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New York : architecture et urbanisme

par Elsa Menanteau, dimanche 7 novembre 2010

New York, son architecture et son urbanisme. Rockfeller Center, Empire State Building, Chrysler Building, Central Park... autant de noms qui construisent, qualifient et reprĂ©sentent New-York aux yeux du monde. Avec Serge Legat, confĂ©rencier au Club de l’art, nous poursuivons notre pĂ©riple dans cette ville dont Steibeck disait " Elle est infatigable et son atmosphère est chargĂ©e d’Ă©nergie".
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Manhattan
Manhattan
©efruchard

MĂŞme si les gratte-ciels ne sont pas nĂ©s Ă  New-York, c’est pourtant la ville qui les reprĂ©sente le mieux ; elle Ă©labore, Ă©tape par Ă©tape, un style original de ce principe architectural qui sera une rĂ©fĂ©rence pour les architectes du monde entier.

 Le temps des premiers gratte-ciels

Dès le dĂ©but du 20ème siècle, les premiers immeubles en hauteur apparaissent, dĂ©veloppant dès le dĂ©part une grande originalitĂ© architecturale :

Flat iron building
Flat iron building

• Le Flat Iron building, le”fer Ă  repasser” est un des plus anciens gratte-ciel (1902) mais aussi un des plus Ă©tonnants de New-York. Il doit ce surnom Ă  sa forme triangulaire, très particulière, très en pointe. Il est situĂ© sur ce que l’on appelle Madison Square, Ă  l’intersection de trois grands axes : Broadway, la 5ème avenue et la 23ème rue, ce qui explique sa forme puisque Broadway est la seule avenue Ă  ne pas couper les autres axes Ă  angle droit.

Son architecte, David Hudson BURNHAM a fait le dĂ©but de sa carrière Ă  Chicago (ville d’origine du gratte-ciel) puis il est venu Ă  New-York. Une vingtaine d’étages, 87 m de haut, sa structure est mĂ©tallique et recouverte de pierre Ă  l’image de ce qui se construit en Europe Ă  la mĂŞme Ă©poque (gare d’Orsay, 1900). Le style s’inspire du passĂ© et de la tradition europĂ©enne, c’est un style historiciste. Ici la rĂ©fĂ©rence avouĂ©e est la renaissance florentine : grandes arcades du dernier Ă©tage, bossage de la façade comme sur les grands palais florentins.

Ce bâtiment est très rĂ©vĂ©lateur de ce premier âge d’or du gratte-ciel que va connaĂ®tre New-York. Il a pourtant fait scandale en particulier le jour de son inauguration oĂą une foule de messieurs se pressait pour voir se soulever les jupons des dames dans les violents courants d’air provoquĂ©s par l’intersection des trois axes ; la police dut intervenir !…

Saint Patrick à New York : gothique flamboyant
Saint Patrick Ă  New York : gothique flamboyant

• La cathédrale Saint Patrick est la cathédrale catholique de New-York, dédiée en 1910 au saint patron de l’Irlande. Elle est construite de 1858 à 1879, date à laquelle elle est inaugurée, cependant les travaux se poursuivront par l’édification des clochers vers 1885-1888. C’est en 1850 une idée de l’archevêque John HUGUES mais les plans seront réalisés par James RENWICK Junior. Très critiquée au départ pour son éloignement du centre, elle l’est aujourd’hui toujours car elle se trouve au cœur du monde de l’argent, dans le quartier le plus riche de la ville.

La cathĂ©drale est une rĂ©plique parfaite d’une cathĂ©drale europĂ©enne de style gothique flamboyant. Elle en utilise tout le vocabulaire architectural et ornemental, mĂŞme si certains Ă©lĂ©ments n’ont plus aucun rĂ´le structurel : ainsi les arcs-boutants ne soutiennent plus rien, la voĂ»te en plâtre Ă©tant très lĂ©gère, et n’ont qu’une fonction esthĂ©tique. Façade, Ă©lĂ©vation de la nef, voĂ»tement du choeur, très beaux vitraux, rosace surmontant le buffet d’orgue, c’est une belle rĂ©alisation qui traduit la cohĂ©rence de ce monde catholique new-yorkais avec les schĂ©mas de l’ancien monde. En 1901-1909, une chapelle de la Vierge est ajoutĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© du chĹ“ur. La cathĂ©drale, pourtant de très grande dimension, semble totalement dominĂ©e par l’architecture environnante.

• L’ITT World Communications building, construit en 1927 a été conçu par l’architecte Ely Jacques KAHN et réalisé par Louis S. WEEKS. Il a 33 étages et abritait les 120 000 m² de bureaux de la compagnie du téléphone et du télégraphe. On y retrouve toujours les retraits successifs des étages supérieurs ainsi que le goût du pastiche qui mélange ici renaissance italienne et française.

Etape par Ă©tape, l’architecture du gratte-ciel va Ă©voluer vers une originalitĂ© vĂ©ritable, abandonnant peu Ă  peu les rĂ©fĂ©rences au passĂ© de l’ancien monde :

• Le New-York Life Insurance building (1928) prĂ©sente encore quelques rĂ©fĂ©rences historicistes, sa structure est mĂ©tallique sous un dĂ©cor en pierre, mais son toit est d’une nouveautĂ© Ă©tonnante, couvert d’une Ă©paisse dorure. Il est l’œuvre Ă©galement de Cass GILBERT. Dans une symbolique typiquement amĂ©ricaine l’architecture sert d’image publicitaire : le toit dorĂ© est le signe que la compagnie d’assurances a les reins solides et que l’on peut donc lui faire confiance. De nuit, l’image du toit illuminĂ© est magnifique et participe Ă  la beautĂ© de ces magnifiques vues nocturnes de New York.

>> Lire aussi
— Le rayonnement artistique de New-York
— New-York et ses lieux de culture

- ConfĂ©rence de Serge Legat : le 15 novembre 2010
- Le Club de l’art. Tel : 01.42.46.46.68
- http://www.leclubart.com/index.php

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