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Dans la rubrique A vos plumes cette semaine, Serge Avezou écrit une ode à la vie et à l’amour, pleine de tendresse.
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Certains soirs un peu gris, je médite en silence
Sur le temps qui s’enfuit sans espoir de retour.
Qu’ai-je fait de ma vie, de mes dons, de mes chances ?
Qu’ai-je donc réussi ? peut-être mes amours ?
Pourtant, je n’ai pas fait de flatteuse conquête
Et, si je fus aimé, je l’ai rarement vu.
Mais je garde toujours dans mon cœur, dans ma tête
Celles que j’ai chéries, parfois à leur insu.
Au début du printemps, je pense à la gamine
Que j’aimais tendrement lorsque j’avais treize ans.
Je revois son visage et sa grâce enfantine.
Je me dis : c’est si loin ! qu’il était doux, ce temps !
Au plus chaud de l’été, je pense à cette femme
Qui enchantait mes jours, qui incendiait mes nuits,
Qui déchirait mon cœur, qui consumait mon âme
Et qui, de mes pensées, ne s’est jamais enfuie.
Quand l’automne revient, je me souviens d’une autre,
Qui me tenait la main quand j’étais malheureux,
Qui transformait ma vie pour en faire la nôtre
Et qui se blottissait contre moi, près du feu.
Maintenant c’est l’hiver et la femme que j’aime,
Qui reste à mes côtés malgré mes cheveux gris,
Je l’ai toujours aimée, car c’est toujours la même ;
Nous venons de fêter nos noces de rubis.