thyssen-Bormenisza, Madrid / Photo José Loren

Pour plusieurs motifs différents, l’influence de Monet peut être retrouvée chez de nombreux artistes abstraits de la deuxième moitié du siècle. Les créations de Jean Bazaine, Maria Elena Vieira da Silva ou Gerhard Richter exposées ici possèdent des affinités évidentes avec l’oeuvre du peintre impressionniste français.

Monet / Staël

Nicolas de Staël – Paysage méditerranéen, 1953 – Huile sur toile, 33 × 46 cm – Madrid, musée Thyssen- Bornemisza – © Adagp, Paris 2010

« Pour Nicolas de StaĂ«l, la vision se construit en pans colorĂ©s apposĂ©s sur la toile au couteau. Moins sensible au Monet modulateur, il a en revanche su reconnaĂ®tre – un peu comme l’avait fait Hans Hofmann – sa capacitĂ© Ă  crĂ©er du relief ou Ă  tout le moins une sensation spatiale (une manière d’espace tridimensionnel) sans peindre d’ombre, simplement au moyen des contrastes de couleurs. C’est ce simili-espace qui fait que de StaĂ«l oscille en permanence entre abstraction et figuration. » Thierry DufrĂŞne

Monet / Vieira da Silva

« Vieira da Silva a optĂ© Ă  la façon de Monet pour une modulation infinie, trame continue de la matière picturale qui traduit les inflexions de l’imprĂ©gnation vitale du sujet. » Thierry DufrĂŞne

Monet / Bazaine

« […] Jean Bazaine s’empare d’un motif cher Ă  Monet, l’eau, s’efforçant, selon les leçons de Gaston Bachelard et de Merleau-Ponty, de saisir la complexitĂ© organique de cet Ă©lĂ©ment Ă  travers ses mouvements, son rythme, sa lumière et sa profondeur. La peinture de Bazaine articule la durĂ©e de la conscience, le temps court des humeurs de l’âme (joie, colère) et le rythme de la nature et du temps qui passe. Son sens de la matière qui incarne l’élĂ©ment sur la toile produit une technique intrigante, virtuose ou rugueuse, selon les cas. » Thierry DufrĂŞne

>>Lire Ă©galement :
-  Claude Monet : biographie
-  DVD : Claude Monet Ă  Giverny, la maison d’Alice
-  RMN : Monet numĂ©rique / www.monet2010.com
-  Claude Monet et floraisons de Giverny
-  Claude Monet - Exposition Paris 2010
-  RĂ©trospective Blanche HoschedĂ©-Monet
-  Claude Monet - Michel de Decker
-  Dans l’intimitĂ© de Monet

- Monet et l’Abstraction
- Du 17 juin au 26 septembre
- MusĂ©e Marmottan Monet - www.marmottan.com - 2 Rue Louis Boilly 75016 Paris 01 42 24 07 02
- Accès : MĂ©tro : Muette – Ligne 9/ RER : Boulainvilliers – Ligne C/ Bus : 22, 32, 52, P.C.
- Horaires : Ouvert du mardi au dimanche de 11h Ă  18h - Nocturne le mardi jusqu’à 21h - FermĂ© le lundi - Ouvert le 14 juillet et le 15 aoĂ»t
- Tarifs : Plein tarif : 9 euros/ Tarif rĂ©duit : 5 euros

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Commissariat de l’exposition

- Jacques Taddei, Directeur du musĂ©e Marmottan Monet

- Paloma AlarcĂł, Directrice du dĂ©partement des peintures du musĂ©e Thyssen-Bornemisza

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Le catalogue de l’exposition

Les auteurs

Paloma AlarcĂł est conservateur au dĂ©partement des peintures modernes au musĂ©e Thyssen-Bornemisza de Madrid et commissaire de l’exposition. « Monet et l’abstraction »

Michel Draguet est professeur Ă  l’UniversitĂ© libre de Bruxelles, et directeur des musĂ©es royaux des Beaux-Arts de Belgique. « Monet et l’impressionnisme-abstrait dans les annĂ©es 1950-1960 »

Thierry DufrĂŞne est professeur d’histoire de l’art contemporain Ă  l’UniversitĂ© Paris X - Nanterre oĂą il dirige le Centre de recherches en Histoire de l’Art et Histoire des ReprĂ©sentations (CHAHR). « Monet aux origines de l’abstraction »

- Ă‰ditions HAZAN
- bilingue français/anglais
- Volume brochĂ© avec rabats
- Format : 22 x 28.5 cm
- 60 illustrations – 176 pages
- Prix : 29 euros TTC

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