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A vos plumes

Tribulations d’une migrante dans le passé, le présent et l’avenir

de Ghislaine Sathoud

jeudi 13 août 2009

La rubrique « A vos plumes » vous accueille tous les vendredis. N’hésitez pas à adresser vos nouvelles à Marie-Catherine Chevrier. Aujourd’hui, « Tribulations d’une migrante dans le passé, le présent et l’avenir », de Ghislaine Sathoud.

catie.chevrier@toutpourlesfemmes.com

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Maria, mon amie, est une passionnée de cuisine : notre passion commune nous rapproche, nous avons échangé des petits secrets. Ce qui m’a le plus plu, c’est sa grande ouverture d’esprit : comme moi, elle est ouverte aux autres cultures ; la tolérance est une qualité indispensable pour rétablir et maintenir la paix dans le monde, n’est-ce pas ? Il suffit de penser aux guerres civiles causées par l’intolérance et le tribalisme pour mieux apprécier les bienfaits de l’interaction entre des individus de cultures différentes. Fort heureusement Maria et moi avons une bonne complicité ; nous partageons les mêmes valeurs sur ce point précis et sur tant d’autres d’ailleurs. Pour nous, il faut inculquer une culture de tolérance dès l’enfance. Ce qui m’a encore plu… Oui, il y a autre chose… Il y a beaucoup d’autres choses… En quelques mots, sa générosité, son courage aussi… Au fond, toutes ses qualités, ses merveilleuses qualités humaines, ne cessent de ne cessent de m’émouvoir !

Alors que certaines autres femmes installaient des barrières culturelles entre elles et moi, Maria n’a pas hésité à m’aider. Nul besoin de préciser que cette main tendue me faisait chaud au cœur. Pour les préparatifs de Noël, notre activité dans cette usine paraissait facile. Pourtant, il n’en était rien. Nous devions empaqueter des chocolats. Ce travail à la chaîne exige de la précision et de la rapidité. Ma coéquipière, qui y travaillait avant moi, était très disponible et m’initiait aux tâches pour lesquelles nous fûmes engagées. C’était la première fois que j’entreprenais une activité professionnelle. Le contrat était de courte durée, seulement deux semaines ! J’avais grandement besoin de cet argent. Au moins, mes enfants pouvaient se réjouir de la visite du père Noël. Que ne ferait-on pas pour nos enfants, hein ? Le salaire était insignifiant. Mon maigre salaire ressemblait à une bouée de sauvetage, une aide divine, un coup de pouce d’un ange gardien pour m’aider à amorcer une reconstruction personnelle, pour retrouver toutes les pièces du puzzle éparpillées par les déconvenues de l’immigration. C’est ce rôle que j’assignais à mon revenu…

J’espérais en avoir assez pour offrir également un cadeau à mon mari. Depuis plusieurs mois, il voulait s’offrir des livres pour approfondir ses connaissances en anglais. De telles activités intellectuelles aident à rester en éveil : je voulais vraiment lui offrir ce cadeau. Mon mari est un homme généreux : je ne peux pas compter les cadeaux qu’il m’a offerts. Quand son portefeuille le lui permet, il fait profiter toute la famille de sa bonne santé financière. Lui offrir ce livre me préoccupait beaucoup de plaisir. D’autres projets me tenaient à cœur : je souhaitais envoyer un peu d’argent au pays, à ma mère. Depuis mon départ du pays, je n’étais plus en mesure de lui venir en aide : elle en serait ravie, j’en suis sûre ! Mais bon, ma mère est d’une compréhension extraordinaire. L’absence de cadeau suffit pour lui faire comprendre que sa fille tire le diable par la queue, qu’elle ne peut pas lui venir en aide. En ce qui la concerne, je donne quand je peux… Seulement quand je peux me le permettre… Voilà pourquoi je loue le ciel de m’avoir donné une mère aussi compréhensive. Certains migrants s’arrachent les cheveux pour résoudre les problèmes de la famille élargie au pays. Et tout le monde n’est pas aussi compréhensif que ma maman chérie, hein ? Il y a des gens qui pensent que nous vivons dans une forêt et que l’argent se cueille, comme on le ferait pour les champignons sauvages. Ma mère est vraiment un baume qui vient panser les plaies vives de la migration. Sa compréhension et ses conseils me soutiennent constamment. Quant aux autres qui prétendent que je ne veux pas offrir des cadeaux, je laisse tout aux mains de Dieu, comme on dit chez nous. Vaut-il la peine d’engager des débats pour expliquer mes misérables conditions de vie ? Non seulement on ne me croirait pas, mais en plus je ne juge pas opportun d’expliquer ma vie à tout le monde. Je ne dis pas que nous n’avons rien du tout. Mais, ce que nous avons est juste suffisant pour nous permettre de vivre. Encore là, c’est toute une gymnastique pour joindre les deux bouts. Les factures se taillent la part du lion et engloutissent presque tout le revenu. Le même scénario se reproduit depuis belle lurette. Donc, ce travail, bien que temporaire, m’aiderait énormément. Faute d’ouverture dans mon domaine de spécialisation, on prend ce qui se présente pour survivre. Et pour les femmes migrantes, ce sont souvent les manufactures de toutes sortes qui offrent des opportunités. Il paraît qu’il y a aussi les restaurants et les hôtels…

Dans l’un ou dans l’autre cas, je ne possède pas les compétences requises. On pourrait bien penser que toutes les femmes peuvent laver la vaisselle, nettoyer des planchers ou faire des lits. D’ailleurs, je le fais tous les jours chez moi. Une dame me parlait même des possibilités de travailler dans des maisons spécialisées pour prendre soin des personnes âgées. Mon problème est que je suis plus intellectuelle que physique. Les tâches ménagères à la maison m’épuisent déjà. Si j’ajoutais des efforts physiques de plus à mon programme, je ne m’en sortirais pas. J’en mourrais à coup sûr ! Contrairement aux propos médisants d’une compatriote, il ne s’agit pas d’orgueil : je ne crache pas sur les emplois. En revanche, je reconnais que je ne dispose pas des qualifications préalables pour exercer des professions exigeant des efforts physiques. À chacun son truc ! Nous avons adopté de « mauvaises habitudes » dans notre pays. Les femmes bénéficient souvent d’aide dans les travaux ménagers. Donc, on comprend bien les difficultés de s’adapter à l’absence de cette aide. Au départ, c’était très dur pour moi. Actuellement aussi, ça l’est toujours, hein ? La différence se situe au niveau de l’aspect psychologique : j’ai accepté les choses. Effectivement l’acceptation d’une situation fait toute la différence. Je comprends que je dois m’occuper quotidiennement de mes tâches ménagères. Je sais que, contrairement à ce qui se passait dans mon pays, je ne peux pas m’offrir les services d’une femme de ménage ; mes cousines, mes tantes et mes sœurs ne peuvent pas m’aider, parce que nous ne vivons plus dans le même pays. J’appréciais l’aide de mon entourage. Celle-ci me manque beaucoup. Cette solidarité me faisait un grand bien. Comment ne pas y penser ? Il m’arrive même d’en pleurer. Mais, j’ai fait le deuil… De plus, j’ai développé d’autres moyens, je me dis que mes tâches ménagères deviennent mes activités sportives. N’ayant pas la possibilité de pratiquer de sport, j’inclus simplement tout cela dans ce cadre-là. Alors, psychologiquement, je suis forte. Je ne pleurniche plus comme ce fut le cas aux débuts de mon séjour. On finit bien par s’habituer, hein ? Je m’en sors assez bien. Et cette expérience est enrichissante : tout ce que nous vivons, chaque expérience, laisse quelque chose en nous. Même les expériences négatives peuvent guider nos pas !

Ma collègue Maria est devenue presque une sœur pour moi. Et nous partageons nos expériences. Originaire d’Amérique latine, elle me parle de la vie des femmes là-bas alors que je lui parle de mon Afrique natale. Dans nos échanges, nous avons même parlé du militantisme des femmes dans cette région du monde. Nous avons évoqué l’accession au pouvoir de son Excellence Michelle Bachelet, la présidente du Chili. Et à propos des femmes et de magistrature suprême, j’en ai profité pour lui donner aussi des informations sur le Liberia, un pays d’Afrique dirigé également par une femme : son Excellence Ellen Johnson-Sirleaf a été élue en 2005. Cet événement est gravé en lettres d’or dans la mémoire des Africains. Les partisans de l’égalité des sexes et ceux qui désapprouvent ces revendications n’oublieront pas cette révolution ; ils s’en souviennent tous. Il s’agit d’une grande première : la présidente du Liberia est la première femme élue présidente en Afrique. Maria était avocate dans son pays. Elle avait exercé ce métier pendant plusieurs années. Ayant subi des menaces et craignant pour sa vie, l’exil était la seule solution pour sauver sa peau. Après vingt ans d’exil, l’idée d’un retour au pays natal devenait de plus en plus pressante. Elle s’est organisée pour réunir les conditions matérielles du retour dans son pays, auprès des siens. Une femme forte qui m’intéresse bien, j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour elle.

Dans nos échanges, nous avions également évoqué la captivité d’Ingrid Betancourt. Cet exemple a délié vraiment nos langues : je l’ai informée des violations des droits humains perpétrées chez nous. De par sa profession d’avocate, elle en savait quelque chose. Des journalistes, des militants des droits humains, bref ceux qui dénonçaient les « erreurs » de la classe au pouvoir s’exposaient à de grands dangers. Tout compte fait, on découvrait des ressemblances au sujet de nos pays respectifs. En ce qui concerne la migration, les similarités étaient également nombreuses. Ma rencontre avec Maria remonte à plusieurs années. Présentement elle est rentrée dans son pays. Nous avons gardé le contact. Chaque fois qu’elle est revenue ici, malgré ses nombreuses occupations, Maria n’a pas manqué de venir me voir. L’histoire des manufactures n’est plus qu’un lointain et amer souvenir pour cette dame dont le cours de la vie a tellement changé depuis. Au niveau professionnel, elle gère une grande entreprise, voyage à travers le monde, rencontre des gens ; sa décision de rentrer dans son pays en valait la peine. Les voyages donnent l’occasion de découvrir. Ces découvertes permettent d’apprendre beaucoup de choses : rencontres avec d’autres cultures, apprentissages de nouvelles habitudes. Finalement, ce brassage de cultures et ces échanges donnent une autre vision de la vie. C’est en cela que j’ai toujours aimé les voyages. J’ai souvent entendu dire que j’avais une âme aventurière lorsque j’exposais à mon entourage ou à qui voulait m’entendre mon désir ardent de toujours être dans les airs.

Pendant mon adolescence, je priais le ciel de me donner l’occasion de toujours voyager. Comme pour lier cette passion à ma vie, j’ai longtemps rêvé d’être une hôtesse de l’air. Je me disais qu’en exerçant cette profession, je pouvais en même temps satisfaire ma passion pour les voyages et gagner ma vie. Oh, je sais, je sais, plusieurs jeunes filles ont ce rêve. Je me rappelle aussi que nombreuses étaient celles qui souhaitaient exercer cette profession dans mon école. Les enseignants disaient d’ailleurs que ce métier occupait une grande place dans les rêves des jeunes filles. Il faut dire que pour moi, il y avait certes le désir d’exercer une profession, mais il y avait d’abord et avant tout ma passion. Je pense que celles qui y rêvent également partagent la même passion que moi. Il y a surtout le goût de découvrir d’autres horizons. C’est un aspect non négligeable dont il faut absolument tenir compte pour évaluer la popularité de cette profession auprès des filles. D’ailleurs, cette popularité liée au voyage se retrouvait également chez certaines commerçantes de mon pays. Plusieurs femmes pratiquaient des activités commerciales en allant acheter de la marchandise dans les pays voisins. Elles étaient très populaires et étaient enviées par les autres femmes. Parvenir à faire ces voyages était considéré comme une réussite dans ses activités commerciales. Alors, plusieurs femmes qui pratiquaient le commerce voulaient arriver à ce stade. C’était comme un symbole de réussite. Les « Kento Ya Kilo », comme on nommait ces commerçantes pour les valoriser, bénéficiaient d’une popularité dont je ne trouve pas les mots pour l’exprimer adéquatement. On pourrait traduire cette expression par les femmes capables, ou encore les femmes entreprenantes. Même certaines femmes qui avaient pourtant des emplois valorisants voulaient ou souhaitaient exercer ce genre d’activités pour partir au loin et bénéficier du respect qu’imposait ce style de vie. C’était le cas de tante Mina, qui croyait dur comme fer que son salut passait par là, au point de faire du chantage dans le but de convaincre les siens. Je me souviens encore des discussions houleuses avec mon père à ce sujet. Maintes fois, ce débat rébarbatif rebondissait ! Elle n’était pas du genre à lâcher prise, et considérait les conseils de mon père comme des entraves, des diversions pour l’empêcher de réaliser son rêve. Elle tenait bon et ne voulait en aucun cas se laisser divertir. Elle avait réponse à tout et ne voulait pas changer d’avis.

J’ai quelque part hérité de cette détermination. Je pense qu’il faut avoir ce comportement dans la vie. Beaucoup de personnes essaient parfois de divertir les autres pour les empêcher de réaliser leurs rêves. Au fil du temps, j’ai compris que la ténacité devrait faire partie de mon comportement. Il faut vraiment être tenace pour éviter de tomber dans les pièges des destructeurs de rêves. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux ! Chaque fois que je me retrouve en face d’un destructeur de rêves, je fais appel à cette ténacité. Alors, toutes les tentatives pour me détourner de mon objectif, plutôt que de me décourager, me servent de stimulant dans la poursuite de mes objectifs. Je pense que dans la vie, il faut avoir cette qualité. Après tout, on devrait avoir une liberté de choix. Je sais que cette liberté n’est malheureusement pas encore acquise dans nos mœurs. Les décisions concernant les individus sont souvent collectives, ce qui ne fait pas toujours le bien de la personne concernée. Pour l’instant, j’ai des soucis de santé. Dire que quelques années auparavant, j’étais une grande sportive : sincèrement dans la vie rien n’est acquis pour de bon. Évidemment, j’ai compris tout cela. Même la santé peut flancher à tout bout de champ et faire passer de l’indépendance à la dépendance. Je suis tout à fait d’accord avec les philosophies qui soutiennent que la santé devrait figurer au premier rang de nos priorités. Je suis d’accord, en effet. À bien penser, qu’est-ce qui pourrait voler la vedette à la santé en ce qui concerne les besoins d’un individu ? La pyramide de Maslow dresse merveilleusement l’échelle de la hiérarchie des besoins de l’homme. La référence faite à la théorie d’Abraham Maslow se veut une démonstration d’une classification des besoins. Il n’est pas question de convertir qui que ce soit à cette vision. Je suis consciente que des controverses réelles pourraient conduire à d’interminables débats… Ma position est claire : je place la santé au-dessus de tout. Si la santé est au point, le reste peut arriver à tout instant ! Ma santé, j’y tiens ! Elle occupe une place inégalable dans mes besoins. D’ailleurs, j’ai parfois du mal à réaliser comment cette métamorphose s’est opérée en moi. De mon adolescence à aujourd’hui, de très grands changements se sont réalisés. Des changements qui ne rentraient pas dans les prévisions lorsque venait le temps de prévoir les éventuels rebondissements futurs dans ma vie. Personne n’aurait pu prédire que j’aurais pu changer ainsi ! Autrefois, je guettais les nouveautés dans les boutiques : mon but principal était de rafler toutes les nouveautés. J’achetais, j’achetais et j’achetais encore. J’achetais pour être à la mode… J’achetais pour me faire belle… J’achetais pour changer, car au bout de quelques visites chez le nettoyeur, je perdais l’attrait pour le vêtement en question. Même qu’après le coup de foudre dans le magasin, je pouvais regretter mon achat une fois à la maison et laisser carrément le vêtement coupable sur le carreau, comme pour lui manifester ma stupéfaction et surtout ma peine de l’avoir acheté. Ces vêtements brimés faisaient le bonheur de mes amies et de mes cousines qui venaient se servir volontiers dans ma garde-robe pleine à craquer. J’en donnais aussi à l’église pour en distribuer aux gens dans le besoin. À plusieurs reprises, j’ai plutôt fait des dons en argent. Ou quand il était en nature, je choisissais la nourriture : des martelaient que le besoin de se nourrir était primordial. En fait, j’avais l’impression que mes vêtements, mes goûts, dirais-je, ne correspondaient absolument pas aux préférences de la clientèle de l’église. Bien sûr, il y avait des jeunes, mais, la clientèle de l’église était essentiellement constituée de mères qui ne mettraient pour rien au monde des jupes courtes. Préférences culturelles obligent. Pour ces femmes-là, les beaux pagnes étaient la tenue de tous les jours. Elles en achetaient et confectionnaient de magnifiques vêtements. Disons que la coquetterie ressemble à un virus collectif : chaque femme en rapport avec ses moyens y mettait ses efforts. Les jeunes, les vieilles, les adolescentes, toutes sont en cavale pour répondre aux exigences de la beauté et de la séduction. Actuellement, j’ai changé. Mon entourage ne me contredira pas. Eh oui !!! La santé d’abord.

« Penses-tu consulter un médecin ? » lança d’une voix autoritaire mon mari. « Heuuuu… J’appellerai pour prendre un rendez-vous… » « Il y a toujours les urgences, tu sais… » « On verra ça après ! Je tente d’abord d’obtenir un rendez-vous. » Comme à l’accoutumée, il ne comprenait pas mon obstination à n’en faire qu’à ma tête. Et moi j’étais surprise de la dégradation croissante de ma santé ; je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé : le changement d’environnement ? Le stress, peut-être… La liste des causes potentielles de ce changement a été dressée par des profanes et des membres du personnel médical. Seulement, rien n’a été établi avec certitude. Rien n’est précis sur les causes de cette ovulation qui ne veut plus se produire pour déclencher les menstruations. Cependant, j’ai constaté que les fortes émotions et les périodes particulièrement stressantes bouleversent mon cycle menstruel. Le stress serait le coupable ? Il faut simplement essayer de l’écarter de nous… À éviter… Restons zen !!!

Ghislaine Sathoud, originaire du Congo-Brazzaville, vit au Canada, son pays d’adoption. Actuellement elle travaille comme agente de communication à la Fédération des femmes du Québec, un organisme féministe qui encourage l’émancipation de la femme. Elle a publié divers ouvrages sur la condition et la lutte des femmes en Afrique Centrale.

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