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Turin la baroque

Balade autour des monuments baroques de la ville

par Marie Laure de Vienne, jeudi 29 avril 2010

De nombreux palais, églises attestent que Turin n’est pas seulement une ville industrielle mais un lieu touristique qui mérite un week-end prolongé, en particulier pour la grande richesse de son patrimoine baroque.
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Turin Ă©voque pour vous sĂ»rement Fiat, peut-ĂŞtre le monde du cinĂ©ma, la magie des cafĂ©s anciens et les innombrables pâtes. Mais la capitale du PiĂ©mont a de nombreuses autres ressources en particulier architecturales qui estompent facilement son histoire industrielle. Turin dispose d’imposants ensembles baroques et une des raisons de cette richesse lĂ  s’explique par la protection de la Maison de Savoie et des congrĂ©gations religieuses ici installĂ©es. Du palais royal aux propriĂ©tĂ©s dans la « banlieue » turinoise en passant par les rues bordĂ©es d’arcades qu’empruntaient le pouvoir souverain et l’aristocratie rĂ©gnante, tout est ici impliquĂ© : le politique, l’architecture, l’urbanisme, l’art.

La Veneria Reale

En dehors de la ville, comme si vous alliez Ă  Versailles, la Veneria Reale est un impressionnant et Ă©tonnant complexe qui fascine par sa taille, l’immensitĂ© de ses salles quasiment vides et l’ampleur des travaux de restauration rĂ©alisĂ©s. ClassĂ© au patrimoine mondial de l’humanitĂ©, le monumental bâtiment de 80 000 m2 est vraisemblablement le plus grand projet europĂ©en de rĂ©habilitation architecturale depuis 10 ans. Tout est fait pour redonner son initiale magnificence Ă  ce qui fut une « rĂ©sidence de plaisir et de chasse » du duc Charles Emmanuel II de Savoie. Le premier palais royal de Diane Ă©rigĂ© entre 1660 et 1671 fut agrandi par le cĂ©lèbre architecte du baroque turinois, Filippo Juvarra. Aujourd’hui, les traces des anciennes casernes ne sont plus et les immenses salles sont peu Ă  peu remplies par des fresques et des tapisseries. Les efforts actuels se portent sur les jardins (125 hectares qui ont perdu leur physionomie Ă  l’italienne pour ĂŞtre transformĂ©s en parc Ă  la française avec vue sur la chaĂ®ne des Alpes au fond) et les Ă©curies. Un des « caprices » de la famille royale est en train de renaĂ®tre et on s’extasie sur la grandeur des projets conçus Ă  l’époque et sur les possibilitĂ©s actuelles de financement pour la restauration.

Jusqu’au 21 / 08 et en liaison avec l’ostension du St Suaire se tient une superbe exposition sur le thème de la représentation du corps et du visage du Christ dans l’art avec de magnifiques tableaux de Véronèse, Memling, Mantegna, Le Tintoret, Rubens, Michel Ange, Bellini.

Palais Madama

RĂ©sidence des « Madames Royales », Maria Cristina di Francia et Giovanna Battista di Savoia Nemours, cette maison fortifiĂ©e du Moyen Age a Ă©tĂ© agrandie au XIV et XV ème siècles, puis par Juvarra pour la construction majestueuse d’escaliers au dĂ©but du XVIII ème siècle. Sur la façade, pilastres et colonnes gĂ©antes cannelĂ©es, statues et vases s’offrent Ă  l’œil du touriste qui admire les pieds dans l’eau de l’une des fontaines ou assis sur les bancs entourant des carrĂ©s de vĂ©gĂ©taux. RĂ©cemment amĂ©nagĂ©e, cette place est un des lieux de rencontre prĂ©fĂ©rĂ© des Turinois.

Palais Carignano

Construit pour le prince Emmanuele Filiberto di Savoia Garignano, ce palais rappelle le premier projet du Bernin pour le Louvre (1664) et a surpris la population locale par ses innovations architecturales : façade en brique, escaliers adossĂ©s Ă  la façade, haut faĂ®tage nĂ©o baroque. HabitĂ© par la famille jusqu’en 1831, il est devenu en 1848 le siège du parlement subalpin. Actuellement restaurĂ©, il ne se visite pas. La place sur laquelle il est situĂ© offre deux possibilitĂ©s intĂ©ressantes et historiques de restauration, le cafĂ© Pepino et les glaces du napolitain qui inventa en 1935 l’esquimau et del Cambio, le restaurant gastronomique connu pour sa cuisine, son dĂ©cor de fresques, miroirs et dorures chargĂ©es, sa place oĂą Cavour prenait ses repas avant de rejoindre ses amis du Risorgimento. Au centre de cette place se dresse d’ailleurs une statue de Gioberti, protagoniste de ce mouvement politique italien.

Musée égyptien

Outre le fait que ce musée présente de très belles sépultures complètes de diverses époques de l’Egypte ancienne, celui-ci est aussi et avant tout le collège des nobles. Conçu par le père Vota et réalisé dès 1679, il fut le siège des jésuites avec théâtre, 90 cellules, chapelle, réfectoire. Mais la suppression de l’ordre des jésuites a transformé le lieu en salle de réunions, puis musée. Un réaménagement de toutes les collections égyptiennes est prévu à court terme.

Place Palazzo di Citta

C’est là le poumon administratif de la ville puisque le bâtiment principal est l’hôtel de ville de Turin, mais les habitants n’aiment pas trop cet ensemble et les hôtels particuliers entourant le palazzo di citta, lesquels ont subi de nombreuses transformations au XIX ème siècle annihilant un peu l’aspect baroque du palais central.

Eglise San Lorenzo

C’est l’ordre des Théatins qui commanda la réalisation de ce grand édifice dont l’architecture est assez imposante. On appréciera les beaux marbres polychromes de l’intérieur, la grande luminosité intérieure facilitée par le haut tambour et la voûte à nervures croisées. On peut regretter l’absence des caractéristiques propres au baroque de la façade, car on dut appliquer ici une règle urbanistique imposée par les ducs de préserver l’uniformité architecturale d’une place. Il fallait donc que la façade de l’église fût semblable à celle des palais de la piazza Castello. Néanmoins, cette église commandée par E. F. de Savoie afin de célébrer une victoire militaire contre les Français lors de la bataille de San Quintino en 1557 demeure un des chefs d’œuvre du baroque européen.

De nombreux autres bâtiments baroques existent à Turin et l’office de tourisme dispose même d’une thématique de visites autour du baroque.

Visites incontournables mĂŞme si elles sont moins intellectuelles

Guido Gobino : le chocolatier qui a inventĂ© un divin cĂ´ne de gianduja qui fond en bouche et d’autres bouchĂ©es chocolatĂ©es avec la noisette du PiĂ©mont en base de recette. Fabrication artisanale depuis la seconde partie du XIX ème siècle

Eataly : le supermarchĂ© alimentaire de luxe des produits italiens et europĂ©ens avec la possibilitĂ© de dĂ©jeuner sur le pouce avec un risotto, un poisson grillĂ© de qualitĂ©.

En dehors de la ville le musée œnologique Martini & Rossi ou comment mieux goûter cet apéritif local qui est aujourd’hui devenu une boisson internationale. La pinacothèque Agnelli situé dans un ancien site de production de Fiat pour ses 25 œuvres majeures données à la ville par l’industriel (Manet, Canaletto, Modigliani, Picasso, Tiepolo, Renoir….).

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Carnet pratique de voyage

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