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Proust : MusĂ©e Lettres et Manuscrits

Le musée ouvre ses portes avec Marcel Proust

par Nicole Salez, lundi 19 avril 2010

Le musĂ©e des lettres et manuscrits a ouvert ses portes le 15 avril 2010 sur une exposition consacrĂ©e Ă  une figure majeure de la littĂ©rature, Marcel Proust (1871-1922). L’occasion de dĂ©couvrir un Proust intime et multiple.
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« Proust, du temps perdu au temps retrouvĂ© »

Ă€ travers quelque 160 documents dont plusieurs n’ont jamais Ă©tĂ© publiĂ©s, le tout nouveau musĂ©e des lettres et manuscrits prĂ©sente un fonds exceptionnel consacrĂ© Ă  Marcel Proust. Sont exposĂ©s aussi bien des lettres que des manuscrits, des dessins, des photographies ou des Ă©ditions originales, couvrant presque toute la vie adulte de l’écrivain, de 1894 Ă  sa mort en 1922. Six pièces avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© montrĂ©es dans l’exposition « Marcel Proust » de la BnF en 1965 mais de nombreuses autres sont exposĂ©es pour la première fois et ne figurent pas dans l’abondante bibliographie consacrĂ©e Ă  l’écrivain.

L’essentiel de ces documents provient de deux collections exposĂ©es au sein du musĂ©e : d’une part celle d’AndrĂ© Maurois (auteur d’une remarquable biographie de l’écrivain) et son Ă©pouse Simone de Caillavet (fille d’amis de Proust, Ă  l’origine du personnage de Mademoiselle de Saint-Loup dans La Recherche) et d’autre part celle de Suzy Mante-Proust, nièce de l’écrivain. Cette source inestimable sur la vie de l’auteur comme sur la genèse de son grand Ĺ“uvre contient des informations prĂ©cieuses sur la structure de La Recherche, qu’il appelle son « roman plein de malĂ©dictions ».

Un Proust intime et multiple

Proust confie ainsi son peu d’affection pour Swann, ou ses rĂ©ticences Ă  l’égard de Ă€ l’Ombre des Jeunes Filles en fleurs, qu’il trouve « trop fade ». Cette correspondance est Ă©galement riche d’informations sur les personnes qui, dans l’entourage de Proust, en ont inspirĂ© les personnages, soit qu’il les Ă©voque dans ces lettres, soit qu’elles leur soient adressĂ©es (ainsi de Gilberte Swann, inspirĂ©e par Jeanne Pouquet - mère de Simone de Caillavet -), du baron de Charlus qui doit beaucoup au comte de Montesquiou, ou d’Albertine, qui emprunte Ă  Alfred Agostinelli et Albert Nahmias, pour ne prendre que ceux-lĂ ).

On dĂ©couvre Ă©galement de nombreuses considĂ©rations de l’écrivain sur la vie, sur l’amitiĂ©, sur l’amour (Ă  LĂ©on BĂ©lugou en 1906 : « y a-t-il un amour que la prĂ©sence de ce qu’on aime n’affaiblisse ? »), sur le temps fugace (Ă  sa mère : « dis-toi que cette lettre est l’expression d’une rĂ©alitĂ© fugitive qui ne sera plus quand tu la liras ») et sur cette « mĂ©moire fatiguĂ©e par les stupĂ©fiants ». Ce sont enfin mille et un dĂ©tails sur sa vie mondaine, amicale, familiale, qui forment au fil des lettres le portrait kalĂ©idoscopique de Marcel Proust.

Au-delĂ  de l’auteur, c’est en effet un Proust intime et multiple qui s’exprime Ă  travers cette correspondance quotidienne : c’est l’ami, qui s’enquiert des siens avec une exubĂ©rante sollicitude, c’est le fils, qui partage avec sa mère ses tracas quotidiens et les incessants tourments que sa santĂ© fragile lui inflige (« cela me fait tant de plaisir de me plaindre Ă  toi »), c’est l’écrivain qui, soucieux de la promotion de son Ĺ“uvre, nourrit d’abondants Ă©changes avec ses Ă©diteurs et avec la presse, c’est jusqu’au locataire, dont la relation tendue avec son propriĂ©taire est le fruit d’un soin jaloux, pour ne pas dire maniaque, apportĂ© Ă  la prĂ©servation de son univers calfeutrĂ©.

La sensibilitĂ© extrĂŞme de l’écrivain transparaĂ®t Ă  chaque ligne, exacerbĂ©e par l’omniprĂ©sence de la maladie qui le confine dans sa chambre et dont on voit combien elle rythmait ses jours et occupait ses pensĂ©es et ses Ă©crits. L’écriture « domestique » et quotidienne de Proust, si Ă©loignĂ©e de la plume incomparable qui fut celle de l’auteur de La Recherche, porte un Ă©clairage intime sur la personnalitĂ© de cet hypersensible mondain, qui se dĂ©clare « moins vaniteux que sensible ».

- Commissaire de l’exposition « Proust, du temps perdu au temps retrouvĂ© » : Estelle Gaudry, assistĂ©e de SĂ©bastien Zaaf

- Ouvrage-catalogue : Format : 21 x 29,7 cm / Nombre de pages : 160 pages / Prix : 30 €Co-Ă©dition MusĂ©e des Lettres et Manuscrits / Editions des Equateurs


- Proust, du temps perdu au temps retrouvĂ©
- 15 avril - 29 aoĂ»t 2010
- MusĂ©e des lettres et manuscrits
- 222, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris / TĂ©lĂ©phone : 01 42 22 48 48
- Site web : www.museedeslettres.fr
- Tarifs et horaires d’ouverture : Du mardi au dimanche de 10h Ă  18h, nocturne le jeudi jusqu’à 20h / EntrĂ©e : 7 €, tarif rĂ©duit : 5 € Gratuit pour les moins de 12 ans
- Accès : MĂ©tro : rue du Bac, Sèvres-Babylone, Saint-Germain des PrĂ©s RER C : MusĂ©e d’Orsay Bus : 63, 68, 69, 83, 84, 94

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