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Pollock et le chamanisme

à la Pinacothèque de Paris. du 15 octobre 2008 au 15 février 2009

par Nicole Salez, lundi 27 octobre 2008

La Pinacothèque de Paris présente un ensemble exceptionnel d’oeuvres de Jackson Pollock inspiré par le chamanisme amérindien, pour la première fois à Paris depuis 26 ans, du 15 octobre 2008 au 15 février 2009. L’occasion de découvrir le peintre américain sous un autre aspect que ses fameux "dripping", d’en connaître davantage sur ses sources d’inspiration, sa transformation spirituelle.
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Untitled – Equine series IV© Adagp, Paris 2008
Untitled – Equine series IV© Adagp, Paris 2008

Grâce à cette lecture inédite, véritable découverte du mode opératoire de l’artiste, cette exposition permet également d’éclairer et de comprendre le processus de transformation spirituelle chamanique que Pollock avait fait sien. Sur l’idée de Stephen Polcari, auteur de l’ouvrage de référence sur le mouvement de l’« American Abstract Expressionism », l’objectif de cette exposition est d’explorer une relecture inédite de l’oeuvre qui nous propose de démontrer que les sources d’inspiration de Pollock sont ancrées dans le chamanisme amérindien.

Le propos

La fascination éprouvée par Pollock pour l’art amérindien et ses rituels, ainsi que leur influence sur son travail n’ont jamais été véritablement étudiées. L’exposition a l’intention de se pencher sur cette question essentielle. Elle montre l’idée que Pollock se faisait de l’inconscient comme illustration des rituels indiens et du chamanisme. Avec des dessins et tableaux importants puisés dans son travail abstrait et semi abstrait, elle sera la première à illustrer ses images et ses formes en les comparant à l’imagination chamanique, dont on ne connaît pas grand-chose, tout en admettant son existence.

Figure Knealing before Arch with Skulls© Adagp, Paris 2008
Figure Knealing before Arch with Skulls© Adagp, Paris 2008

Nous savons depuis longtemps que Pollock fut attiré, comme les surréalistes, par tout ce qui relevait de l’inconscient. Après la Seconde Guerre Mondiale, dans le contexte des peurs engendrées par la société américaine, le chamanisme a pu apparaître comme un moyen efficace de "transformation spirituelle" pour Pollock. Pollock est sans doute celui qui est allé le plus loin dans cette recherche. Il est généralement considéré que Jackson Pollock voyait les origines de l’art dans les sources de l’inconscient. Pourtant Pollock lui-même, tout en l’ayant souvent répété, n’a cependant jamais donné d’explication sur ce qui relevait de l’inconscient. Depuis les années cinquante, grâce à la première vague des interprètes de son travail, il est convenu de penser que son art découlait de son psychisme propre. Cette interprétation facile découle du caractère même de l’artiste et en particulier de son penchant pour l’alcool. Il est maintenant considéré que cette approche très Freudienne ne voyait l’art de Pollock qu’au travers de ces seuls rêves et fantasmes quotidiens, ses problèmes et ses douleurs. D’autres interprétations sont ensuite venues compléter cet aspect, notamment par l’étude plus approfondie de ses années de formation (les années 30 et 40).

Man, Bull, Bird© Adagp, Paris 2008
Man, Bull, Bird© Adagp, Paris 2008

Pollock a suivi à cette époque une thérapie Jungienne pendant quatre ans. Le rôle de la psychanalyse Jungienne est désormais plus ou moins admis et notamment l’impact de l’inconscient collectif dans l’oeuvre de Pollock. Cependant, une autre idée s’impose désormais qui permet d’aller au-delà de cette interprétation. Pendant les années 30 et 40, l’inconscient était considéré comme une pensée relevant du réflexe "primitif ", c’est-à-dire, une conscience telle qu’il était possible encore de la trouver dans les peuples non-européens. Pollock était, à ce titre, particulièrement attiré par cette idée notamment sous l’impulsion de son ami, l’artiste John Graham, un émigré russe qui combinait l’art de Picasso avec celui du "primitivisme " et de l’inconscient. En suivant cette analyse, l’oeuvre de Pollock peut être expliqué beaucoup plus facilement en la comparant aux images et rituels des Indiens d’Amérique, particulièrement ceux des Navajos, avec leurs peintures sur le sable, et en liaison direct avec les rituels chamaniques, qu’il avait profondément étudiés et qu’il admirait. Sa quête de transformation spirituelle le conduisit en effet à tenter de trouver dans la figure symbolique du shaman le moyen de se réconcilier à la vie. Le chamanisme exprime la relation de l’homme et de la création, selon les peuples qui l’ont adopté à la fois comme pratique spirituelle et comme mode de relation au monde. Il recouvre un ensemble de croyances, de rituels et de pratiques qui doivent harmoniser les liens entre les êtres humains et l’univers.

Untitled ( number 25)© Adagp, Paris 2008
Untitled ( number 25)© Adagp, Paris 2008

Le parcours

Des toiles majeures révèleront les emprunts répétés de Pollock à ce processus chamanique, aussi bien dans le domaine de la semie abstraction comme avec Birth, Untitled (Bald Woman with Skeleton) ou Man Bull Bird , que dans l’abstraction pure avec les fameux “dripping”. En regard d’une sélection d’une trentaine d’oeuvres de Pollock provenant de musées internationaux comme des plus importantes collections particulières, l’exposition propose un parcours sensible dans les sources d’inspiration chamaniques de Pollock en présentant également un ensemble exceptionnel d’objets rituels ou décoratifs, pour la première fois réunis, en provenance des peuples de la côte Nord Ouest et des peuples du Grand Nord : hochets, masques, soul catcher, amulette, poteau totémique… Les oeuvres et objets exposés donnent toute la mesure des formes et des images répétitives que Pollock a puisées dans l’art indien.

Deux films prolongent le propos : le premier de 1930 sur l’aspect de la culture traditionnelle des indiens Kwakiutl "The Kwakiutl of British Columbia" de Franck Boas et B. Holm, le second de 1914-1972 sur l’épopée romanesque chez les Kwatkiutl de la côte nord-Ouest du Pacifique. « The Land of the war canoes" de Eduard Curtis. Enfin, pour illustrer l’attrait des surréalistes pour le monde chamanique, l’exposition propose aussi de s’arrêter sur quelques oeuvres majeures d’André Masson.

- Pollock et le chamanisme
- 15 octobre 2008 - 15 février 2009
- Direction artistique : Marc Restellini, assisté de Hélène Desmazières et Alexandre Curnier

- Commissariat scientifique : Stephen Polcari, assisté de Jenny G. Chevallier

- Comité scientifique : Samuel Sachs, président de la Pollock-Krasner Foundation, Susan Davidson, conservateur au Solomon R. Guggenheim Museum, Joan Washburn, Succession Pollock.

- Scénographie : Laurent Guinamard –Casati


Publications

- Pollock et le chamanisme
- Ã‰ditions Pinacothèque de Paris
- Ã‰crit par Stephen Polcari, professeur d’histoire de l’art à la Chapman University, auteur de l’important essai « Abstract Expressionism and the Modern Experience »

- Portfolio n°3 Jackson Pollock
- Ã‰ditions Pinacothèque de Paris
- Format : 33 x 35 cm

- L’essentiel. Guide de l’exposition
- Ã‰ditions Pinacothèque de Paris
- Texte d’introduction, parcours, liste des oeuvres


Lire aussi :

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