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Exposition Tournages, Paris-Berlin-Hollywood, 1910-1939Jusqu’au 1er août par Thérence Normann, vendredi 9 avril 2010 Deux cents photographies rares et anciennes pour découvrir l’univers légendaire des studios et plateaux de tournage à une époque où Paris, Berlin et Hollywood étaient les trois capitales les plus importantes du cinéma.
L’ exposition qui a démarré quelques semaines avant le Festival de Cannes à ne pas manquer dévoile les coulisses du cinéma. |

A l’origine de l’exposition, il y a deux collections : celle de la Cinémathèque française (une photothèque de quelque 500 000 clichés) et celle d’un grand cinéphile collectionneur, Gabriel Depierre (1929-2004), composée d’environ 150 000 clichés.
Les premiers clichés représentant un tournage datent du milieu des années 1890, avant même l’avènement officiel du cinématographe Lumière.
Des images nous montrent en effet Etienne-Jules Marey dirigeant ses sujets à partir de 1889, devant sa caméra chronophotographique et l’écran noir de la station physiologique du bois de Boulogne.
Aux États-Unis, en 1894, des acteurs posent pour la postérité devant la caméra d’Édison, à l’intérieur de la célèbre « Black Maria », cet extraordinaire studio monté sur rails, installé dans le New Jersey. Curieusement, il n’a qu’une seule photographie de la première époque de Louis Lumière cinéaste : on le voit en train de filmer Jules Janssen en conversation avec le maire de Neuville-sur-Saône (juin 1895).

La grande expansion du spectacle cinématographique durant les années 1900 donne naissance à une industrie gigantesque : usines de fabrication de la pellicule, laboratoires, studios, cinémas surgissent presque partout dans le monde. De nouveaux métiers apparaissent. Parmi eux, le photographe de studio.
Parmi les millions d’images de studio produites depuis les débuts du cinéma, il existe un genre moins abondant, plus intime et réservé : la photographie de tournage, c’est-à -dire les clichés, posés ou parfois pris en pleine action, montrant le cinéma en train de se faire, l’envers du cinéma, ses coulisses, la création de l’oeuvre, en quelque sorte, avec ses mystères, ses trucs.

Dès les années vingt, les Allemands et les Français sont courtisés par Hollywood qui, après des débuts hésitants, constitue le point de rassemblement des grandes « usines à rêves ».
Le star system fait des acteurs – Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Gloria Swanson, Charles Chaplin, etc. – de véritables icônes vivantes. Des cinéastes comme Abel Gance, Fritz Lang, F.W. Murnau, D.W. Griffith ou Erich von Stroheim rénovent en profondeur le regard cinématographique.
Grâce à des moyens considérables, aux décorateurs, aux opérateurs, aux matériels, l’Art muet, cet « Infirme supérieur » selon les mots d’Eluard, atteint son apogée.