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Dans les décennies 1920 et 1930, les échanges croisés entre Paris et New York sont au coeur de la création artistique : peintres, photographes, sculpteurs, voyagent entre ces deux capitales, s’influençant l’une lrautre. Parmi eux : la photographe Lisette Model (1901-1983) dont l’exposition se déroule jusqu’au 6 juin 2010 au musée du Jeu de Paume.
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« Deux métropoles culturelles, autant par ce qu’elles créent, que par ce qu’elles transmutent et diffusent […] Deux capitales de l’émigration, ouvertes à tous les artistes « déplacés », et chacune à ceux de l’autre… » [1].
Dans les décennies 1920 et 1930, les échanges croisés entre Paris et New York sont au coeur de la création artistique : peintres, photographes, sculpteurs, voyagent entre ces deux capitales, s’influençant l’une l’autre. Le mouvement Dada et le Surréalisme deviennent internationaux et voyagent des deux côtés de l’Atlantique.
Dans les années 1920, la photographie devient, dans les cercles de l’avant-garde européenne, et en particulier à Paris, le medium et la métaphore de la modernité. Une génération de photographes, marqués par le mouvement Dada, le Surréalisme et le Constructivisme, s’empare de la photographie pour développer une « nouvelle vision », où priment l’expérimentation et la géométrie, mais aussi l’instantanéité et le quotidien transfiguré [2] . Paris devient un foyer de rencontre de ces nouveaux photographes, venus aussi bien des Etats- Unis (Man Ray, Berenice Abbott, Lee Miller) que de toute l’Europe (Germaine Krull, Rogi André, André Kertész, Ilse Bing), attirés par la vitalité de la scène artistique.
Les échanges sont continus avec New York, où, depuis le tournant du siècle, règne une activité considérable autour de la photographie, grâce en particulier aux personnalités d’Alfred Stieglitz et d’Edward Steichen [3], au groupe Photo-Secession et à la Galerie 291 [4]. A partir de la fin des années 1930, la montée de l’instabilité politique en Europe, et du fascisme, inquiète cette communauté artistique et détermine un départ continu des acteurs de cette Nouvelle Photographie vers les Etats-Unis. Martin Pleynet , dans le catalogue de l’exposition Paris-New York, commente : « Ce qui détermine cet « exode » est donc bien ici une question vitale pour la pensée et l’art moderne, et dans bien des cas pour ses représentants, qui ont à choisir entre leur attachement à une nation et à une langue et leurs convictions idéologiques » [5]. André Kertész part pour New York en 1936, Lisette Model en 1938, Germaine Krull en 1940.
Dès 1940 à New York, un département de la photographie est créé au Museum of Modern Art, qui expose activement ces photographes et poursuit une politique pédagogique et une prospection continue : la photographie bénéficie ainsi d’une forme de reconnaissance officielle qui lui était refusée en Europe. « En 1950 […] la norme du réalisme est passée du regard fixe de la chambre sur trépied au coup d’oeil fugitif du petit appareil. […] Ce vocabulaire photographique, de même que le photoreportage, prend son origine en Europe, dans les oeuvres de photographes comme Erich Salomon, Martin Munkasci, André Kertész et Henri Cartier- Bresson » [6]. Aux Etats-Unis, le modernisme européen rencontre la tradition du reportage social entretenu dans les années 1930 par les grandes commandes publiques de la FSA (Farm Security Administration), et au croisement de cette esthétique documentaire et de la nouvelle photographie émerge un style américain au sein duquel apparaît la Street Photography.
- Extrait du Dossier enseignants, mode d’emploi, réalisé à l’occasion de l’exposition "Lisette Model" au Musée du Jeu de Paume, du 9 février au 6 juin 2010.
[1] Robert Bordaz, « A propos de Paris-New York », in Paris-New York, catalogue de l’exposition au centre Georges Pompidou, 1977.
[2] Olivier Lugon, « Le marcheur, Piétons et photographes au sein des avant-gardes », in Etudes photographiques n°8 novembre 2008.
[3] Steichen, une épopée photographique, catalogue de l’exposition au Jeu de Paume, Paris, 2007.
[4] Peter Galassi, « Une double histoire », in La photographie américaine de 1890 à 1965 à travers les collections du MoMA, Centre G. Pompidou, 1995.
[5] Marcelin Pleynet, « La culture moderne », in Paris-New York, catalogue de l’exposition au centre Georges Pompidou, 1977.
[6] Peter Galassi, ibid.
Lisette Model
Du 9 février au 6 juin 2010
Musée du Jeu de Paume, 1 place de la Concorde
75008 Paris
Horaires : Mardi de 12h à 21h,
Du mercredi au vendredi de 12h à 19h,
Samedi et Dimanche de 10h à 19h,
Fermeture le lundi
Tél. 01 47 03 12 50
Accès : Métro : Concorde (lignes 1, 8, 12) /
Bus : 24, 42, 72, 73, 84, 94
TARIFS : Entrée : 7 €,
Tarif réduit : 5 € -
Les "mardis jeunes" : entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi du mois, de 17h à 21h
Photographies - Exposition Lisette Model (1901-1983)
Autour de l’exposition Lisette Model
Lisette Model, artiste de la Photo League (1936-1951)
Femmes photographes dans les années 1930 à 1950