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10 mai 1968, le Festival de Cannes débute, comme à l’accoutumée, sous les sunlights, les paillettes et le glamour. Robert Fabre Le Bret, le directeur général, ne prend pas au sérieux les signes avant coureurs d’une révolte et ne se méfie de ses propres paroles : « Le Festival de Cannes a enfin atteint sa majorité. Non sans mal ! » A cela s’ajoutent des titres de films prémonitoires : Au feu les pompiers de Milos Forman. En somme, tout est réuni pour attiser le feu des projecteurs.
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L’affaire de la Cinémathèque met le feu aux poudres le 13 mai. André Malraux, ministre de la Culture, démet Henri Langlois de son poste de directeur de la Cinémathèque française, entraînant une mobilisation de cinéastes français et internationaux : Truffaut, Godard, Rivette, Chabrol, Kurosawa, Chaplin, pour ne citer qu’eux. François Truffaut et Jean Luc Godard conseillent à Robert Fabre le Bret de suspendre la manifestation. Ils convainquent Louis Malle, Monica Vitti et Roman Polanski de démissionner du jury.
Le 18 mai, Jean-Luc Godard enfonce le clou : « Il s’agit de manifester, avec un retard d’une semaine et demie, la solidarité du cinéma envers les mouvements, étudiants et ouvriers. La seule manière de le faire est d’arrêter immédiatement toute projection. »

Alain Resnais, Milos Forman retirent leurs films de la compétition. Carlos Saura a une autre méthode. Il s’accroche au rideau de scène pour empêcher la projection de son Peppermint frappé, aidé de sa compagne Géraldine Chaplin et de Jean-Luc Godard ! Le film démarre malgré tout, lumières allumées, dans une belle foire d’empoigne. Pierre Philippe raconte dans Libération : « Coups, vociférations : ces gens d’habitude polis, se traitent de cons, de morues, j’incendie Christine Gouze-Rénal qui vient de jeter d’une voix de bonne bourgeoise : “Moi, il y a longtemps que je l’ai faite, ma révolution.“ Deux dames, sucrées : “Monsieur Godard, que faut-il penser de tout ça ?“ Et lui : “Il va falloir penser vous-mêmes, maintenant, mesdames !“ »
Le 19 mai à 13h00, le festival de Cannes est fermé pour la première et dernière fois. Et un distributeur britannique qui demandait à un Hongrois, au Blue Bar : « Est-ce une révolution ? » « Non, Sir, c’est une simple révolte. »
SEDUTO ALLA SUA DESTRA - L’ORA DEL VENTO - Valerio ZURLINI
HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME - Dominique DELOUCHE
ANNA KARENINE - Alexandre ZARKHI
BANDITI A MILANO - Carlo LIZZANI
CHARLIE BUBBLES - Albert FINNEY
CSILLAGOSOK, KATONAK - Miklos JANCSO
DAS SCHLOSS - R. NOLTE
DOCTOR GLAS - Mai ZETTERLING
FELDOBOTT KO - Sandor SARA
FENYES SZELEK - Miklos JANCSO
GONE WITH THE WIND (Autant en emporte le vent, reprise) - Victor FLEMING
GRAZIE ZIA - Salvatore SAMPERI
HERE WE GO ROUND THE MULBERRY BUSH - Clive DONNER
HORI MA PANENKO (Au feu les pompiers) - Milos FORMAN
I PROTAGONISTI - Marcello FONDATO
IL NE FAUT JAMAIS PARIER SA TETE AVEC LE DIABLE - Federico FELLINI
JE T’AIME, JE T’AIME - Alain RESNAIS
JOANNA - Michael SARNE
LES GAULOISES BLEUES - Michel COURNOT
MALI VOJNICI - Bata CENGIC
METZENGERSTEIN - Roger VADIM
O SLAVNOSTI A HOSTECH - Jan NEMEC
PEPPERMINT FRAPPE - Carlos SAURA
PETULIA - Richard LESTER
ROZMARNE LETO - Jiri MENZEL
TEVYE AND HIS 7 DAUGHTERS - Menahem GOLAN
THE GIRL ON MOTORCYCLE - Jack CARDIFF
THE LONG DAY’S DYING - Peter COLLINSON
TRILOGY - Franck PERRY
WILLIAM WILSON - Louis MALLE
YABU NO NAKA NO KURONEKO - Kaneto SHINTO
ZYWOT MATEUSZA - Witold LESZCZYNSKI
La suite du dossier Culture spécial mai 68 :
Sons et images, toute l’ambiance de mai 68, une exposition d’Alain Quemper
Mai 68 en Île-de-France, une exposition au Conseil Régional d’Ile-de-France par Jean-Claude Seine.
Expositions sur le thème de Mai 68, à Paris et à Berkeley. par Serge Hambourg, photographe
Livres : avalanche de pavés
Disques : le top 50 de mai 68
Films de 68 : redécouvrez-les !