Rétrospective Blanche Hoschedé-MonetJusqu’au 3 octobre 2010 par Nicole Salez, dimanche 27 juin 2010 Dans le cadre du festival "Normandie impressionniste", le musée de Louviers (Eure) présente une rétrospective du peintre Blanche Hoschedé, seconde femme de Claude Monet après avoir été sa belle-fille et sa bru.
Plus de cinquante toiles retracent l’oeuvre de cet artiste à la destinée Impressionniste, allant des années 1880 à son dernier tableau réalisé en 1947.
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Mais écoutons plutôt Michel Natier, directeur du musée de Louviers : "Dans le cadre de « Normandie Impressionniste », l’idée de consacrer une exposition personnelle à Blanche Hoschedé-Monet au musée de Louviers s’inscrit dans la politique développée au fil du temps par cette institution sur les peintres normands. Nos relations privilégiées avec Philippe Piguet, historien, enseignant et critique d’art, commissaire d’expositions indépendant, et de surcroît petit-neveu de l’artiste, est à l’origine de ce projet. Bien que ne présentant pas actuellement ses collections de façon permanente, le musée de Louviers possède un certain nombre d’oeuvres d’artistes normands de la fin du XIXe siècle, notamment de "l’Ecole de Rouen" , tels Charles Frechon, Léon Jules Lemaître, Joseph Marie Louis Delattre, Robert Antoine Pinchon. Plusieurs expositions ont permis d’étudier l’oeuvre de quelques- uns de ces peintres, notamment à travers les rétrospectives de Frechon et de Pinchon qui ont fait l’objet d’édition de catalogues.
Le projet d’exposition de l’oeuvre de Blanche Hoschedé-Monet, qui a vécu en Normandie dès l’âge de 18 ans, sera donc l’occasion de poursuivre l’étude de la peinture de cette période et fera l’objet de l’édition d’un catalogue, accompagné d’une première esquisse de catalogue raisonné. Une cinquantaine de toiles ainsi que des dessins constitueront un parcours rétrospectif de l’oeuvre de l’artiste."

Blanche Hoschedé-Monet, 1865-1947, un destin impressionniste
par Philippe Piguet, commissaire de l’exposition
Autour de Claude Monet, un nombre important d’artistes venus parfois des horizons les plus éloignés se sont retrouvés vivre à Giverny sous la même lumière, devant les mêmes spectacles.
Plus près de Claude Monet, au sein même de l’intimité familiale, Blanche Hoschedé-Monet a vécu une expérience unique. Elevée par lui, à la vie comme à la peinture, devenue successivement sa belle-fille - par le mariage de sa mère avec le peintre -, puis sa bru - par son propre mariage avec le fils aîné de Monet -, elle a reçu les leçons qu’il ne donnait pas mais que sa fréquentation quotidienne enseignait.
Jamais Monet ne lui a appris la peinture mais à vivre à ses côtés, elle est devenue peintre. A sa façon. Un peintre dans la plus pure tradition impressionniste, privilégiant peintures de paysages et de natures mortes.
Blanche Hoschedé-Monet, Meules, effets de neige, huile sur toile, Collection Fondation Claude Monet, Giverny
Blanche Hoschedé-Monet est née le 10 novembre 1865 à Paris. Elle était le deuxième enfant d’Ernest et d’Alice Hoschedé, Négociant en tissus de luxe, homme de goût, ce dernier s’est constitué entre 1863 et 1878 une magnifique collection de peintures parmi lesquelles un grand nombre de chefsd’oeuvre, de Corot et de Courbet tout d’abord, des impressionnistes ensuite.
« C’est en 1876 que j’ai vu Claude Monet pour la première fois, notera plus tard Blanche dans l’un de ses carnets intimes. J’avais onze ans, mais je me souviens très bien de son arrivée à Montgeron, chez mes parents, où on l’avait annoncé comme un grand artiste, ayant des cheveux longs. Cela m’avait frappée, et j’ai eu tout de suite, pour lui de la sympathie. J’ai toujours admiré une toile représentant une femme assise dans l’herbe et qui représentait Mme Monet, je l’ai su pus tard ; il y avait des taches de soleil sur la robe, cela m’avait énormément frappée. »

Dès lors que les deux familles s’installèrent ensemble à Vétheuil, puis à Poissy, enfin à Giverny en 1883, Monet étant veuf et Alice séparée de son mari, Blanche eut le privilège d’être le seul et unique élève du peintre. Elle l’accompagnait sur le lieu de son travail, plantant son propre chevalet à ses côtés mais ne peignant jamais le même motif que lui. Si Monet regardait volontiers ce qu’elle faisait, il ne lui donnait jamais aucun autre conseil que : « Regarde la nature et peins ce que tu vois, comme tu peux. » Les premières oeuvres de Blanche Hoschedé datent de cette époque du début des années 1880.
Devenue la belle-fille du peintre par le remariage en 1892 de sa mère avec Monet, Blanche Hoschedé devint Madame Jean Monet en épousant le fils aîné de celui-ci en 1897. Installé à Rouen, elle poursuivit son oeuvre, toute imprégnée de l’expérience acquise auprès de son beau-père et de l’admiration qu’elle lui vouait, multipliant les tableaux de paysage, notamment des bords de Seine.
En 1913, Jean Monet tomba gravement malade et le couple regagna Giverny où ce dernier s’éteignit en février 1914. Dès lors, Monet étant devenu lui-même veuf une seconde fois en 1911, Blanche décide de rester auprès du peintre pour s’occuper du quotidien de la maison. S’attachant à remonter le moral du peintre très atteint par les décès successifs de sa femme et de son fils, elle fait pour lui un grand sacrifice, celui de renoncer à la peinture. D’une part, elle sent que Monet déteste l’idée de faire école, de l’autre elle est trop absorbée par sa tâche de maîtresse de maison.

Après la mort de Monet en décembre 1926, elle demeure à Giverny, le fils cadet de ce dernier lui confiant le rôle de gardienne de la propriété. A la surprise générale, Blanche ne tarde pas à reprendre ses pinceaux. Se dégageant quelque peu de la tradition impressionniste, elle se saisit de sujets les plus variés : Giverny, le jardin et le bassin de Monet surtout mais aussi au cours de petits voyages la Vendée chez Clemenceau, la côte d’Azur, l’Italie, etc. Après la seconde guerre mondiale, parce que le climat humide des bords de Seine lui devient pénible, Blanche Monet passe volontiers l’hiver à Nice. C’est là qu’elle décède le 7 décembre 1947 alors qu’elle peint encore quelques cyclamens.
Le plus souvent, Blanche Monet travaillait à l’extérieur, en contact direct avec la nature ; elle déclina aussi toute une production de peintures de fleurs et de natures mortes, imprimant à son art au fil du temps un caractère plus personnel. Quelque chose d’une féminité charge en effet sa peinture d’une note sensible, voire fragile, qu’exprime un traitement tout à la fois radieux et doucereux de la lumière. Si son oeuvre est restée quasi confidentielle, c’est parce que Blanche Hoschedé-Monet était une personne d’une grande discrétion et qu’elle n’a jamais cherché à faire carrière. Dans un monde affairé, voire trop souvent affairiste, son oeuvre qui est faite essentiellement d’images de nature est à l’unisson d’un regard sur le monde, humble, enjoué et généreux. Pas dans l’ombre mais dans la lumière de Monet.
Philippe Piguet, Historien, enseignant et critique d’art, commissaire d’expositions indépendant
Plus de cinquante toiles retracent l’oeuvre de cet artiste à la destinée Impressionniste, allant des années 1880 à son dernier tableau réalisé en 1947. Les oeuvres exposées proviennent de musées et collection publiques, tels les musées de Rouen, Vannes, Vernon, Albi, Toulouse, Clemenceau, la Fondation Monet de Giverny, ainsi que de nombreux prêteurs privés.
Née à Paris le 12 novembre 1865, décédée à Nice le 10 décembre 1947, Blanche Hoschedé-Monet a vécu à Paris et en région parisienne jusqu’en 1883, à Giverny de 1883 à 1897, à Rouen puis à Beaumont-le-Roger de 1897 à 1913, enfin à Giverny jusqu’à sa mort. De nombreuses expositions personnelles ou collectives ont présenté ses oeuvres de 1927 à 2009, en France et dans le monde.
Ses tableaux sont présents dans les collections publiques à :
Albi (81), Musée Toulouse-Lautrec
Giverny (27), Fondation Claude Monet
Paris, Musée Georges Clemenceau
Paris, Musée Marmottan-Claude Monet
Rouen (76), Musée des beaux-arts
Toulouse (31), Musée des Augustins
Vannes (56), Musée de la Cohue
Vernon (27), Musée municipal A.G. Poulain
Bibliographie
Hoschedé Jean-Pierre, « Claude Monet ce mal connu », Ed. Pierre cailler,
Genève, 1960.
Hoschedé Jean-Pierre, « Blanche Hoschedé-Monet peintre impressionniste
», Ed. Lecerf, Rouen, 1961.
Piguet Hubert, « Blanche Hoschedé-Monet (1865-1947) peintre impressionniste
», Ed. Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, Rouen,
1986.
Le festival Normandie Impressionniste met à l’honneur, de juin à septembre 2010, l’Impressionnisme sur tout le territoire haut et basnormand. Cet événement pluridisciplinaire, d’une ampleur inédite en France, est l’occasion de découvrir le patrimoine exceptionnel et toute la créativité de la Normandie, terre natale du mouvement Impressionniste.
Peinture, art contemporain, musique, cinéma, théâtre, danse, photographie, vidéo, littérature, conférences, son et lumière, déjeuners sur l’herbe, guinguettes… le festival Normandie Impressionniste est pluriel. Il propose une programmation ouverte à tous et à toutes les formes d’expression artistique.
Plus d’informations sur : www.normandieimpressionniste.fr
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RMN : Monet numérique / www.monet2010.com
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Dans l’intimité de Monet
Du 5 juin au 3 octobre 2010
Blanche Hoschedé-Monet
1865-1947,
Un destin impressionniste
Musée de Louviers, Place Ernest Thorel 27400 Louviers
ouvert tous les jours de 14 à 18h, fermé le mardi, entrée libre, tél 02 32 09 58 55 -
site : www.ville-louviers.fr