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Rose Bosch et La Rafle

Deux ans et demi d’enquête

par Floria-Rose David, mercredi 24 février 2010

Retour sur le travail d’enquête et d’investigation de Rose Bosch.
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© Gaumont

A l’origine du film “La Rafle”, il y a deux ans et demi de reportage et d’enquête : Rose Bosch a rassemblé des témoignages, écrits ou enregistrés, pour construire son récit et ses personnages.

Elle est entrée en contact, avec l’aide de Serge Klarsfeld, avec trois témoins encore vivants : Fernand Bodevin, l’un des pompiers du Vel’d’Hiv’, Joseph Weismann et Anna Traube.

Elle a lu les lettres jetées sur les voies par les enfants déportés à Auschwitz, et visionné les « films de vacances » d’Eva Braun.

Tous les faits et anecdotes du film sont véridiques, qu’ils soient directement ou non liés à la rafle et à la déportation. C’est par exemple le cas de Michel Muller, oublié devant l’école par son frère Jean, l’histoire ayant été attribuée dans le scénario à Nono et son frère Simon. De même, c’est leur soeur Annette qui obtient la permission d’aller acheter un peigne, et qui se souvient de sa mère à genoux, suppliant pour que ses enfants ne soient pas arrêtés.

Les souvenirs des témoins sont aussi à l’origine de certains choix de mise en scène : le plan serré sur les mains de Nono, qui refuse d’être enfermé dans le wagon à la fin du film, est la transcription visuelle d’une phrase d’Annette Leiris Monod qui se rappelle « quatre bouts de doigts » quand Jacquot crie « je veux descendre ».

Ce parti pris de « restituer ces gens à la vie » se retrouve dans l’élaboration des personnages : le travail d’enquête a aussi eu pour objectif d’identifier « quelques destins ».

Rose Bosch utilise la fiction pour ce qu’elle permet : montrer un réel que le documentaire ne peut enregistrer. Elle le fait en travaillant à partir du réel, des témoignages qu’elle a recueillis.

© Gaumont

Joseph Weismann est arrêté avec toute sa famille et s’évade à 12 ans de Beaune-La-Rolande avec Joseph Kogan : il inspire Jo, poulbot de Montmartre, contraint de porter l’étoile jaune.

© Gaumont

Annette Leiris Monod, reconnue comme juste, est assistante sociale de la Croix Rouge. Elle travaille non seulement au Vel’d’Hiv’ mais aussi dans plusieurs camps du Loiret : elle devient l’infirmière. Annette, qui suit les enfants de Paris jusqu’à Beaune-La- Rolande en s’attachant à Nono.

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