Strasbourg, capitale de Noël : toute la magie des marchés de Noëlpar Catherine Bardon, lundi 12 décembre 2011 |
Comme chaque année l’Alsace fête l’Avent et Noël en grande pompe. Les traditions de Noël sont vivaces. Ici naquit la coutume du sapin vers 1521, sapin à l’origine placé dans le chœur de l’église et décoré de pommes rouges et d’hosties, représentant la tentation et la rédemption, comme à de multiples recettes gourmandes et célébrations populaires.

A l’approche des fêtes de fin d’année, la capitale alsacienne a revêtu son habit de lumière. Une somptueuse mise en beauté avec un ruissellement d’illuminations et de décorations à faire pâlir d’envie notre capitale un rien tristounette cette année. Chaque rue du centre piéton strasbourgeois, chaque boutique, rivalise de guirlandes, boules, étoiles, et autres père noël escaladant les façades. L’émulation est grande, et pour cause, un prix récompensera la plus belle vitrine de Noël.

Le gigantesque sapin de la place Kleber tout de bleu vêtu impressionne mais la palme du faste et de l’élégance revient à la rue des Hallebardes avec ses 20 lustres de Baccarat (prêtés par la maison éponyme) suspendus tels un ciel de lit scintillant au dessus des passants.

On se laisse vite aspirer par la magie chaleureuse des marchés de Noël dont la tradition remonte au XVI siècle. Chaque année ils attirent environ 2 millions de visiteurs éblouis qui retrouvent une âme d’enfant. Dix marchés de Noël, dont le plus ancien se tient place de Broglie, ont éclos au cœur de Strasbourg. A chacun sa spécialité, le marché des enfants, le marché solidaire, le marché suisse, les spécialités alsaciennes, l’artisanat…

En Alsace plus qu’ailleurs, l’ambiance est à la bonne humeur et au partage. Un verre de vin chaud, rouge ou blanc délicieusement parfumés de sept épices et sucrés d’un filet de miel pour les meilleurs, et vous voila partis à la découverte des petites boutiques de bois qui regorgent de gourmandises, de décorations de noël ou de créations artisanales. On grignote sans retenue des Bredele ou Bredle, (traduisez petits gâteaux de Noël alsaciens). Aux fruits secs, à la confiture, relevés d’une pointe d’épices, vernis d’une fine couche de sucre glacé. Il en existe autant de recettes que de grands-mères, c’est dire !
A ne pas confondre avec les Lekerle, sortes de pains d’épice ou l’indispensable Christstolle, le traditionnel pain de Noël alsacien. Reine des décorations, la couronne de l’Avent suivie des boules de verre soufflé alsaciennes (autrefois fabriquées à Meisenthal dans les Vosges du Nord) qui remplacent les pommes d’autrefois. Les coussinets cœurs, rebrodés de rouge sont de rigueur. Très en vogue aussi les pampilles de cristal de toutes formes, une magie scintillante en rouge et blanc. En flânant de place en place on succombe aux tentations, c’est à qui aura le plus beau sapin et la plus belle table de Noël.
Impossible de flâner dans Strasbourg en fête sans avoir envie de découvrir la ville. Pour une mise en bouche rien de tel qu’une ballade en bateau sur les canaux pour découvrir la ville au fil de l’eau.
Une fois de retour sur le plancher des vaches, direction la cathédrale dont la flèche prodigieuse perce le ciel et domine le marché de Noël tapis à ses pieds.

Cette prouesse de l’art gothique subjugue par la délicatesse et la richesse de sa façade. L’idéal c’est de la visiter juste avant midi pour assister au fabuleux ballet des automates de l’horloge astronomique.

Un ange retourne un sablier, un autre fait tinter sa cloche, tandis que des personnages défilent devant la mort, plus haut, les douze apôtres défilent devant le Christ qui les bénit, le coq bat des ailles et chante… Si vous ratez le ballet de midi, sachez que l’horloge s’anime, moins spectaculairement certes, tous les quarts d’heure. Et si vous êtes courageux, grimpez l’équivalent de 20 étages pour arriver à la plateforme vous serez récompensés par une vue magnifique sur la ville.

La cathédrale a elle aussi, revêtu une parure exceptionnelle. Habituellement conservée loin des yeux du public, dans le trésor de la cathédrale, la tenture composée de 14 tapisseries racontant les épisodes de la vie de la Vierge réalisées selon une commande de Richelieu entre 1639 et 1647, est exposée jusqu’à l’Epiphanie. Originellement destinées à la cathédrale de Paris, les tapisseries monogrammées sont chez elles à Strasbourg : en effet non seulement les deux cathédrales portent le même nom, mais l’évêque qui les racheta avait les mêmes initiales que Richelieu.

Vos pas vous portent vers la petite France, l’ancien quartier des tanneurs et des pêcheurs, emblématique de la ville avec ses maisons à colombages du XVI et XVII qui se reflète dans les eaux de l’Ill, quartier un peu bobo où l’on trouve de sympathiques petites tables, des échoppes d’artisans et de créateurs, des librairies et des galeries d’art. Et si vous avez l’âme flâneuse et l’envie de découvrir les autres richesses de Strasbourg, ne ratez pas le palais Rohan, l’église luthérienne saint Thomas, et le musée d’art contemporain.
Pratique
Se loger
Le Bristol : situé en plein coeur de la ville face à la gare, l’hôtel propose 37 chambres confortables récemment refaites. Durant la période des marchés de Noël 2011, une nuit en chambre double standard et petits-déjeuners à partir de 135 € pour 2 personnes
4-5 place de la Gare.
Renseignements, réservations : N° Indigo (0,15 € TTC/min) : 0826 103909
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