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Observatoire du logement : TNS-Sofres

par Franck Moineau, mercredi 16 septembre 2009

La sortie de crise n’est pas attendue avant deux ou trois ans minimum ; la difficultĂ© Ă  financer l’acquisition d’un logement reste le premier facteur de blocage ; les prix de l’immobilier ont achevĂ© leur baisse, selon l’Observatoire du logement de TNS-Sofres.
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Principaux enseignements

→ La sortie de crise n’est pas attendue avant deux ou trois ans minimum (63% des Français)
 â†’ La difficultĂ© Ă  financer l’acquisition d’un logement reste le 1er facteur de blocage du marchĂ© immobilier (80% des Français)
 â†’ Les prix de l’immobilier ont achevĂ© leur baisse (58% des Français considĂšrent que les prix ne vont plus baisser, seuls 36% des Français envisagent une baisse des prix contre 63% en janvier 2009)
 â†’ L’immobilier est un moyen sĂ»r de placer son argent (68% des Français)
 â†’ Les intentions d’achat dans le logement neuf retrouvent leur niveau d’avant crise (5,2% des Français ont l’intention d’acheter un logement neuf, niveau Ă©quivalent Ă  celui de janvier 2008)

La crise s’installe durablement

Pour une majoritĂ© de Français, la crise Ă©conomique et financiĂšre est durablement installĂ©e en France. Seule une trĂšs faible minoritĂ© (8%) considĂšre que la sortie de crise est imminente, alors que 63% des Français sont convaincus que nous ne devrions pas sortir de cette crise avant plusieurs annĂ©es (38% d’entre eux d’ici deux Ă  trois ans et 25% dans de nombreuses annĂ©es).

Le pessimisme s’accroĂźt Ă  mesure que le revenu diminue. 40% des mĂ©nages français gagnant plus de 3 000 € par mois pensent que nous devrions sortir Ă  court terme de la crise contre seulement 22% des mĂ©nages gagnant moins de 800 € par mois.

Pour la crise de l’immobilier, le pronostic est quasi-identique, 60% des Français estiment que la crise sera de longue durĂ©e.

Les banques ne prĂȘtent pas

Pour l’ensemble, la situation actuelle de l’immobilier se caractĂ©rise avant tout par les difficultĂ©s Ă  financer l’acquisition d’un logement. Une opinion partagĂ©e par 80% des Français et qui a peu Ă©voluĂ© depuis l’éclatement de la crise financiĂšre (81% en septembre 2008).

C’est surtout l’accord de la banque qui est bien plus difficile Ă  obtenir (86% des sondĂ©s) et la durĂ©e de l’emprunt qui serait plus longue qu’avant (81%).

Dans une moindre mesure, la pĂ©nurie de logements accessibles continue d’ĂȘtre un obstacle selon la majoritĂ© des sondĂ©s (50%), tendance encore plus nette pour les mĂ©nages dont le revenu oscille entre 2 300 et 3 000 € par mois (60% d’entre eux).

L’incertitude prĂ©vaut, car les pronostics d’amĂ©lioration, de dĂ©tĂ©rioration ou d’absence de changement recueillent des parts quasi-Ă©gales. Pour autant, 68% des Français pensent que l’immobilier reste un moyen sĂ»r de placer son argent.

Les prix ne baissent plus

Si les Français ont du mal Ă  dessiner une tendance claire d’évolution dans les mois Ă  venir, l’attente d’une baisse de prix est en trĂšs net repli. Seuls 36% des Français espĂšrent encore une baisse des prix Ă  l’achat alors qu’ils Ă©taient 63% six mois plus tĂŽt. Les sondĂ©s pronostiquent dĂ©sormais une relative stabilitĂ© des prix (35%, +18 points par rapport Ă  janvier 2009).

La relance de la construction est indispensable

Dans ce contexte de crise durable de l’offre et du financement, le soutien Ă  la construction de logements est jugĂ© prioritaire pour 87% des Français. Selon eux, le gouvernement doit agir avant tout pour favoriser l’accĂšs au logement (53%) plutĂŽt que pour prĂ©server l’emploi dans le secteur du bĂątiment (27%) ou prĂ©parer la fin de la crise et la reprise Ă©conomique (15%).

Les dispositifs de relance sont populaires

En matiĂšre de politique de relance, les dispositifs tels que le doublement du prĂȘt Ă  taux zĂ©ro, le lancement d’un programme de construction de 100 000 logements supplĂ©mentaires en 2 ans ou l’achat de 30 000 logements par les bailleurs sociaux recueillent de vĂ©ritables satisfĂ©cits (respectivement 64%, 62% et 56% les jugent efficaces). Le nouveau systĂšme de dĂ©duction de l’investissement locatif (dispositif Scellier) souffre d’un dĂ©ficit de notoriĂ©tĂ© auprĂšs de l’ensemble des Français (49% des personnes interrogĂ©es restent sans opinion sur cette mesure), mais sĂ©duit les catĂ©gories aisĂ©es (35% des mĂ©nages gagnant plus de 3 000 €/mois la jugent efficace).

Faute d’une vision globale sur l’impact de ces mesures, les Français jugent que la politique du Gouvernement en matiĂšre de logement n’est toujours pas efficace (69% des Français), ni ne change vraiment les choses (60% des sondĂ©s). Ainsi, le logement n’arrive qu’au 10e rang des domaines perçus comme effectivement traitĂ©s par le Gouvernement.

Les intentions d’achat se stabilisent

L’indicateur du logement neuf retrouve aujourd’hui un niveau Ă©quivalent Ă  celui de janvier 2008 avec 5,2% d’intentions d’achat, une proportion stable par rapport Ă  janvier 2009 (5,1%). Ce sont surtout les 25-34 ans et les locataires qui manifestent leur intention d’acheter (respectivement 11% et 9%).

Les principales raisons de non acquisition d’un bien immobilier sont la satisfaction des conditions de logements actuelles (43%) et le manque de moyens financiers (18%). Paradoxalement, l’incertitude liĂ©e Ă  leur avenir (emploi, situation familiale, localisation
) ne reprĂ©sente un frein Ă  l’achat que pour 5% des Français.

Par ailleurs le neuf continue d’ĂȘtre attractif pour lui-mĂȘme puisque c’est dans « l’absence de travaux Ă  rĂ©aliser » que rĂ©side la premiĂšre motivation des futurs acquĂ©reurs (26%), suivie par la prĂ©fĂ©rence pour le neuf (23%). Les aides et mesures gouvernementales telles que le Pass FoncierÂź et le doublement du prĂȘt Ă  taux zĂ©ro arrivent Ă  la troisiĂšme place des motivations d’achat pour 12% d’entre eux.

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